Bodoï, le renouveau de la presse BD ?

21 octobre 1997 0 commentaire
  • Mea Culpa. Alors que nous émettions des doutes, dans notre dernier numéro, sur la réelle indépendance de "Bo Doï", qui se vantait d'être le premier magazine indépendant du marché, il faut reconnaître, à la lecture du premier numéro enfin arrivé entre nos mains, que ce nouveau canard:
    1°) a de la gueule
    2°) a un véritable ton.

Bodoï, le renouveau de la presse BD ?En puisant ce qu’il considère comme étant le meilleur dans la production des éditeurs (Humanos, Lombard, Delcourt, Dupuis) tout en n’ayant pas à se coltiner un catalogue coûteux d’albums, Bo Doï inaugure une voie originale de la presse, qui a le double avantage de le satisfaire (il s’offre à prix raisonnable des auteurs de qualité) et d’offrir un support de prépublication à des éditeurs qui ont de plus en plus de mal à faire connaître leurs productions vu la raréfaction de la presse.

On trouve ainsi Rosinski, Van Hamme, Ségur, Szalewa, Jodorowsky, Janjetov, Wendling, Yann... que du gratin. Entouré de rubriques 100% tournées vers les amateurs de bande dessinée : la collectionnite aigüe des figurines Pixi, des critiques impertinentes, des news, une interview de Van Hamme, des infos sur les BD alternatives, etc.

Par contre, la rédaction ne brille pas par son sens de la communication. Comme le montre l’interview du rédacteur en chef que voici.

Univers BD : L’état du marché de la presse BD est plutôt catastrophique, suite à la disparition à la fin des années 80 de la plupart des grandes revues. Qu’est-ce qui vous a poussé à tenter malgré tout l’aventure ? Quelles expériences tirez-vous de l’échec de feux vos concurrents ?

Bo Doï : Sans commentaire.

U.B. : La tendance de consommation de bandes dessinées en Europe est désormais totalement axée vers les albums, qui offrent le plus souvent un récit qui se termine. Comment comptez-vous imposer un magazine où les récits sont découpés en tranches, imposant au lecteur une attente de plusieurs mois ?

B.D. : Euh...

U.B. : Comment comptez-vous vous démarquer de vos concurrents ?

B.D. : ???

U.B. : Vous ne publiez que du matériel prestigieux d’autres éditeurs. A une époque où il est devenu tellement difficile pour un jeune auteur d’être prépublié, pourquoi accordez-vous si peu de place à une création originale ?

B.D. : Pas de commentaire.

U.B. : Je souhaite quelques infos sur vous. Qui êtes-vous et quel est votre passé en matière d’édition et de BD ?

B.D. : Rédacteur en chef de Bo-Doï.

U.B. : Merci, Monsieur le dédacteur en chef, pour ces réponses qui témoignent de votre profond respect du lecteur.

B.D. : Uh ?

(par Patrick Albray)

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