BoDoï : après le départ de Frédéric Vidal, la confusion règne

13 mars 2007 18 commentaires
  • Avant le Festival d’Angoulême, nous avions appris que Frédéric Vidal et Jean-Pierre Fuéri étaient sur le départ chez BoDoï. Le titre, expert en polémiques diverses en dépit d’une excellente tenue journalistique, avait fêté il y a quelques mois son centième numéro, une longévité exceptionnelle pour un mensuel d’informations sur la bande dessinée dont on sait que la rentabilité était difficile.

Cette résistance, ils la devaient notamment à son actionnaire Bruno Bonnell, par ailleurs le patron de l’éditeur de jeux vidéo Infogrames/Atari, grand passionné de BD. Sous son aile, l’équipe de BoDoï animée par Frédéric Vidal et l’ancien rédacteur en chef de France-Soir à la retraite Jean-Pierre Fuéri avait réussi à s’imposer dans le microcosme de la BD française, surtout il est vrai par une absence de réelle concurrence.

Or, précisément, ces dernières années, avec Bandes Dessinées Magazine, Bédéka, tous les deux défunts, et récemment Suprême Dimension ou encore dBD, mais sans doute aussi, à cause de l’Internet (merci ActuaBD.com), l’équation était devenue de plus en plus compliquée.

De départs en restructurations, ce sont aujourd’hui les deux derniers piliers de BoDoï qui s’en vont, laissant une rédaction livrée à elle-même actuellement dirigée par Allison Reber qui en est la « responsable ». Le directeur de la publication est un certain Jean-Pierre Bonnell, un parent de Bruno, et toutes nos tentatives pour obtenir des explications sur ce départ un peu abrupt des forces vives du journal et sur l’avenir que les actionnaires lui réservent sont pour l’instant restées lettre morte, en dépit des nombreux messages laissés à l’assistante de Bruno Bonnell. Nous avons ce jour demandé formellement une interview de M. Jean-Pierre Bonnell sur ces questions. On attend.

=====================================================

A la suite de la publication de notre article, nous avons reçu un appel de M. Bruno Bonnell, l’actionnaire de BoDoï. Il remercie Frédéric Vidal pour le travail qu’il a fait tout au long de ces années. Son départ correspond à la nécessité de redonner "un nouveau souffle à BoDoï", qui continuera de paraître avec l’équipe rédactionnelle qui est actuellement en place et qui mène dans le même temps une réflexion sur une nouvelle formule qui devrait être mise en place "après l’été".

M. Bonnell nous accordera une interview d’ici à quelques semaines.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon, Frédéric Vidal, ancien rédacteur-en-chef de BoDoï. Photo : D. Pasamonik.

 
Participez à la discussion
18 Messages :
  • Mince ! Ce mag était le seul a avoir une valeur ajoutée par rapport à tous ceux qui ont du cesser de paraitre, justement grâce à leurs polémiques mais aussi dossiers intéressants comme celui des scénaristes vus par leurs femmes, les tribulations entre Arleston et JCMenu ou des interviews orginales comme celle de Maurice Rosy où j’ai vraiment appris quelque chose ! Et j’en passe et des nettement meilleures ! Sic transit gloria mundi...

    Répondre à ce message

    • Répondu par jean-yves le 16 mars 2007 à  12:49 :

      aie , ces départs pourraient qd meme sentir un peu le sapin, essentiellement du fait qu’il n’y ai pas ( pour le moment ) d’explications : c’est rarement bon signe ( et pourquoi changer une équipe qui gagne ? )

      traiter bo-doi de ringuard...comprend pas trop , si ce n’est que les personnes pensant cela doivent avoir l’esprit étriqué et ne pas s’interesser a la BD en générale mais juste a un certain type de BD : QUE du manga ou QUE de l’underground etc . Et pourquoi pas d’ailleurs ? il y a des lors des magazines specialisés dans ces créneaux.
      Meme si la franco-belge tient le haut du pavé dans bo-doi , ils traitent de toutes les bd pour autant et meme s’il y a polémique parfois ( et heureusement , rien de plus ennuyeux que le politiquement correct !) , l’ensemble des articles sont de tres bonne tenue

      perso meme si je prefere la franco-belge , je suis fan de comics , je lis des mangas et certains auteurs " hors style " ( je simplifie )- qui devient de fait un style a part entiere :))

      moi non plus je n’aime pas la partie bd en 3 partie , et prefererais juste 2/3 pages pour mettre en bouche et le reste en articles mais je suppose aussi que depuis le temps que cette formule est en place , cela correspond a un souhait d’une majorité de lecteur . De plus voila que DBD s’y met , hélas ....

