Bang ! n°1 - spécial manga

3 juin 2005 0 commentaire
  • Le magazine de luxe lancé conjointement par Casterman et Beaux-Arts Magazine, et vendu à un prix prohibitif lors de son lancement, se démocratise. Pour ce premier numéro de sa nouvelle formule dédiée au « meilleur de la BD », il offre quelques détours au pays des mangas.

De 19,5 Euros à 7,5 Euros (8,5 Euros pour la Belgique - on se demande pourquoi !), la différence est de taille entre un magazine au contenu certes excellent mais à l’emballage prétentieux, et un journal que peut se payer un public moins élitiste. À ce prix, Bang ! a peut-être une chance de se faire une place dans les kiosques. Il met toutes les chances de son côté en consacrant son premier numéro aux mangas. Chaque numéro de ce trimestriel aura ainsi un thème, décliné dans le rédactionnel et dans le choix des bandes dessinées publiées. Et « Les Inrock » ont remplacé « Beaux-Arts Mag’ » comme partenaire. Ce qui explique sans doute la démocratisation (relative).

Que de chemin parcouru depuis « Le cri qui tue », un magazine lancé par Atoss Takemoto durant les années 70 et qui tenta de nous montrer toute la richesse du manga, le niveau adulte qu’il avait atteint bien avant la BD européenne (il fut le premier à publier les nouvelles de Tatsumi) ! Le journal coula trop vite, laissant à Dorothée le soin de briser pour des années l’image des mangas pour le public francophone. Depuis, on sait qu’il n’en est plus rien, et qu’un public de masse s’intéresse désormais au phénomène.

Mais à côté des mangas grand public, existe un manga d’auteur moins connu, iceberg dont le sommet émergé est Taniguchi. C’est à la découverte de ce type de manga-là que Bang ! nous invite. Mais pas uniquement celui-là. Certes, le magazine s’ouvre sur un dossier relatif à l’histoire du manga d’auteur (illustré par une nouvelle coquine de Yoshiharu Tsuge) et se poursuit par un témoignage de Tezuka en personne, une interview de Kiriko Nananan (« Blue », chez Casterman) accompagnée d’un très beau récit intimiste, et d’un article sur Taniguchi complété d’une superbe nouvelle, « Le rêve continu ». Mais ce numéro nous propose également un long article sur l’animation japonaise, un autre sur le manga d’horreur, accompagné d’un récit typique du genre signé Suehiro Maruo, et se termine sur un thème plutôt étonnant, celui des créatures « kawaï », ces « post-adolescentes qui n’ont froid ni aux yeux ni aux fesses » et dont l’intérêt nous semble plutôt limité.

Bang ! a sélectionné également, en fin de numéro, les mangas qui sont à lire absolument. Un excellent choix.

(par Patrick Albray)

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