Blutch en finit avec le cinéma

4 octobre 2011 17 commentaires
  • Merveilleux chant d’amour pour le septième art, « {Pour en finir avec le cinéma}» de Blutch est un des albums les plus extraordinaires de l’année. Un authentique vagabondage poétique qui envoûte à bout de souffle.

Depuis ses premières planches (Johnny Staccato dans Waldo’s Bar ou la délicieuse Mademoiselle Sunnymoon), on savait Blutch fondu de cinéma. Les comix Mitchum, variations sous influence hollywoodienne, confirmèrent cette tendance. Depuis, Blutch n’avait plus attaqué le sujet de manière frontale. C’est désormais chose faite avec un album absolument étourdissant : « Pour en finir avec le cinéma ».

À de nombreuse reprises, Blutch a déclaré qu’il ne voulait pas que la bande dessinée soit le parent pauvre du cinéma. Il en fait une démonstration éclatante dans cet album où les images fixes répondent aux images en mouvement. Le dessinateur réussit à transmettre sa fascination pour de grandes figures du cinéma.

Blutch en finit avec le cinéma
Un extrait de "Pour en finir avec le cinéma"
© Blutch - Dargaud

On a beau humblement constater ne pas avoir toutes les clés, cet état des lieux cinéphile n’en reste pas moins fascinant. Blutch imagine une bande dessinée ballet où Paul Newman, Burt Lancaster, Luchino Visconti, Alain Delon, Michel Piccoli, Catherine Deneuve, Sacha Guitry, John Wayne, Jason Robards et tant d’autres se retrouvent dans une danse de chimères autour d’un homme éperdu de pellicule. Privilège du pinceau sur la caméra, « Pour en finir avec le cinéma » s’offre un casting digne de l’Olympe.

Le mot est peut-être galvaudé, mais pas ici : cet album est un authentique chef d’œuvre.

(par Morgan Di Salvia)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Pour en finir avec le cinéma - Par Blutch - Dargaud

Commander ce livre sur Amazon ou à la FNAC

A propos de Blutch, sur ActuaBD :

> Angoulême 2010 : Blutch, un président qui aime les classiques

> Angoulême 2009 : L’Académie couronne Blutch, le Mozart de la bande dessinée

> C’était le Bonheur

> Vitesse Moderne

> La Volupté

EXPOSITION BLUTCH - GALERIE MARTEL
Jusqu’au 29 octobre 2011
Galerie Martel
17, rue Martel
75010 Paris
contact@galeriemartel.frv
14h30-19h du mardi au samedi
www.galeriemartel.com

 
Participez à la discussion
17 Messages :
  • Blutch en finit avec le cinéma
    4 octobre 2011 10:10

    Il se répète beaucoup Blutch, c’est toujours le même sillon qu’il laboure. C’est très joli, il dessine très bien, mais tout ça (avec la bichro) fait très vieillot.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 4 octobre 2011 à  14:26 :

      C’est un truc de jeune "vieux monsieur", je pense.
      Ce n’est pas si mauvais, Blutch. Il a beaucoup été poussé par des flatteurs qui n’ont pas rendu service à son talent. Mais Blutch est, malgré cela, au-dessus du lot des auteurs de bande dessinée "alternative".

      Répondre à ce message

  • Blutch en finit avec le cinéma
    4 octobre 2011 12:01, par la plume occulte

    Il faudra que quelqu’un dise à Blutch que la BD ça se regarde,mais que surtout ,ça se lit.Je crois même ,que surtout ça se lit....

    Mais écrire des histoires, ça fait trop populo:surtout si on veut rafler les prix !

    Et dire qu’il y en a encore pour croire, que le mot auteur veut dire auteur complet....

    Répondre à ce message

    • Répondu par Jean-Jacques Rouger le 4 octobre 2011 à  13:19 :

      Cher plume occulte, quel dommage pour vous que vous n’arriviez pas à lire les histoires de Blutch : vous passez assurément à côté de quelque chose !
      Et puis, tant qu’à faire, prenez votre courage à deux mains et portez-vous même votre message à l’intéressé... qui se fera certainement une joie de vous initier à son univers pas trop populo !!!

      Répondre à ce message

      • Répondu par Oncle Francois le 4 octobre 2011 à  20:51 :

        Si ma mémoire est bonne, ce livre a été pré-publié en feuilleton de l’été dans les pages du Monde. Donc effectivement, il s’adresse principalement à un public de bobos cultivés coté ciné. La plupart des cinéastes et acteurs mis en scène (à part Lama Delon, la jolie CD et le pape Piccoli) sont décédés, même s’ils continuent à faire la joie des cinéphiles amateurs de ciné-club.

