Bananas n°2 : Jean-Claude Forest à l’honneur

11 janvier 2007 0 commentaire
  • Jean-Claude Forest est à l'honneur du deuxième numéro de la revue Bananas, accompagné de Frédéric Poincelet et Louis Joos, le tout complété par une collection de BD aux esthétiques et aux thématiques variées. De quoi intéresser plus d'un amateur de bande dessinée.

Comme pour le premier numéro, cette nouvelle livraison de Bananas offre un assez large éventail d’auteurs, en commençant par un hommage à Jean-Claude Forest, le père de Barbarella, avec un entretien réalisé en 1996, qui revient sur la carrière entière de l’auteur.

Dans un tout autre genre, Frédéric Poincelet prend la suite et le temps d’exposer ses idées et ses envies, racontant son parcours depuis ses lectures de gosses jusqu’à la prise de contact avec l’équipe d’Ego Comme X et les premières parutions de ses bandes autobiographiques dans la revue, avant le lancement d’un titre dédié.

Un long article d’Evariste Blanchet sur le concept de Beauté en bande dessinée lance quelques pistes intéressantes, tout en se limitant à une tradition classique issue de l’imitation de la nature - pour mieux finir en affirmant la possibilité d’un élargissement du concept, cela dit. Comparer André Juillard à un Milton Caniff ou à un Harold Foster peut être amusant, mais les buts et les moyens de ces différents artistes semblent si éloignés que l’exercice nous paraît un peu vain. Les passages sur les différences entre le classicisme en peinture et son équivalent en bande dessinée nous rappellent par contre que la bande dessinée a bien des spécificités autant techniques que historiques.

Le gros cahier Bananas Comix, qui propose un large choix de courtes histoires, donne un coup de projecteur sur Louis Joos, à travers un entretien, une bibliographie et un florilège d’illustrations sur le jazz et pour la littérature jeunesse. On peut aussi noter une superbe séquence de quatre peintures pleine page de José Muñoz, à la limite de l’abstrait. Une dizaine d’autres auteurs sont présents dans ce cahier, comme Ulf K., Beb-Deum, Jack Manini ou Xavier Torcelly.

Hors du cahier BD, on trouvera également une réjouissante et fantasque bande de Willem datant de 1975 jadis parue dans Charlie-Hebdo, ainsi qu’une amusante histoire signée Tignous et Blanchet, qui montre qu’un terroriste armé d’une bombe a parfois du bon.

Enfin, une dizaine de critiques d’ouvrages venus d’horizons divers enrichit la revue, sous la plume de Blanchet, de Jean-Paul Jennequin, ou de l’historien britannique de la BD Paul Gravett (pour une présentation de Art out of Time, un gros ouvrage américain barjo et indispensable, qui reprend des extraits de l’œuvre d’artistes pour la plupart complètement oubliés).

Moins polémique que le premier numéro, Bananas n°2 constitue une revue à conseiller à tous les amateurs de bandes dessinées sortant du pur commercial.

(par François Peneaud)

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