Bob et Bobette se séparent de leur dessinateur

7 mars 2005 3 commentaires
  • En Belgique, et principalement dans la partie néerlandophone du pays, les aventures de {Bob et Bobette} passionnent des milliers de lecteurs. Chaque année, en effet, 5 millions de Bob & Bobette sont vendus, dont 250.000 en Belgique francophone.

Cette série fut créée en 1945 par Willy Vandersteen. Hergé lui-même dut accueillir ces personnages pour quelques épisodes dans le journal Tintin (il les évinça ensuite, dit-on, parce qu’il avait pris ombrage de leur succès). Vandersteen, aidé par un très efficace studio, animera cette série jusqu’à son décès en 1990 et son assistant Paul Geerts prendra en main la destinée de ces deux héros avant de passer le relais à son propre assistant, Marc Verhaegen, il y a une dizaine d’années.

Comme Paul Geerts, ce dernier a su apporter à la série un ancrage assez marqué vers des préoccupations plus citoyennes telles que les problèmes de pollution, de racisme, de tolérance. Il travaillait actuellement sur un épisode dans lequel Bobette aurait été déportée par un régime totalitaire. Marc Verhaegen s’est inspiré de l’histoire vraie d’une petite fille juive de Kalmthout (la ville où se situe le Musée Vandersteen), déportée durant la seconde guerre mondiale. Une biographie de Willy Vandersteen qui vient de paraître en néerlandais affirme qu’il aurait existé des liens entre ce dernier et d’anciens combattants flamands du front de l’Est engagés dans la lutte contre les Communistes.

Coïncidence troublante, Marc Verhaegen s’est fait licencier cette semaine car il serait, a-t-il été dit, incapable de s’intégrer convenablement à l’équipe en place. Le dessinateur estime avoir été licencié abusivement et est prêt à aller en justice si le studio ne veut pas arranger les choses à l’amiable. Il faut dire que depuis quelques années, le "système Vandersteen" s’essouffle quelque peu (la liste des albums parus dépasse allègrement les 200 titres) et pas seulement pour des raisons créatives : le groupe Standaard a été ces dix dernières années en complète restructuration. Cet épisode en est une nouvelle péripétie.

Du côté des héritiers de Vandersteen, on jure qu’il n’y a aucun lien entre cet événement et le thème de l’album proposé par Verhaegen. On peut quand même se poser des questions.

(par Erik Kempinaire)

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Source : la Dernière Heure.
Photo : (c) DR.

 
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3 Messages :
  • Ma remarque n’est peut-être pas directement liée à la question mais un élément m’a interpellé au cours de mes lectures. J’achète régulièrement les nouvelles aventures de bob et bobette en flamand, ce sont des volumes qui réunissent deux ou trois nouveaux albums en même temps.
    Dans le dernierque j’ai eu l’occasion de parcourir, j’ai eu l’impression que l’oeuvre était détournée pour glorifier la Flandre. A toute les pages on y louait la Flandre, son passé, ses figures célèbres, des vive la Flandre apparaissaient sur toute la page, jusqu’à l’indigestion.
    Sans entrer dans des considérations communautaires, j’ai trouvé ça très ridicule et dénaturé par rapport aux anciens albums.
    Je pense que c’était dans l’avanture "Krimson-crisis"

    Voir en ligne : http://suskeenwiske.library.uu.nl/w...

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    • Répondu par raycat le 27 octobre 2005 à  00:12 :

      N’oublions quand même pas que B & B sont le fleuron de la BD néerlandophone....Il est donc normal de trouver des allusions très typées ’Flandre’ sans devoir y chercher du nationalisme séparatiste...

      Quoique la remarque soit justifiée, je trouve que l’on s’éloigne de plus en plus de l’oeuvre originale du Maitre et de son disciple Geerts...

      Mais reprochera t-on a Walthéry d’être trop Wallon ? Pourtant on retrouve plein d’allusion dans ses séries...

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      • Répondu le 13 décembre 2005 à  11:26 :

        C’est une question de contexte. Walthéry affirme effectivement son identité wallonne, mais ça passe, à juste titre, pour une gentille célébration du terroir.

        Contrairement à la Wallonie, la Flandre connait d’importants mouvements nationalistes et xénophobes. Dans un tel contexte, cette représentation à outrance des "valeurs flamandes" prend une toute autre dimension.

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