Baobab - Volume 2 - Par Igort - Coconino Press/Vertige Graphic

10 avril 2006 0 commentaire
  • Retour au Baobab d'Igort avec la suite de l'histoire de l'artiste sud-américain rencontré dans le premier volume.

Pour ce deuxième volume de sa longue série, Igort nous en dit un peu plus sur l’un des protagonistes du premier volume. Celestino Villarosa est un dessinateur sud-américain, qui en 1910, au moment où se déroule Baobab, voit son meilleur ami quitter le pays, le laissant face à ses propres choix : quitter lui aussi sa patrie, ou essayer de poursuivre une difficile carrière, déjà bien entamée. Cette deuxième partie nous raconte donc la vie et l’œuvre déjà existante de ces deux artistes, et en particulier de Celestino, qui doit aussi s’occuper de sa sœur, dont la santé est fragile.

Igort dépeint de sa plume fine les rêves de deux jeunes hommes, qui arrivent tant bien que mal à proposer au public de la fin du XIXème siècle des bandes dessinées qui nous paraissent encore bien modernes - l’auteur en profitant pour replacer son histoire dans le contexte artistique de l’époque, puisque Celestino professe une admiration sans borne pour les artistes de la revue allemande Simplicissimus, journal satirique (1896-1944) où officia par exemple George Grosz [1]. Le lecteur découvre donc les efforts de Celestino et de son ami pour faire connaître leur travail, dont nous pouvons lire quelques planches pour lesquelles Igort, caméléon graphique s’il en est, adopte encore un autre style.

Ode aux artistes et à leurs espoirs, entre idéaux esthétiques et réalité du marché, ce volume apporte une nouvelle pierre au jardin [2] que construit patiemment Igort. Du grand art.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter sur internet

[1Dans les années 30, plus exactement. Pour quelques couvertures du magazine, voir ici ; un court article en anglais sur Wikipedia, des planches d’Olaf Gulbransson, l’un des artistes admirés par Celestion, ainsi qu’ici.

[2Japonais, ne pourrions-nous nous empêcher d’ajouter, tant l’œuvre d’Igort dégage une sérénité doublée d’une capacité sans fin à surprendre le promeneur.

  Un commentaire ?