Balkany Company - Par Renaud Dély & Fred Coicault-Delcourt

11 décembre 2017 0
  • Le maire le plus médiatique de l'hexagone a droit à son portrait au vitriol, de la plume d'un journaliste engagé mais bien renseigné. Tant de malhonnêteté frise le délire, mais le personnage ne laisse pas indifférent.

C’est évidemment un portrait à charge. Renaud Dély, actuel directeur de la rédaction de Marianne, déroule la saga du maire de Levallois, depuis sa jeunesse d’éphémère acteur médiocre à ses multiples casseroles judiciaires d’aujourd’hui. Fidèle à son style coup de poing, Dély retrouve au dessin Fred Coicault qui l’avait déjà épaulé pour évoquer la famille Le Pen.

Comme dans le précédent opus du duo, le scénario, qui ne lésine pas sur les reconstitutions de scènes dialoguées riches en grossièretés, s’appuie sur un large éventail d’articles de presse, et sur deux biographies récentes. On y retrouve des personnages secondaires bien connus : Sarkozy, Pasqua, l’explosive épouse Isabelle Balkany, et même Johnny (RIP). La stratégie de Balkany, mélange de défi cigare au bec et de fine analyse politique, est dévoilée avec en point d’orgue son attention pour le troisième âge, grande clé du succès en milieu bourgeois.

Si on frise la nausée devant la multiplication des affaires, magouilles et obsessions d’enrichissement, la charge sonne toujours juste. Il suffit de consulter quelques vidéos du conseil municipal de Levallois pour constater de quel langage fleuri abuse Balkany. Un maire, qui à l’aube de ses 70 ans, voit se rapprocher le glaive de la justice, et s’éloigner ses responsabilités politiques. Un destin sans équivalent, qui méritait bien cette biographie, et dont la combativité, mine de rien, laisse pantois.

Balkany Company - Par Renaud Dély & Fred Coicault-Delcourt
© Delcourt 2017

(par David TAUGIS)

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