Bédéis Causa 2020 : le bon contact de Mélanie Leclerc

25 avril 2020 0 commentaire
  • La 33e remise des Prix Bédéis Causa au Québec s’est tenue de manière 100% virtuelle. Une toute nouvelle formule présentée avec son lot de strass et de paillettes numériques – et beaucoup d’humour – pour souligner le meilleur de la bande dessinée québécoise.

Le 18 mars dernier, le Festival Québec BD annonçait l’annulation de sa 33e édition pour cause de COVID-19. Les organisateurs ont toutefois choisi de maintenir la remise de prix sous forme d’émission spéciale diffusée en direct de Facebook.

Sans remplacer les célébrations habituellement tenues au Musée de la civilisation de Québec, cette production rassembleuse contenait plusieurs beaux moments, dont un touchant hommage à Roberto Wilson présenté par sa fille Yanina Wilson. Autre avantage du numérique : tous les lauréats, incluant les auteurs à l’international, ont pu participer à l’événement et présenter une vidéo de remerciement. À cet égard, on notera le discours de Cyril Lieron et Benoît Dahan, ponctué de blagues sur les différences entre le public français et québécois, ou encore les effets spéciaux remarquables dans la vidéo de Pascal Colpron.

Les lauréats

Le Grand Prix de la Ville de Québec récompense le meilleur album de langue française publié au Québec par un auteur canadien ou québécois. Cette année, cet honneur est revenu à Mélanie Leclerc pour Contacts (Mécanique générale). Dans ce tout premier album, Leclerc explore la vie et l’œuvre de son père, Martin Leclerc, cameraman à l’ONF (Office national du film). Celle-ci aborde également leur relation père-fille, marquée par leur passion commune pour la photographie. Contacts était également finaliste au Prix de la critique ACBD de la bande dessinée québécoise.

Bédéis Causa 2020 : le bon contact de Mélanie Leclerc
Contacts, par Mélanie Leclerc, 2019.
© Mécanique générale.

Le Prix Réal-Fillion (auteur canadien ou québécois s’étant le plus illustré avec son premier album francophone professionnel) a été décerné à Brigitte Archambault pour Le Projet Shiatsung (Mécanique générale), un ouvrage futuriste dans lequel une jeune femme est élevée en isolement par une intelligence artificielle. Cet ouvrage figurait d’ailleurs parmi nos coups de cœur québécois de 2019.

Le Projet Shiatsung, par Brigitte Archambault, 2019.
© Mécanique générale.

Le Prix Albéric-Bourgeois (meilleur ouvrage de langue française publié à l’étranger par un auteur ou illustrateur canadien ou québécois) a été remporté par le dessinateur François Miville-Deschênes pour Zaroff (scénario de Sylvain Runberg, Le Lombard).

Le Prix Yvette-Lapointe (meilleur album jeunesse de langue française publié par un auteur canadien ou québécois) a été remis à Pascal Colpron et Jocelyn Boisvert pour Mort et déterré T. 1 (Dupuis).

Assorti d’une bourse de 1000$, le Prix Jacques-Hurtubise a pour objectif d’appuyer un projet d’autoédition déjà en chantier et mené par un auteur émergent. Cette année, cette récompense a été octroyée à Sarah Dunlavey, créatrice de webcomics humoristiques sous le nom de Madame Lady.

Une nouveauté pour cette édition 2020 : le Prix Traduction a été renommé Prix Roberto-Wilson, en l’honneur du premier auteur d’origine haïtienne à publier de la bande dessinée au Québec. (Wilson a notamment publié le strip quotidien Les aventures de Robert et Roland dans L’Action catholique, de 1956 à 1965). C’est donc l’album surf In Waves d’AJ Dungo (Casterman) qui a remporté ce tout premier Prix Roberto-Wilson.

Quant au Prix Maurice-Petitdidier (coup de cœur du jury pour un album francophone étranger), celui-ci est revenu à Cyril Lieron et Benoît Dahan pour le surprenant Dans la tête de Sherlock Holmes (Ankama).

Enfin, le Prix Albert-Chartier, qui honore un individu ou un organisme ayant marqué la bande dessinée québécoise, a été remis à Michel Giguère, animateur des Rendez-vous de la BD à la Bibliothèque de Québec depuis 15 ans. Professeur, chroniqueur et conférencier, celui-ci porte officiellement le titre de médiateur culturel en bande dessinée à la Bibliothèque de Québec. Formateur auprès des librairies, des bibliothécaires, des groupes scolaires et du grand public, Michel Giguère est reconnu pour sa grande rigueur ainsi que pour sa passion pour la narration en BD. À l’occasion de cette cérémonie, un bel hommage lui a été rendu par le bédéiste Francis Desharnais (La Petite Russie), un ami de longue date et ancien élève.

Mosaïque des lauréats des Prix Bédéis Causa 2020.
Courtoisie du Festival Québec BD.

La 33e remise des Prix Bédéis Causa a été diffusée le 23 avril 2020 en direct de Facebook. Cette émission spéciale peut également être visionnée sur la plateforme Vimeo ou encore sur le site web du Festival Québec BD.

(par Marianne St-Jacques)

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