Blake et Mortimer poursuivent leurs investigations sur iPhone et iPad

2 février 2011 2 commentaires
  • Deux mois après la parution de l'album, le dernier épisode des aventures de Blake et Mortimer est adapté en jeu sur iPhone et iPad. A mi-chemin entre la BD interactive et le jeu d'aventure, La Malédiction des trente deniers devient un O.J.N.I (Objet Jouable Non Identifié), alliant phases de lecture et phases de jeu. Un moyen intéressant de découvrir, ou de redécouvrir, cet album pour les victimes de la ruineuse malédiction de l'iPomme.

« Ceci n’est pas une BD interactive » affirme la charmante chef de produit d’Anuman Interactive. La Malédiction des trente deniers a été développée en vue d’apporter un autre regard sur l’aventure scénarisée par Jean Van Hamme Voir la chronique de l’album. Un regard iconoclaste que les puristes auront peut-être du mal à digérer mais qui, en effet, dépoussière judicieusement la stèle de ce monument de la BD.

Première audace, l’histoire reste fidèle à celle de l’album, mais la narration se permet quelques aménagements afin de fournir à l’iGamer une compréhension simplifiée de l’intrigue.

Seconde prise de risque, les développeurs bretons (Solilab pour le jeu et Mzone Studio pour les graphismes) ont totalement retravaillé les décors pour les réinscrire dans le réel et leur donner une modernité plus en phase avec la plateforme de jeu. En résumé, exit le style franco-belge, bienvenue au photo-réalisme. Ce parti-pris risque d’être conspué par l’orthodoxie jacobsienne. Pourtant avouons-le, le résultat est joliment réussi, chaque environnement ayant été reproduit à l’identique dans un style réaliste très soigné.

Cependant, la ligne claire et les aplats de couleurs demeurent sur les planches interactives. L’explication tient dans la structure même du produit composé de trois strates : des phases de recherche d’objets cachés, des phases de mini-jeux et des phases interactives sur des planches de BD. Dans ce dernier cas, il s’agit de faire apparaitre le contenu des bulles en tapotant sur certains éléments dissimulés dans le décor. A l’exception du nécessaire redécoupage des cases, le style de l’original est ici intégralement restitué.

Blake et Mortimer poursuivent leurs investigations sur iPhone et iPad
Il faut trouver et taper sur les voitures noires pour faire apparaitre le texte dans les bulles.
(c) Anuman Interactive

Autre niveau de jouabilité, les huit mini-jeux qui se débloquent à mesure de votre progression. Ils ne réinventent pas la poudre, mais apportent une récréation vidéoludique bienvenue : une illustration découpée et dispersée en neuf cases qu’il faut remettre dans l’ordre, des vagues d’hélicoptères à repousser en tapotant frénétiquement sur l’écran, ou encore un jeu inspiré de la famille des Tetris. Côté challenge, inutile de vous échauffer les connexions neuronales avant les épreuves, ces mini-jeux ont pour principale fonction d’offrir un autre niveau de lecture à l’histoire.

Un mini-jeu dans lequel il faut replacer les cases pour obtenir l’image du radeau
(c) Anuman Interactive

Enfin, last but not least, comme diraient nos héros, les phases de jeu se déroulant dans des décors réalisés en parallaxe. Derrière ce terme érudit se cache une réalité toute simple. Exemple : vous êtes dans le bureau du docteur Markopoulos. L’environnement semble être réalisé en 2D. Pourtant, si vous faites basculer votre iPhone/iPad de droite à gauche, les éléments du décor affichés au premier plan se déplacent comme si vous vous déplaciez de droite à gauche. Ainsi, un objet caché derrière un meuble se révèle à votre regard si vous faites basculer votre téléphone. De même, des éléments placés hors de votre champs de vision sur les côtés de l’écran deviennent alors visibles.

Cette perception 3D d’un décors 2D apporte la profondeur nécessaire pour que la recherche d’objets cachés devienne amusante... et parfois casse-tête ! Notons au passage que ce type de jouabilité existe déjà sur le marché et qu’il est le cœur d’une gamme de titres donc La Malédiction des trente deniers est le 18ème opus (voir HDO-adventure.com pour plus d’infos).

