Newsletter ActuaBD

Batman Eternal T1 - Par Scott Snyder & Jay Fabok - Urban Comics

  • "Gotham a beaucoup à offrir, quand on a assez de burnes pour la satisfaire". Un premier ouvrage sombre, mélancolique, dans lequel Batman se retrouve piégé à perdre tout ce qu'il affectionne.

Metropolis, cette ville qui scintille la nuit de projecteurs de police, toujours en quête de malfrats à maitriser. Le commissaire Gordon et Batman affrontent le Pyg et sa bande de malotrus à la station de métro. Les gredins sont pris la main dans le sac, mais malheureusement, même le grand et fort justicier n’empêche pas deux trains de rentrer en collision, écrasant tout sur son passage. Qui plus est, lorsqu’on sait que c’est Gordon lui même, suite à une erreur de calcul, qui est responsable de cet acte, l’affaire s’enlise rapidement et les têtes tombent. Le plus ancien allié de Batman se retrouve à l’ombre alors que le mafieux Carmine Falcone prévoit de balayer la ville des monstres-justiciers... Une série de règlements de compte s’accumulent et il semblerait que la ville entière cherche désespérément à trucider le Chevalier Noir.

Courses-poursuites effrénées, dynamisme et action tonitruante, atmosphère glauque à souhait, Batman Eternal emprunte un couloir sombre et chaotique où la colère et la corruption surgissent à chaque page. Les entrailles de Gotham rugissent pour ceux qui savent les entendre laissant sur leurs passages une trainée de poussière, de cadavres et de super-vilains toujours plus nombreux.

Batman Eternal réunit la crème des scénaristes actuels, dont John Layman ( Detective Comics, Tony Chu), Tim Seely (Hack/Slash) et Ray Fawkes (Justice League Dark), sous la supervision de Scott Snyder (American Vampire) et James Tynion (Talon).

Côté dessinateurs, le panel affiche des artistes de renoms tels Guillem March (Catwoman) et Jason Fabok (Batman,la nouvelle aube) qui maîtrise parfaitement son sujet : soins des personnages, minutie des détails en arrière-champ, dynamisme du trait, visuellement du grand art !. Quant à Manuel Simoni, pour le sixième chapitre, son style de trait s’apparente fort à la marque de fabrique de Blockbuster américains. Bref, une sacrée brochette d’artistes, un orchestre de vedettes qui délivrent une intrigue inédite, sans temps mort, affichant un nouveau regard sur ce personnage mythique.

L’hebdomadaire Batman Eternal marque également un événement éditorial pour DC Comics puisque Mark Doyle, un ancien éditeur officiant sur le label Vertigo, propose ici son premier grand projet avec cette rame éclectique de différents auteurs susceptibles de toucher un très large public.

La série s’oriente donc vers des horizons forts larges et les auteurs semblent avoir carte blanche. C’est ainsi que se rapprochant d’un style cartoon, Becky Cloonan et Karl Kerschi s’adressent à un public plus adolescent tandis que Jim Corrigan allie terreur et polar en rapport avec sa propre série, l’ensemble manié de main de maitre par Fawkes et l’excellent Ben Templesmith.

Célébrant les 75 ans du Dark Night, Batman Eternal constitue une œuvre marquante, publié de manière hebdomadaire. Ce 1er ouvrage de 296 pages recueille les 13 premiers épisodes et se déroule peu de temps avant la saga Endgame. Un concentré de fureur, de coups de poings, de rotules explosées...

Mais surtout, et c’est là tout l’intérêt de cette nouvelle saga : les auteurs ont décidés= d’y insérer un maximum de protagonistes issus de l’univers du Chevalier Noir, leur donnant une fois encore la perspective de se mettre en évidence. Une panoplie de personnages (Batgirl, Batwing, Jack Forbes, Catwoman, Vicki Vale...) dont certains vous seront familiers, d’autres moins, mais que vous soyez un lecteur novice ou un fin connaisseur, ce récit inédit du Chevalier Noir la surprise est au rendez-vous. La plupart des protagonistes sont mis en relief à l’exception de Catwoman qui se s’amuse comme à son habitude à dialoguer sans fin avec son héros qu’elle aime ou qu’elle méprise, ce qui n’apporte pour ainsi dire rien de neuf au récit. Par contre, les amateurs de la belle, pourront se rincer l’œil, car la féline prend ses poses comme elle sait si bien le faire.

La palette des couleurs, quant à elle, varie forcément d’un auteur à l’autre. Majoritairement, elles affichent un éventail d’une luminosité resplendissante. Bien que celles-ci approfondissent l’atmosphère endiablée, nous pourrons cependant, regretter quelques irrégularités telles que certaines planches qui manquent de tonus et affichent des couleurs ternes brunâtres et grises. ( la scène du métro entre autres)

Avec son ine intrigue calibrée et graphiquement variée, Batman Eternal démarre en force. Second volume prévu pour le 22 mai 2015.

Batman Eternal T1 - Par Scott Snyder & Jay Fabok - Urban Comics
©Jay Fabok / Urban Comics
Cette fois-ci, le preux justicier se retrouve mal embarqué, démembré dans sa chair et son âme...

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Batman Eternal T1. Scénario : Scott Snyder. Dessin : Jay Fabok. Urban Comics. Sortie le 6 mars 2015. 296 pages. Prix : 22,50 euros.

- Commander cet ouvrage sur Amazon ou à la FNAC

- Lire la chronique Batman la légende T2

- Lire la chronique 75 ans de Batman : l’œuvre au noir d’Urban Comics

 
Participez à la discussion
1 Message :
  • L’évolution du style de Jason Fabok est incroyable. Sans se renseigner en s’intéressant aux crédits, on jurerait être en présence d’un David Finch des grands jours. L’élève dépasse le maître et voit son travail récompensé par l’éditeur en étant promu sur sur la Justice League de Geoff Johns à l’issue de cette maxi-série hebdomadaire.
    A l’aise sur l’univers du Chevalier Noir, j’ai plutôt hâte de constater des progrès de cet artiste qui va enfin pouvoir diversifier son jeu en s’appropriant de nouveaux personnages et de nouvelles ambiances plus lumineuses et colorées.

    Répondre à ce message

Newsletter ActuaBD