Batman T.5 - Par Scott Snyder et Greg Capullo (Trad. Jérôme Wicky) - Urban Comics

18 février 2015 0 commentaire
  • L'arc narratif qui retrace au sein de cette nouvelle continuité les premiers pas du Chevalier Noir dans Gotham se poursuit avec les deux derniers actes réunis dans un seul et même album. Et le jeune et encore inexpérimenté Bruce Wayne aura fort à faire pour sortir sa cité d'attaques terroristes répétées alors que des êtres effrayants et fous à lier commencent à émerger de la nuit...

Pas de répit pour Gotham City qui, après avoir enduré les attaques violentes et gratuites du gang du Red Hood, se voit une nouvelle fois plongée dans le chaos le plus total alors que le Sphinx sort au grand jour et impose sa propre vision de la terreur en provoquant un black-out total de la ville. Une vague de criminalité et de vandalisme se répand dans les rues malgré l’imminence d’un ouragan, alors que le commissaire Loeb et les forces de police sont obnubilés par l’idée d’abattre le fou en costume de chauve-souris qui a récemment fait son apparition.

Une mission de sauvetage de longue haleine et sur tous les fronts s’engage alors pour le Batman, d’autant qu’un tueur aux méthodes cauchemardesques vient s’ajouter à la partie. Seul contre tous, le héros devra apprendre à donner sa confiance et à s’entourer d’alliés, s’il espère vaincre.

Batman T.5 - Par Scott Snyder et Greg Capullo (Trad. Jérôme Wicky) - Urban Comics
© Urban Comics

Dans la continuité du tome précédent, Greg Capullo nous livre un travail superbe et beaucoup moins sombre que ce que l’on peut attendre d’une histoire moderne de Batman. Les teintes crépusculaires aux couleurs vives et flashy rajoutent une luminosité du plus bel effet au récit et dynamise le rythme sans temps mort, que ce soit l’action ou dans l’expression d’une ambiance électrisante. Le seul bémol est l’absence, dans ce volume, de quelques planches, pourtant présentes dans la première partie de cet arc narratif, qui jouaient habilement le jeu de la représentation de la psyché tordue du Sphinx. Elles manquent ici : un léger rappel aurait été le bienvenu pour assurer la cohérence de l’ensemble.

Cela dit, Scott Snyder atteint son objectif à l’issue de cet album en proposant une vision renouvelée des origines de Batman qui s’éloigne du propos de Frank Miller et de son mythique Batman : Année Un. Il n’est en effet ici plus question d’aborder les thématiques et les peurs d’un contexte social et politique qui diffèrent avec ceux de notre époque. La corruption et le crime organisé laissent ainsi place à des peurs plus immédiates et grandiloquentes à travers diverses formes de terrorisme partageant toutes un point commun : le choc et l’émotion provoqués sur l’ensemble de la population du fait de la violence insensée de telles actions.

Cette histoire longue se découpe en trois parties parfaitement délimitées permet de maintenir l’intérêt et une tension permanente par une réévaluation des enjeux et d’une évolution des personnages dans chaque acte. Les différents intervenants gagnent en profondeur et parviennent à susciter de l’émotion et de l’empathie d’une étape à l’autre, et même le jeune Bruce Wayne qui nous paraissait très antipathique au premier abord se révèle peu à peu, à mesure qu’il accepte de s’ouvrir auprès de quelques rares privilégiés et d’exposer ses faiblesses et sa fragilité.

Un bel ouvrage, graphiquement irréprochable et étonnant, qui ne commet pas la maladresse de transposer vingt ans après une histoire désormais culte, mais qui, au contraire, ose amorcer quelque chose qui s’accorde davantage avec son temps.

© Urban Comics

(par Marco ZANINI)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?