Phase de jeu en parallaxe dans le bureau du docteur Markopoulos
(c) Anuman Interactive

Alors faut-il craquer pour ce Blake & Mortimer sur iPhone et iPad ? Les gamers expérimentés vont certainement lui reprocher sa simplicité et ses deux heures de durée de vie. Mais les joueurs occasionnels et ceux qui cherchent avant tout à ressentir autrement cet album ne regretteront pas les 2.39€ (iPhone) ou les 3.99€ (iPad) investis. Les plus masochistes pourront même rejouer l’aventure en temps limité... Un défi particulièrement corsé !

Seul véritable bémol, la finesse des graphismes rend la recherche d’objets cachés particulièrement traumatique pour les yeux des détenteurs d’iPhone. Surtout lors des phases en parallaxe où l’option zoom est absente !

Racheté par Média-Participations en 2009, l’éditeur français Anuman Interactive réalise ici le premier titre issu du catalogue du géant de l’édition de BD (rappelons que Média-Participations réunit entre autres Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Kana et... Blake & Mortimer !).

Ce premier jeu réussi ouvre la voie à une flopée d’adaptations des plus grosses licences du groupe...

Pour visualiser la bande annonce du jeu :

(par Dominique Molinaro)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Blake et Mortimer - La Malédiction des Trente Deniers

Pour iPhone, 2.39€ : Lien AppStore

Pour iPad, 3.99€ : Lien AppStore

Une version pour PC est disponible en téléchargement depuis le 3 février 2011. Bientôt en version Mac.

Après une petite partie de routine, la version PC de Blake et Mortimer - La Malédiction des Trente Deniers se révèle identique à celle sur iPhone et iPad. Bonne nouvelle, sauf que sur PC cette BD jouable est vendue près de 15 €... Plus de trois fois le prix des versions iPhone et iPad. Une somme trop élevée au regard de la concurrence sur PC. De plus, cette adaptation n’a pas été optimisée pour tous les ordis. Sur ma machine, le graphisme est déformé et un peu flou si j’affiche le jeu en mode plein écran. J’ai dû jouer en mode fenêtré. Dommage...

Lire la chronique de l’album Blake et Mortimer - La Malédiction des Trente Deniers

Lire l’interview du dessinateur du dernier album Blake et Mortimer - La Malédiction des Trente Deniers

Lire aussi une interview de Jean Van Hamme : "Tout rebondissement doit être inattendu et extrêmement plausible !" (Janvier 2011)

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2 Messages :
  • "Taper sur des voitures noires pour faire apparaitre les textes de l’histoire..."
    "Déplacer des carrés pour reconstituer l’image du radeau..." Houla, il n’y a pas à dire, c’est du haut niveau. Certains assez vieux comme moi se souviennent dans les années 80 qu’une société nommée Infogrammes adaptait ainsi par brouettes entières les titres BD en jeux sur ordinateur amiga ou autres : Les Passagers du Vent, les Schtroumpfs et autres Tintin y sont tous passés. Travail réalisé par de sombres tacherons stagiaires pas ou mal payé (et je le sais, j’ai été l’un d’entre eux !) pour un résultat d’une qualité navrante. A l’époque, on présentait ça comme le futur du genre, au même titre que le fameux CDRom ludo-éducatif : le récit interactif, le multimédia, vous vous rendez compte, enfin la BD va réaliser son vrai potentiel. Je constate qu’aujourd’hui, on nous ressert la même sauce : Iphone, Ipad à la rescousse ! Une révolution ! Combien de temps cela va-t-il durer ? Un an ? Deux ans ? L’histoire se répète, et nous n’apprenons rien...
    En plus, les quelques images montrées dans l’article sont bien laides, ou en tout cas bien standardisée !!!

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    • Répondu le 2 février 2011 à  23:00 :

      à l’époque il n’y avait pas de tablette que vous pouviez emmener avec vous pour lire, regarder et jouer n’importe où.
      Ça ne garantie certes pas le succès de ces adaptations ludiques, mais ça change singulièrement la donne.

      Il faudra aussi attendre un certain nombre de publications pour voir apparaitre un "produit" à lire/voir/jouer comme une œuvre qui marquera durablement les esprits.

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