Bo Doï n°88 - Août / Septembre 2005

5 août 2005 0 commentaire
  • C'est une bonne idée : faire rencontrer un géant comme Uderzo avec un des scénaristes de la nouvelle génération les plus en vue. {{Christophe Arleston}}, que d'aucun comparent à René Goscinny interviewe le créateur graphique d'{Astérix}.

Une rencontre aussi étonnante que détonante. Arleston se sert de son expérience personnelle pour interroger Albert Uderzo. On sent que le dessinateur est parfois empreint d’une certaine émotion, surtout lorsqu’il parle de son ami Goscinny, et se montre capable de donner le coup de griffe à d’autres moments. Le dessinateur livre également son opinion sur le phénomène des dédicaces : « On demande toujours aux dessinateurs de faire un petit dessin. C’est incroyable. On ne demande pas à un plombier de nous faire une soudure lorsque l’on en croise un ! ». Uderzo semble oublier que son métier consiste avant tout à fournir du rêve à ses lecteurs, ce qui n’est pas exactement le cas du plombier, et il est explicable qu’une partie de ses admirateurs veuille parfois prolonger ce rêve, le particulariser, par une dédicace ou par une collection d’objets autour d’Astérix. En outre, les collectionneurs ont une fonction de protection du patrimoine créatif qui n’est pas négligeable. [1]

En revanche, Uderzo ne pipe mot au sujet du nouvel album d’Astérix prévu la rentrée, marketing oblige ! Les cerbères des Editions Albert-René semblent plus redoutables qu’Obélix face à une armée de romains !

Dans le même numéro, Fabien Tillion rencontre René Follet. Ce dessinateur injustement méconnu du grand public illustre une histoire de l’aventurière Jéromine Pasteur. L’homme qui a œuvré dans l’ombre de certains grands (Mitacq, Vance) se raconte au travers une interview qui a un goût de trop peu. Dommage.

Le trop rare André Geerts se livre aussi dans une interview de Sophie Flamand. Il donne sa vision de l’enfance et confie que Gros Louis lui a été inspiré par un dessinateur célèbre, connu pour ses talents de charmeur.

Plus loin, Sfar nous parle du Chat du Rabbin et des Juifs. L’auteur donne sa vision de la situation au Proche-Orient : « J’aimerais que tout le monde se foute du problème juif. Dans un pays où les Juifs n’ont jamais été opprimés, tel l’Inde et la Chine où ils ont émigrés en masse à certaines périodes, le problème ne se pose pas. Mettez un Juif dans un pays et évitez de l’emmerder, il arrête sa religion au bout d’un siècle et devient comme tout le monde ». Les faits lui donnent raison.

Tardi rend hommage à son ami Manchette au travers d’une interview de Damien Perez. Ce dernier a également interviewé le fils de l’écrivain, connu sous le pseudo transparent de Doug Headline, qui mentionne que le réalisateur et producteur de cinéma John Woo s’intéresserait à adapter certains titres du romancier.

Ce numéro de Bo-Doï regorge de scoops aux côtés de ses habituelles critiques d’album. Au rayon des prépublications, signalons Carmen Mc Calum #07, Skydoll #03, Tramp #07, Quintett #01.

(par Nicolas Anspach)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Ce magazine peut être commandé sur Internet sur le site Presse de France.

[1Bien entendu, le phénomène de la spéculation, de la revente et/ou "d’accumulation" de dédicaces offertes par les auteurs peut prendre parfois un tour pathologique, voire honteux, mais ce sont de rares excès.

  Un commentaire ?