      reste que encore une fois c’est internet surtout qui change la donne : meme si perso je prefere avoir du papier entre les mains , je pense que la solution d’avenir c’est un mélange des 2

      Répondre à ce message

      • Répondu par AlainLePoulpe le 17 mars 2007 à  01:19 :

        De toute façon le meilleur mag jamais fait sur la bédé a disparu depuis bien longtemps : il s’agissait de "Bedeka"...
        il me manque, lui...
        Bo Doï je l’ai acheté une ou deux fois et ... bof bof bof ! Pardon mais c’est vraiment bas de gamme ! et je suis d’accord avec ceux qui n’aiment pas les 10 pages de bédés à "découvrir"... 9 fois sur 10 je me contre-fiche de ces planches !
        Pour en revenir au coté "polémique", je trouve ça insipide. C’est de la presse bédé-people... Bedeka offrait 1/2 page à une cinquantaine d’albums par mois, de la franco-belge au comics, en passant par les mangas, l’"underground"... c’ètait très éclectique et gràce à eux j’ai découvert un paquet de bonnes séries comme Rosco le Rouge JL Marco), Lincoln (Jouvray family)...

        Répondre à ce message

        • Répondu le 19 mars 2007 à  12:42 :

          "Rosco le rouge" et "Lincoln" n’ont rien d’underground !

          Répondre à ce message

          • Répondu par Vive la BD !!!!!!!!!! le 20 mars 2007 à  14:49 :

            Bodoi a le mérite d’exister et d’essayer de traiter le maximum de styles différents.Nul n’est parfait et j’y trouve un certain "esprit de famille". Ringard en quoi ? Moi pas comprendre. Un peu d’huile sur le feu de temps en temps n’a jamais fait de mal et la polémique appelle à la discussion. Parler des démélées du festival d’angoulême ou du business de la ’Tintin connection’ je trouve pas ça génant. Si les autres mensuels sur la BD ne sont plus peut être qu’ils n’avaient pas su trouver un public suffisant et y’a peut être une bonne raison.... Maintenant comparer Bodoi à DBD c’est aussi comparer un mensuel à un trimestriel plus luxueux (voir le tarif ...). Pourquoi jeter le bébé avec l’eau du bain, vous aurez l’air malin quand il n’y aura plus ce type de canard..... Bon courage Bodoi.
            Et pour les grincheux , j’ai le n° 1 NA.... fallait l’acheter au début !!!!!

            Répondre à ce message

          • Répondu par AlainLePoulpe le 22 mars 2007 à  11:24 :

            Rosco et Lincoln n’ont rien d’underground c’est vrai mais sont d’excellentes séries dont on parle peu. Un mag comme Bo Doi se concentrera plus sur la dernière série "publicitée" chez Delcourt ou Dargaud, Bo Doi mettra en avant les 3 ou 4 ****** mensuelles de chez Soleil plutôt que des séries comme celle-ci. Bo Doi se concentre sur le facile, l’attrape-populasse. Ce mag est à Bédéka ce que TF1 est à Arte. Ceci dit il en faut pour tout les gôuts ?... mouhais...

            Répondre à ce message

  • Oui, c’est vraiment dommage. Je viens de recevoir la lettre de réabonnement, et, pour la première fois, je vais hésiter....

    Alexandre, qui a tous les numéros (sauf le 1, grrr)

    Répondre à ce message

    • Répondu par Ben le 13 mars 2007 à  22:36 :

      Tous depuis le n°1 (et sans être abonné) sauf le HS de l’été que je n’ai pas reussi à trouver en Belgique.
      J’spère que Bo Doi¨ne se soleillerisera pas encore plus !

      Répondre à ce message

    • Répondu par Philippe le 16 mars 2007 à  10:16 :

      Effectivement, moi aussi j’ai hésité pour me ré-abonner mais pas à cause de ces rumeurs et autres nouvelles, mais plutot parce que j’ai l’impression de recevoir un magazine dont la moitié des 100 pages est composée de BD que je n’ai pas envie forcément de lire, je parle des 3 BD en "pré-parution" , perso une BD je l’achete en vrai chez mon libraire BD , j’en ai un peu marre qu’on me mette la totalité de 3 BD sur 3 numeros, pourquoi ne pas mettre que 3 ou 4 planches, et cela donnerait envie d’acheter la BD, donc plus de ventes et plus de place dans Bodoi pour d’autres choses , 100 pages pour des articles, dossiers, interviews, dossiers, festivals etc etc c’est quand même pas courant....