        J’ai lu le livre en question. Il est clair que Blutch (pseudo choisi parce que l’auteur adore les Tuniques bleues de Cauvin et Lambil. Et là, il s’agit de grosse cavalerie, sans prétention, mais distrayante. Je suis sûr que l’ami occulte adore !!) est un excellent dessinateur. Maintenant, je ne suis pas sûr d’avoir bien saisi son propos, compris toutes les références (je connais mieux la BD que le cinéma, je vous l’accorde !. Et pourtant il m’a fallu m’y reprendre à plusieurs reprises pour en venir à bout ! J’ai parfois eu l’impression que Blutch nous faisait visiter sa maison, mais sans nous livrer les clefs et les modes d’emploi.

        Répondre à ce message

      • Répondu par lebon le 4 octobre 2011 à  22:14 :

        Blutch ne fait pas des "BDs", il fait des livres.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 5 octobre 2011 à  11:29 :

          On dirait quand même bien une bande dessinée...D’ailleurs, chez mon libraire, c’est rangé à part, avec d’autres bandes dessinées...

          Répondre à ce message

    • Répondu par Morgan Di Salvia le 5 octobre 2011 à  09:30 :

      Vous faites un procès d’intention à Blutch. Ce n’est pas parce qu’il fait des livres ambitieux (et à mon avis particulièrement intelligents), que l’homme n’est attaché à ce que l’on lise son travail. C’est être de mauvaise foi que de dire que "Pour en finir avec le cinéma" n’est pas constitué d’histoires.

      Répondre à ce message

      • Répondu par la plume occulte le 6 octobre 2011 à  21:38 :

        Je ne fais aucun un procès d’intention,à la limite un procès d’incompétence.Blutch n’est pas un scénariste....

        Scénariste qui est un métier en même temps qu’un talent.A lui seul,séparément ,on l’oublie trop...

        Il y a cette notion d’auteur,empruntée au cinéma-comme le terme "nouvelle BD"totalement fallacieux-qui sous-entend artiste complet .Notion dévoyée,comme s’en plaignait déjà Truffaut, qui affirmait -et pour cause-savoir de quoi il parlait.Notion dévoyée ,qui a conduit le cinéma français à l’incurie qui est la sienne aujourd’hui..Un bel exemple.

        Mais Blutch est loin d’être le seul,et tout ça n’est pas nouveaux. Les exemples à citer sont nombreux.

        Les biais caches misères pour justifier-et masquer- tout ça sont connus.Les qualificatifs "ambitieux"(et les autres ils font quoi !)et intelligent en font partis.On parle aussi d’univers.Mais je doit être de mauvaise foi....

        Plus bas il est écrit" bouquin hors normes",alors qu’il est tellement sur les rails...Comme la valse médiatique,la diligence critique et la ronde des prix.Mais tout ça était écrit avant que le premier trait ne soit tracé sur la première planche....

        Répondre à ce message

        • Répondu le 7 octobre 2011 à  18:28 :

          Vous êtes extraordinaire. Vous enfilez les lieux communs, les phrases toutes faites, les clichés de la misère intellectuelle contente de l’être. Vous croyez avoir un avis, vous n’assénez que le vide. Vous ne vous appuyez sur rien, vous êtes incapable d’étayer le moindre de vos clichés minables par le plus petit début d’argument. Je ne comprends même pas comment vous pouvez arriver à déblatérer ainsi sur un auteur que - au vu de l’éléphantesque a priori - vous n’avez pas dû lire (c’est tellement mauvais, pourquoi le lire ?) sans mourir de honte. Il manque à votre diarrhée quelques mots, cependant, et là, vous m’avez déçu... Où sont passés "bobo", "parisien", "une histoire ç’a un début et une fin", "où est le héros", et quelques auters... Mais en fait, je vous envie, vous devez vous coucher le soir avec tant de certitudes et de satisfaction de vous-même, cela doit être bon... Bonne route sur vos rails à vous, qui vous emmèneront, à n’en pas douter, très, très loin...

          Répondre à ce message

  • Blutch en finit avec le cinéma
    4 octobre 2011 20:54, par Sergio SALMA

    Dernièrement de Crécy, là Blutch. Des auteurs immenses , des bouquins hors normes et un si court texte pour en parler ! Plein d’autres choses souvent sont présentées avec une belle interview . On aimerait bien que ces gens parlent plus de leurs livres pour savoir comment ils voient la bande dessinée, ce qui les inspire, les amuse, les effraie. Même si en partie ils répondent à ces questions à l’intérieur-même de leurs oeuvres...

    Répondre à ce message

    • Répondu le 4 octobre 2011 à  23:56 :

      Aucun intérêt les commentaires d’un artiste sur son oeuvre, c’est d’ailleurs souvent le plus mal placé pour en parler, surtout à chaud. Les bons bouquins se suffisent à eux-mêmes, le commentaire de "l’artiste" sur son oeuvre c’est un truc "d’artiste contemporain" incapable de faire une oeuvre viable et qui doit la survendre comme un marchand de voitures d’occasion.

