Big Bunny - Pin-Up, n°8 - Berthet et Yann - Dargaud

20 septembre 2002 0 commentaire
  • Les décennies passent, Dottie reste. La belle Pin-Up dont les formes généreuses permirent aux GI de garder le moral durant la guerre du Pacifique, après avoir été une "physionomiste" dans les casinos de Las Vegas, travaille désormais pour Hugh Hefner. Le big boss de l'empire Playboy souhaite y installer sa propre salle de jeux pleine de jolies bunnies très déshabillées. Une concurrence déloyale pour la mafia, qui a inévitablement lancé un "contrat" contre lui.

Virée du casino appartenant au caïd Gus Greenbaum, Dottie s’est mise au service d’Hugh Hefner, le patron de Playboy, empire aux mille femmes dont la devise est : ’Votre bien le plus précieux est votre petite queue de coton. Vous devez veiller à ce qu’elle soit toujours blanche et soyeuse… ’Tout un programme !

Évidemment une cohorte de malfaisants veulent la peau d’Hugh. En particulier, un brun teigneux qui n’a pas hésité à étouffer Angie, adorable petit lapin blond dont la queue de coton n’est plus blanche ni soyeuse. Hugh est à l’enterrement de sa Bunny. Le brun teigneux et son flingue aussi.

Dottie, d’un coup de savate, empêche le tueur d’exécuter son contrat. Elle est ensuite aidée par Snake Eyes, pro du double-deux au lancé de dés, tueur galonné juste de retour du Vietnam et ex petit ami d’Angie. Le genre de type à ne pas mettre en colère. Et là, Snaky se sent très, très en colère… Faites vos jeux, rien ne va plus !

Dottie, la femme sans homme, va se sentir pour une fois des titillements partout au contact du beau joueur. Leurs épidermes auront juste le temps de faire connaissance avant que les ennuis ne déboulent en rafales.

Entre les nanas qui lui veulent beaucoup de mal et les mecs qui lui veulent beaucoup trop de bien, Dottie devra slalomer tout en finesse. Snake Eyes l’abandonnera pour tenter de réaliser son rêve : loger une balle dans la belle tête de Jane Fonda. Il l’a loupée au Vietnam d’un cheveu alors qu’elle faisait ami-ami avec les BoDoïs du Vietcong. Cette fois, lors d’une manif pacifiste et naturiste menée par l’actrice vêtue de ses seules convictions, il pense avoir une seconde chance. Et quand Snaky a une idée en tête…

Faites vos jeux, rien de va plus ! Yann mêle les intrigues en orfèvre dans cette histoire bourrée de clins d’oeil aux années soixante. Ses beautés blondes ou brunes savent être méchantes comme des teignes ou fondantes comme des fruits bien mûrs. Le dessin de Berthet, d’une classe folle, ajoute à la fascination. Leurs jeux sont faits, tout va très bien ! Contrairement aux deux trilogies précédentes, cet épisode se conclut au deuxième album. La charge concoctée par Yann le dynamiteur étant la même, l’impact n’en est que plus dévastateur.

(par Patrick Albray)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Une série qui a désormais atteint sa pleine maturité. Le mélange parodique sulfureux des débuts a fait place à une peinture au vitriol de la société américaine de la fin des années 60, loin de l’imagerie chaste et pure qu’on a bien voulu en donner. Yann s’amuse à déboulonner les idoles, avec la férocité qu’on lui connaît, mais ce n’est qu’anecdotique. Il parvient surtout à mettre en place, avec une précision d’orfèvre, une intrigue extrêmement complexe, où se croisent de nombreux personnages qu’il parvient à doter d’une personnalité forte et crédible dès leurs premiers pas dans l’histoire. Yann a définitivement viré sa cuti : on est loin du potache référentiel qui ne parvenait pas à s’empêcher de se moquer de ses aînés. C’est désormais un vrai romancier, au ton reconnaissable entre tous. Quant à Philippe Berthet, son élégance, son équilibre et son efficacité se reconnaissent dès la couverture, superbe (ce regard de Dottie...). A noter, de très chaleureuses couleurs de Bertrand Denoulet, qui participent à la réussite de ce livre.

Commander

  Un commentaire ?