Batman : No Man’s Land T1 - Collectif (trad. Alex Nikolavitch) - Urban Comics

17 juin 2014 0 commentaire
  • Plusieurs mois après le tremblement de terre qui a dévasté Gotham City, Batman, qui avait mystérieusement disparu, refait surface. Et vient reprendre SA ville. Premier tome -sur six- d'un imposant cross-over orchestré par Dennis O'Neil.

C’est bien le chaos qui règne à Gotham City après le fameux Cataclysme qui ravagea la ville. Incapable de restaurer l’ordre, l’État fédéral américain a préféré sortir la cité de sa juridiction : Gotham City est devenu un véritable No Man’s Land, un lieu où ceux qui sont restés se trouvent livrés à eux-mêmes, coupés du reste du monde, sans ravitaillement ni aide d’aucune sorte.

Voici la ville découpée en secteurs sous l’influence de divers gangs ou de fameux malfrats. Les héros semblent avoir déserté : Batman disparu, Huntress dépassée et les policiers de Gotham en proie au doute, parant au plus pressé, faisant leurs les techniques employées par ceux-là mêmes qu’ils combattent pour assurer un semblant de sécurité dans les zones qu’ils contrôlent.

Quelques mois après le désastre, réapparaît enfin une figure que plus personne n’attendait : Batman. Et le Chevalier Noir aura fort à faire pour pacifier la cité, regagner la confiance de ses habitants, à commencer par un Gordon particulièrement amer, et mettre au pas tous ces monstres échappés d’Arkham qui ont littéralement pris le pouvoir.

Batman : No Man's Land T1 - Collectif (trad. Alex Nikolavitch) - Urban Comics
Pas question pour Gordon de compter sur celui qui a abandonné Gotham City
Batman : No Mans’s Land T1 © DC / Urban Comics

No Man’s Land constitue donc un gigantesque cross-over publié durant toute l’année 1999. Au fil de diverses histoires courtes, nous devenons témoins du quotidien des habitants livrés à eux-mêmes et de la lente reconquête opérée par Batman. Avec la particularité que chaque histoire, confiée à une équipe artistique précise, voit ses différents chapitres publiés le même mois dans les magazines de l’univers Batman de façon à être immédiatement lisible par le lecteur de l’époque.

L’édition d’Urban Comics reprend soigneusement le principe de ce cross-over organisé en mini-aventures dédiées à un Villain en particulier ou à un environnement précis.

On s’étonnera peut-être simplement de l’épisode organisé autour d’Azraël soit un peu rapide et déconnecté du reste. On louera en revanche la présence à la toute fin du volume d’un chapitre mettant en scène Renée Montoya et Double Face avant le no man’s land, peu après le tremblement de terre, puisqu’il fait sens avec une des histoires de Gotham Central réédité le même mois par Urban.

Le tag : le nouveau moyen de marquer son territoire à Gotham City
Batman : No Mans’s Land T1 © DC / Urban Comics

Ce premier tome -sur six annoncés par Urban Comics- met le Chevalier Noir aux prises avec, notamment, le Ventriloque et l’Épouvantail, chacun dans un récit en quatre chapitres [1]. De quoi ménager une certaine montée en puissance du côté des Villains, même si nous croisons déjà un Pingouin habile profiteur et roi du marché noir ou encore un Black Mask toujours aussi effrayant à la tête de sinistres fanatiques. Côté sidekick, il faut noter l’apparition d’une nouvelle, et mystérieuse, Batgirl particulièrement convaincante.

Surtout, le récit vaut par la manière de repenser Gotham City, d’en proposer une configuration complètement originale, d’obliger son héros à revoir ses procédés, le dépouillant de la maîtrise naturelle qu’il avait du lieu ainsi que de ses si précieux gadgets. Contraint à s’adapter, il doit réapprendre la langue de sa cité, et cela passe par le marquage du territoire, sous forme de tags réalisés à la bombe de peinture. Ou comment le symbole-même de Batman se trouve ressourcé.

Rencontre avec la nouvelle Batgirl, et réappropriation par Batman de son propre symbole, dans les nouveaux codes qui régissent Gotham City
Batman : No Mans’s Land T1 © DC / Urban Comics

Avec No Man’s Land, Les problématiques de survie changent la donne, les passions humaines s’expriment de manière brute et le contrepoint offert par les policiers relativise complètement les efforts déployés par le Chevalier Noir. Les Villains y paraissent retrouver leur essence, posant à chaque fois un problème différent à la "cité", entendue ici au sens de société.

L’éditeur Dennis O’Neil propose là une refonte ambitieuse du Batverse par une remise à plat, au sens propre, de son épicentre. Si l’on appréhende la capacité du projet à soutenir l’intérêt du lecteur sur plus de 2000 pages -six gros volumes sur le même objet, cela peut devenir laborieux, voire lasser - force est de constater que ce début aboutit sur plein de promesses. À suivre avec bien plus que de la curiosité : un réel intérêt.

La carte de Gotham, avec ses différents "secteurs"
Batman : No Mans’s Land T1 © DC / Urban Comics

(par Aurélien Pigeat)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

- Batman : No Man’s Land T1. Collectif. Traduction Alex Nikolavitch. Urban Comics, collection "DC Classiques". Sortie le 11 avril 2014. 352 pages. 28 euros.

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- Lire la chronique de Cataclysme

[1Voici le sommaire détaillé du volume :
- Ni loi ni ordre, par Bob Gale et Alex Maleev. Publié dans Batman : No Man’s Land #1, Batman : Shadow of the Bat #83, Batman #563 et Detective Comics #730.
- Le Diable tout en bas, par Dennis O’Neil et Roger Robinson, publié dans Azraël : Agent of the Bat #52.
- La Peur de la foi, par Devin Grayson et Dale Eaglesham, publié dans Batman : Legend of the Dark Knight #116, Batman : Shadow of the Bat #84, Batman #564 et Detective Comics #731.
- Du Pain et des jeux, par Ian Edginton et D’Israeli, publié dans Batman : Legend of the Dark Knight #117, Batman : Shadow of the Bat #85.
- Mosaïque, par Greg Rucka et Frank Teran, publié dans Batman #565 et Detective Comics #732.
- Deux pour la route, par Greg Rucka et Jason Pearson, publié dans The Batman Chronicles #16.

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