      Répondre à ce message

  • Mais en quoi est-ce la confusion ? Le dernier numéro est paru à temps je crois. Le prochain est-il menacé ?

    Répondre à ce message

    • Répondu par BoDoï le 14 mars 2007 à  12:02 :

      Pas d’inquiétudes, le prochain numéro de BoDoï est en route. Il atterrira chez tous les bons marchands de journaux la semaine prochaine. Et bien d’autres le suivront !
      Pour avoir un aperçu du contenu de ce numéro d’avril, filez lire le sommaire sur www.bodoi.info

      La rédaction de BoDoï

      Répondre à ce message

  • Bo Doï peut s’arrêter, on sera nombreux à ne pas le regretter, ainsi que sa vision ringarde et démagogique de la bande dessinée. Bye bye !

    Répondre à ce message

    • Répondu par Antonio le 15 mars 2007 à  08:38 :

      Pourquoi la confusion régnerait-elle chez "BoDoï" ? Cet article me semble un peu alarmiste, sans apporter aucun fait relevant. Si le journal continue de paraître et ses actionnaires ne parlent pas de s’en défaire, il ne reste qu’à attendre les prochains numéros pour voir si la ligne éditoriale change, etc. C’est vrai que "BoDoï" a un côté ringard assez navrant, mais pour le reste, on ne peut nier qu’ils ont fait un bon boulot tout ce temps.

      Répondre à ce message

    • Répondu par LO le 15 mars 2007 à  10:36 :

      "Bo Doï peut s’arrêter, on sera nombreux à ne pas le regretter, ainsi que sa vision ringarde et démagogique de la bande dessinée. Bye bye !" Si je comprends bien vous en êtes carrément à souhaiter sa disparition. Bravo, bel esprit. Les ringards et les aigris ne sont pas forcément ceux que l’on croit.

      Répondre à ce message

    • Répondu par BD75Paris le 15 mars 2007 à  22:31 :

      "Bo Doï peut s’arrêter, on sera nombreux à ne pas le regretter, ainsi que sa vision ringarde et démagogique de la bande dessinée. Bye bye ! "

      Désolé, il y a en ce moment trés peu de journaux de BD en kiosques, donc la disparition de BoDoï si elle se confirmait confirmerait l’absence de marché pour ce genre de titre.

      La formule actuelle de BoDoï est loin d’étre parfaite (il serait peut etre temps de revenir sur le tronconnage d’un album en trois parties...). Quant au redactionnel, il méritait le détour (au moins les interviews et les dossiers).

      Répondre à ce message

      • Répondu par philippe le 19 mars 2007 à  18:15 :

        Reste en tout cas dBD qui réussit à trouver son lectorat...

        Répondre à ce message

    • Répondu par Philippe GRAS le 20 mars 2007 à  13:47 :

      Pourquoi vouloir la mort de Bo Doï ? Faut-il être à ce point étroit d’esprit alors qu’il est plus simple de ne pas l’acheter, la vente n’est pas forcée. Armateur est sans doute un dictateur refoulé. Bo Doï, qui n’est pas parfait, est sans doute le magazine le plus éclectique depuis de nombreuses années. Il allie les articles légers, les articles de fond, les news et quelques pré-publications. Je ne pense pas qu’extraire quelques planches soit plus vendeur, au contraire (cf VECU). BEDEKA était si bien ? Il s’est arrêté, la réponse est là. DBD est une alternative aux détracteurs de Bo Doï, personnellement j’aime les deux et j’en possède tous les numéros. La disparition de Bo Doï me procurerait un vide. Félicitations à la rédaction de ce magazine et merci à Bruno Bonell de permettre l’existence de ce support. RDV tous les mois et plus pour les HS (très variés et très agréables).

      Répondre à ce message

  • Depuis le n°1, Bodoï m’a fait découvrir et mieux comprendre des artistes, leur travail, leur art...
    Il m’a fait découvrir des séries que j’avais zappées, des albums et des auteurs, d’autres styles de BD, d’autres horizons et cultures (manga et Cie)... Il m’a aussi évité, par ses articles et ses prépub., de regretter certains achats.
    Longue vie à Bodoï et aux autres

    Répondre à ce message