Bande dessinée et franc-maçonnerie ou la fraternité des initiés

13 novembre 2013 1 commentaire
  • "Bande dessinée, imaginaire et franc-maçonnerie" (Ed. Dervy) de Joël Gregogna et Manuel Picaud examine les rapports entre la bande dessinée et la franc-maçonnerie. Un essai qui rappelle que dans la bande dessinée, on trouve tout et n'importe quoi.

Dans sa préface de l’ouvrage, Gilles Ratier fait le parallèle entre la planche de bande dessinée et la planche de l’apprenti-maçon, d’où viendrait le terme "plancher" pour désigner un travail ardent.

L’ouvrage de Joël Gregogna et Manuel Picaud "planche" également sur la bande dessinée et c’est une balade ma foi assez agréable où l’on visite une bibliothèque en s’arrêtant sur certaines scènes canoniques parsemées de symboles : celle de la société secrète dans Tintin et les Cigares du Pharaon ou encore celle de Corto Maltese dans la Loge vénitienne...

Mais il se penche aussi sur les maçons célèbres : architectes, musiciens, écrivains, hommes politiques... qui sont représentés dans les bandes dessinées, sur les différentes sources franc-maçonnes qui ont nourri certaines de ses histoires, explicitant symboles et pratiques : Temple et templiers, Rose-Croix, alchimie et autres eldorados symboliques qui fascinent les auteurs de BD. Enfin, sont décryptées certaines bandes dessinées évoquant proprement la franc-maçonnerie et proclamées comme telles, comme Le Triangle secret de Didier Convard, par exemple. L’ouvrage se termine sur un court chapitre sur les bandes dessinées anti-maçonniques, surtout présentes pendant et avant la Seconde Guerre mondiale.

L’avantage d’un tel livre, c’est qu’il s’adresse à des non-initiés. Nul besoin d’être franc-maçon pour appréhender ce parcours qui se donne comme objet de démystifier "l’art royal", souvent sujet de fantasmes de la part d’individus férus d’ésotérisme trempé de conspirationnisme.

Mais pour un amateur de bande dessinée bien né, il a quelque chose d’irritant, car les auteurs se sentent obligés d’évoquer sa définition, son histoire, la puissance d’évocation de ses images, l’origine des phylactères, etc. Et c’est bien là son défaut : avec sa pédagogie à double spectre, souvent très savante, y compris quand les auteurs évoquent le 9e Art, il n’apprendra pas grand chose aux initiés maçons lorsqu’il liste les valeurs de la société des frères trois-points et moins encore aux amateurs de bande dessinée quand il s’agit de mentionner l’importance d’auteurs comme Rodolphe Töpffer ou François Bourgeon.

Mais cet ouvrage a aussi ses avantages : celui de rappeler que la bande dessinée est un art pluriel que l’on peut lire avec intelligence selon n’importe quelle grille de lecture ; celui enfin, de proposer une liste d’ouvrages qui concernent cette thématique.

Ainsi, les amateurs de bande dessinée pourront assouvir leur curiosité ; les maçons, quant à eux, pourront continuer à s’initier...

Bande dessinée et franc-maçonnerie ou la fraternité des initiés
Une bande dessinée à thème maçonnique : Marcas, maître franc-maçon : Le rituel de l’ombre volume 1/2 - Giacometti, Ravenne & Parma, chez Delcourt
(c) Delcourt

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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