      Répondre à ce message

      • Répondu par Sergio SALMA le 5 octobre 2011 à  08:16 :

        Oui vous avez raison ; ce qui est intéressant ce sont les réactions et réflexions des lecteurs ou mieux, des lecteurs de sites spécialisés BD surtout ceux qui sont pas de bonne humeur. Là, on sent l’urgence, la vibration et surtout l’intelligence . C’est ça qui est bien, c’est que des gens supposés n’être que des lecteurs distraits ou passionnés s’engouffrent dans la brèche d’internet pour enfin exister. Bien entendu qu’un grand prix d’Angoulême n’a rien d’intéressant à dire sur le monde, ni de sa perception ni de son évolution. Le lecteur lui, qui donc est omnipotent puisqu’il a le pouvoir d’acheter ou pas le travail de l’artiste , a certainement un point de vue beaucoup plus pointu . Il pense d’ailleurs que l’interview est un exercice promotionnel vu qu’il a été élevé à coups d’émissions télévisuelles bas-de-gamme (qu’il a regardées dédaigneux en traitant tout le monde avec mépris). Bon. Le truc que je me demande c’est "mais pourquoi des gens qui s’intéressent si peu à toute cette agitation autour d’un média perdent-ils leur temps sur un site spécialisé ? Si c’est pas pour s’informer des nouveautés, ils vont fouiller dans les commentaires des commentaires juste pour asséner leur vérité totalement dénuée de générosité. Avec les jolis guillemets pour encore donner des petits coups dans le foie. Mais bon sang inscrivez-vous à un club, faites du sport, je sais pas moi. Puis surtout, cool mon vieux, on n’a pas besoin de votre infecte humeur ; on est entre gens qui aiment l’ambiance de ce travail, cet art, ce commerce, ces activités et on n’a pas forcément envie de sentir à quel point le monde peut être crapuleux et triste. Vous comparez l’intervention des gens passionnés à des speechs de marchands de bagnoles ; L’art contemporain, cher machin, c’est pas pour vous.On va tranquillement attendre que vous soyez mort, le temps passera et puis cet art qui fut contemporain( théâtre, BD, cinéma, peinture) deviendra l’art pas contemporain et vous aurez juste raté le plaisir de voir tout ça en mouvement. C’est très dommage. Vous êtes comme le gamin de 12 ou 13 ans qui dit non à l’école et qui va pédaler toute le reste de sa vie pour rattraper son retard, il aura soif d’apprendre . Je suggère à l’équipe d’actua BD de prendre contact avec vous pour faire une interview. Vous semblez avoir quelque chose en travers de la gorge. Blutch ou de Crécy n’ont certainement rien d’intéressant à raconter mais vous il me semble que vous brûlez de crier certaines vérités, que votre opinion serait la bienvenue dans le chaos du monde. On vous remercie d’avance pour votre clairvoyance.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 5 octobre 2011 à  11:34 :

          oh oui, super idée, on pourrait créer le club d’Oncle François, en hommage à qui vous savez, qui permettrait à chacun de venir crier ses petites vérités, dans tous les sens et de toutes les couleurs !

          Répondre à ce message

        • Répondu par mike donovan le 5 octobre 2011 à  12:01 :

          humm... la question de la dictature du langage dans le champ de la perception, perception première à toute forme de codification mentale avant même la description des mots qu’on oublie n’être qu’une description, reste une question toujours pertinente, surtout quand on a le souci du libre arbitre, et la volonté de résister à la domestication mentale imposée depuis petit, et qu’on a l’amour du corps comme réceptacle de compréhension, alors que toute notre éducation nous oblige à ne vivre que dans la tête et dans le mental. La question a du sens je trouve.

          Après, on peut aussi de détendre, en parler entre gens de bonnes compagnie, sans dogmes, juste pour le plaisir du partage.

          Et puis Monsieur Salma ne leur demande pas de parler de leur travail absolument, mais bien de la bd en générale ou de l’art en général. Et là , oui, ça peut être très précieux.

          Qui n’aurait pas aimé entendre Hergé parler de sa passion pour l’art contemporain ?

          Répondre à ce message

        • Répondu par lebon le 5 octobre 2011 à  12:43 :

          J’irai dire à Blutch tout le bien que je pense de son dernier livre lors de sa dédicace à BXL et, ho ! comble du bonheur.... cela restera entre nous.
          PS : J’emploie à dessein le terme de livre pour éviter de vulgariser le travail de certain qui patauge -malgré eux- dans ce marigot de la BD. C’est Tardi, il y a 20 ans, qui proposait d’abandonner le terme impropre d’album pour celui de livre de bande dessinée.

          Répondre à ce message

        • Répondu par Murno le 5 octobre 2011 à  18:26 :

          Totalement d’accord avec vous Monsieur Salma. J’adore qu’un artiste parle de son œuvre, la dissèque et du coup lui donne une tournure qui m’a peut-être échappé. Moebius est toujours passionnant en ITW et les entretiens Truffaut/Hitchcock où les nombreuses ITW de Stanley Kubrick ont une bonne place dans ma bibliothèque. Pour moi qui écrit et dessine, c’est toujours riche d’enseignement. Après, les commentaires à l’emporte-pièce sur le net sont certainement le reflet du époque où le consommateur a pris le pas sur le lecteur.

          Répondre à ce message