Bilan 2001 de l’édition BD : toujours plus d’albums

27 décembre 2001 0 commentaire
  • L'association des journalistes et critiques de bande dessinée publie son bilan annuel. Il a été édité, en 2001, plus d'albums de BD que jamais. La saturation du marché n'est pas loin.

Gilles Ratier, secrétaire général de l’Association des journalistes et critiques de bande dessinée, a effectué son bilan annuel des parutions 2001. Alors que, depuis plusieurs années déjà, le nombre d’albums augmentait de manière continue et que l’on pouvait espérer avoir atteint un plafond, c’est un nouveau bond que l’on observe. Au risque de provoquer une saturation des lecteurs devant une telle production, et une noyade des libraires, incapables de suivre la production et de s’y retrouver devant cette masse d’albums à vendre.

On lira ci-dessous un résumé de cette étude, que l’on peut également télécharger dans son intégralité en format RTF (zippé)

"Record pour une production déjà énorme : 1292 nouveaux albums contre 1137 l’an passé ; cette évolution est à la hausse pour la 6e année consécutive. A ce chiffre de 1292 nouveaux albums, on doit encore ajouter 406 rééditions dans une nouvelle présentation (contre 285 l’an dernier), 146 livres de recueils d’illustrations ou de dessins d’humour réalisés par des auteurs de BD (contre 103 l’an dernier) et 46 ouvrages d’essais et d’histoire de la BD (contre 38 l’an dernier). Soit un total de 1890 livres appartenant au monde de la BD (contre 1563 l’an dernier) : une augmentation non négligeable de 327 titres (contre 200 l’an dernier).

"Record du nombre de maisons d’éditions : elles sont désormais au nombre de 150 (contre 140 l’an dernier). Mais pas plus de 25 d’entre elles publient, à elles seules, la quasi-totalité des albums de BD, c’est à dire les 3/4 de la production en titres (ce qui représentent vraisemblablement 90 % de l’activité du secteur). Notons qu’en 2000, elles n’étaient que 15 à regrouper le plus gros de la production annuelle.

"Record du nombre d’auteurs (dessinateurs et scénaristes) : sur le territoire francophone européen, ils sont 1100 à pratiquer et à vivre (plus ou moins bien) de la BD. Parmi ces 1100 auteurs remarquons que 100 d’entre eux sont exclusivement scénaristes et 80, seulement, sont des femmes… Pourtant, une nouvelle génération d’auteurs prolifiques, réalisant indifféremment textes et dessins, se profile nettement.

"Record des tirages et des ventes : ce sont les grands classiques qui ont toujours la faveur du public car ils sont considérés comme des valeurs sûres. C’est bien sûr le cas d’"Astérix" d’Uderzo (3.000.000 ex.) mais aussi de "Blake & Mortimer" de Benoît et Van Hamme (500 000 ex.), "Boule & Bill" de Roba (500 000 ex.), "Lucky Luke" de Morris et de Groot (320 000 ex.), "Thorgal" de Rosinski et Van Hamme (300 000 ex.), "Yoko Tsuno" de Leloup (212 000 ex.), "Les Tuniques bleues" de Lambil et Cauvin (190 000 ex.), "Alix" de Martin et Morales (150 000 ex.),… Notons aussi la progression spectaculaire de séries assez jeunes (moins de 20 ans d’âge) qui réalisent des scores tout aussi impressionnants : "Le petit Spirou" de Tome et Janry (600 000 ex.), "Lanfeust des étoiles" de Tarquin et Arleston (360 000 ex.), "Le Chat" de Geluck (320 000 ex.), "Kid Paddle" de Midam (230 000 ex.), "Cédric" de Laudec et Cauvin (220 000 ex.), "Trolls de Troy" de Mourier et Arleston (160 000 ex.), sans parler du "Titeuf" de Zep qui fait un malheur, même quand il apparaît sous une autre forme que la BD ("Le guide du zizi sexuel"tiré à 180 000 ex.).

"Record de diversification des publics : ces évolutions à la hausse ne porte guère préjudice aux ventes car les publics concernés sont très variés. Les amateurs de mangas (BD japonaises), de comics (BD américaines tendance super-héros) et de fantastique ou d’heroic-fantasy sont de plus en plus nombreux et sont souvent très différents de ceux qui apprécient la traditionnelle BD d’aventure (exclusivement francobelge), les romans graphiques, l’humour ou la BD reportage (un genre nouveau qui n’en est qu’à ses balbutiements). En matière de BD étrangères, les séries traduites du japonais et de l’américain écrasent littéralement les rares tentatives pour faire connaître les BD venues d’autres pays.

"Record d’utilisation de la BD pour d’autres supports : jamais la BD n’aura été autant utilisée dans le domaine du cinéma ("Astérix", "From Hell", "Ghost world", "Spider-Man", "Jack Palmer", "Neige", "Bob Morane", "Blake & Mortimer", "Jeremiah", "Blueberry", "Michel Vaillant"… vont sortir en 2002, sont en tournage ou en projet d’adaptation), des téléfilms (extraordinaire succès pour "Largo Winch"), du dessin animé ("Lucky Luke", "Titeuf", "Agrippine", "Jojo", "Cédric", "Bécassine", "Corto Maltese", "Ric Hochet", "Yves Sinclair"…), de la publicité pour de grandes campagnes de communication ("Titeuf" pour Mac Donald et surtout "Largo Winch" et "Corto Maltese" pour Dior car ces visuels ont touché plus gens que les précédentes campagnes avec Johnny Hallyday et Zinédine Zidane), des expositions ("Tintin" au Musée de la Marine et au château de Cheverny, "Popeye" au CNBDI…), des jeux vidéos, des produits dérivés…, et bien sûr sur Internet.

(...) Lire le texte intégral de cette étude en format RTF.

(par Patrick Albray)

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