Barral & Benacquista : « Faire revenir des personnalités décédées sur terre est un sujet inépuisable »

22 février 2007 2 commentaires
  • {{Tonino Benacquista}} et {{Nicolas Barral}} publient « {Dieu n’a pas réponse à tout, mais il est bien entouré} », un livre mettant en scène le Très-Haut. Sa Divinté mandate des personnalités décédées célèbres pour retourner sur terre afin de régler les différents problèmes des humains: Homère, Al Capone, Mozart et Marylin Monroe mettent la main à la pâte dans ces courtes histoires humoristiques, légères mais non sans finesse.

Tonino Benacquista, comment est née cette collaboration avec Nicolas Barral ?

Tonino Benacquista : C’est l’éditeur qui nous a "mariés". J’avais proposé à Dargaud une série d’histoires courtes mettant en scène Dieu. J’avais écrit un premier scénario sur Homère qui a été confié à Nicolas Barral.

Barral & Benacquista : « Faire revenir des personnalités décédées sur terre est un sujet inépuisable »
Tonino Benacquista

Pourquoi avoir traité de cette thématique sous la forme d’une bande dessinée, et pas dans un recueil de nouvelles ?

TB : Tout simplement parce que cela ne fonctionnait pas avec des mots ! Ces histoires ne pouvaient être dynamiques qu’en bande dessinée. Il m’aurait été impossible de commencer une nouvelle par un texte du genre : « Dieu se pencha sur l’interphone et appela Homère, qui sortit de l’ascenseur ». Le lecteur devait reconnaître le visage des personnalités que nous voyons dans le Paradis. Il me fallait avoir un fort impact visuel. Même au cinéma, le résultat n’aurait pas été aussi bon !

Nicolas Barral, qu’est que vous a séduit dans ce projet ?

Nicolas Barral : Le concept de la série ! Et puis la rencontre avec Tonino …

Vous avez dessiné les trois premiers tomes d’une série réaliste (Les Ailes de Plomb), une série plus humoristique (Baker Street) et enfin un récit parodique (Les aventures de Philip & Francis). Vous retournez à une veine plus réaliste avec Dieu n’a pas réponse à tout

NB : Nous sommes dans le domaine de l’humour, de l’émotion et de la psychologie. Je n’avais encore jamais dessiné ce type de récit. Cela me permettait effectivement de renouer avec le réalisme. J’ai toujours eu envie d’alterner des récits plus humoristiques et d’autres plus réalistes. Lorsque je dessinais Les Ailes de Plomb, je publiais des histoires courtes dans Fluide Glacial

Freud
... de retour sur terre grâce à Barral & Benacquista

Les stars se bousculent devant Dieu… Comment avez-vous réalisé le casting ?

TB : Pour les premières histoires, nous avons pensé directement à des personnages mondialement connus. Le premier récit que j’ai inventé mettait en scène Homère. Puis, Marilyn Monroe s’est imposée d’elle-même. Aujourd’hui, nous étudions ensemble les candidatures de ceux qui vont être appelés par Dieu… Dès qu’un personnage historique me traverse l’esprit, j’en parle à Nicolas afin de voir si cela lui convient !

NB : Tonino est un scénariste de droit divin ! (Rires). Dessiner un tel casting est à la fois plaisant et angoissant. En effet, on touche parfois, comme avec Marilyn Monroe, au mythe et au fantasme. Son image a été reproduite des millions de fois et est ancrée dans l’imaginaire collectif. Par contre, ce n’était pas le cas avec Freud ou Homère. J’ai eu un peu plus de liberté pour ces histoires…

Dessiner Dieu, est-ce facile ?

NB : Beaucoup plus que Marilyn ! Nous avons opté pour une représentation classique de ce personnage.

TB : Dieu est plutôt une excuse pour pouvoir faire intervenir des personnages historiques à une époque différente de celle à laquelle ils ont vécus. Dieu n’a pas réponse à tout n’est pas une histoire sur Dieu. Une image classique suffisait !

Nicolas Barral

Nicolas Barral, percevez-vous une différence dans l’écriture de Tonino Benacquista par rapport à Pierre Veys ou Christophe Gibelin ? Ces derniers ne sont pas écrivains.

NB : Tonino s’adapte avec méticulosité au support. Ce n’est pas parce qu’il est écrivain que les pages qu’il me remet sont plus bavardes ou moins découpées. Il me laisse beaucoup de liberté : je suis libre choisir la pagination des histoires. Je peux donc les faire respirer à ma guise. C’est plutôt agréable car les découpages de certains scénaristes sont parfois inappropriés. Cela peut créer des tensions lorsqu’une discussion s’impose pour corriger le tir.

Vous allez signer un deuxième tome de cette série ?

TB : Oui. Cette thématique est un geyser inépuisable. Le casting n’est pas encore établi, mais il y a des grandes chances pour que Beethoven soit renvoyé sur la terre…

De plus en plus d’écrivains scénarisent pour la bande dessinée. Comment expliquez vous ce phénomène ?

TB : Ils sont tentés d’aller vers un moyen d’expression qui leur laisse plus de liberté que le roman. Quand une situation, qui se passe de mots et de commentaires, s’impose, il est tentant d’aller vers un média d’images. Les contraintes de la bande dessinées sont moins importantes que le cinéma. C’est un espace de liberté que les écrivains ont envie d’explorer.

Nicolas Barral, quels sont vos projets ?

NB : Réaliser le deuxième tome de Dieu n’a pas réponse à tout. Pierre Veys et moi-même allons sans doute publier après cela le deuxième album de Philip & Francis.

Louis XIV

(par Nicolas Anspach)

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Illustrations (c) Barral, Benacquista & Dargaud

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