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Beethoven : le prix de la liberté - Par Régis Penet - La Boîte à Bulles

  • Le crépuscule du génie romantique, au moment où son mécène en demande trop. S'écartant de la biographie classique, Penet montre Beethoven dans tout son orgueil blessé.

Au moment où sa surdité commence à se développer, Beethoven s’assombrit aussi socialement. Son protecteur, le prince Von Lichnowsky, s’épuise en diplomatie. Mais son fils Eduard, lui, reste admiratif, guettant la moindre étincelle de créativité du maître. L’Autriche de 1806 est alors un pays humilié par Napoléon à Austerlitz, et quand le mécène exige que Beethoven joue devant des officiers français, leur relation est proche d’une rupture profonde.

En choisissant cet épisode particulier -et fondamental- de la vie du compositeur, Régis Penet s’affranchit d’une biographie linéaire. C’est un créateur en grande souffrance que nous découvrons, à la fois dans sa dépendance matérielle mais surtout dans le tourment de la perte de l’ouïe : quel plus grand malheur pour un musicien ?

Le grand format et le noir et blanc délicat apportent une certaine noblesse au récit. La passion de Beethoven pour la nature, en particulier les arbres, est magnifiée par des images de forêts éblouissantes. Les nombreuses cases muettes ajoutent à la dramaturgie du récit, qui prend souvent des allures théâtrales. Le grand Ludwig y incarne un homme blessé et orgueilleux, sûr de son talent, et peu soucieux de plaire. On devine combien sa fin de vie, à 52 ans seulement, sera douloureuse, l’isolement quasi-misanthrope de Beethoven s’ajoutant au supplice de la surdité.

Beethoven : le prix de la liberté - Par Régis Penet - La Boîte à Bulles

(par David TAUGIS)

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