Bambi T5 - Par Atsushi Kaneko - IMHO

19 juillet 2011 0 commentaire
  • Avec le tome 5 des aventures de la tueuse professionnelle Bambi, le voile se lève sur toute l'intrigue générale et permet de comprendre enfin la globalité des enjeux de la série. Mais qu'on se rassure, les scènes d'ultra-violence n'ont pas été oubliées pour autant. Ouf.

Amateurs du cinéma de Quentin Tarantino, de la violence un tantinet gratuite et de l’action à gogo, Bambi est fait pour vous. Les aventures de cette jeune tueuse aussi décontractée que terriblement efficace pourraient faire passer Uma Thurman, alias Black Mamba dans le film Kill Bill, pour une aimable enfant de chœur. Sa pratique des armes à feu, des explosifs et des armes blanches en tout genre est en effet portée à son paroxysme. Comment tuer Bambi ? La plupart de ceux qui ont tenté de répondre à cette question ont une place au chaud dans un cimetière. Les survivants passent plusieurs mois par la case hôpital.

Jusqu’à présent, l’intrigue de Bambi était assez obscure. Le lecteur savait juste que la jeune femme avait kidnappé un jeune enfant dont le comportement donnait à penser qu’il avait un léger retard mental. Et que le duo ainsi formé était en cavale. À leur trousse, toute une batterie de gâchettes plus ou moins compétentes, appâtés par la récompense de 500 millions offerte par le père de l’enfant, un chanteur adulé, mais gras et adipeux, mauvais sosie du King Elvis, version Las Vegas.

Les premiers albums se résumaient à une suite de guet-apens sur la route de Bambi, se concluant invariablement par un échec flagrant semé de cadavres. Seules trois femmes aussi superbes que dangereuses semblaient avoir une chance de venir à bout de la kidnappeuse. Pour quelle raison l’enfant avait été enlevé ? Bambi avait-elle un commanditaire ? Se dirigeait-elle quelque part ou cherchait-elle seulement à semer ses poursuivants ? Qui étaient ces trois furieuses amazones ? Ces questions n’avaient pas l’air d’intéresser Kaneko Atsushi.

Bambi T5 - Par Atsushi Kaneko - IMHO

Avec le tome 4, au moment où le procédé commençait à être un peu répétitif, les réponses apparaissaient enfin. Bambi arrivait à son point de chute et rencontrait ses commanditaires, trois grand-pères à la limite du gâtisme. Malheureusement pour elle, l’île secrète sur laquelle les trois vieillards avait élu domicile était repérée par le gang des trois beautés.

Avec le tome 5 les réponses affluent et pas des moindres. En quelques pages, le lecteur découvre les tenants et aboutissants de l’intrigue générale. Qui est cet enfant retardé mental. Qui sont les trois vieillards. Qui sont les trois tueuses qui poursuivent Bambi. Qui est Bambi. Quels sont les liens entre toutes ces personnes. Et même, quel est l’environnement géo-politique du pays dans lequel ils évoluent. L’histoire prend alors une toute autre saveur. Tout devient clair, les morceaux du puzzle s’emboîtent parfaitement et ce qui paraissait gratuit jusqu’à présent trouve une certaine légitimité.

Ce tome 5 n’oublie pas pour autant sa dose de combats, de têtes éclatées, de sang qui gicle et de gros guns, respectant ainsi le cahier des charges de la série. Le résultat est toujours aussi jouissif tellement il est exagéré.

À souligner tout de même que le déluge d’action fonctionne grâce au découpage percutant et inventif d’Atsushi. Certains cadrages méritent le détour, réalisés avec la grâce d’un dessin parfaitement maitrisé dans sa rondeur. Mention spéciale pour l’encrage, très élégant. On demanderait peut-être une mise en couleurs pour gagner en lisibilité. Mais ce serait vraiment pinailler. Ne boudons pas notre plaisir en attendant le sixième et dernier tome des aventures ultra-violentes d’une tueuse nommée Bambi.

(par Thierry Lemaire)

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