Bonbons atomiques - Par Anthony Pastor - Actes Sud/L’AN 2

18 mars 2014 1 commentaire
  • L'héroïne attachante et un peu larguée de Castilla Drive devient le pivot d'une série. Une nouvelle enquête qui, comme toujours avec Pastor, débouche sur une série de portraits marquants et des instantanés d'Amérique d'une belle singularité.

Sally, abandonnée par son mari détective, continue à tenter de prendre sa suite. Les clients sont rares, mais son compagnon Osvaldo reste le plus prévenant des chevaliers servants. Si les enfants de Sally ne semblent pas toujours bien dans leur peau, le quotidien n’a rien d’insupportable. Et quand une cliente recourt aux services de notre détective pour la plus banale des affaires (suspicion d’adultère), Sally n’hésite pas.

Il lui faudra tout de même un certain temps avant de mettre à jour les liens qui relient certaines figures importantes de la ville. À commencer par le mari suspect, dirigeant d’une centrale nucléaire. S’ajoutent son fils, sa secrétaire, et bien d’autres encore. Sans compter les rejetons du shérif obsédés par l’argent facile et les enfreintes à la loi. Bonbons atomiques - Par Anthony Pastor - Actes Sud/L'AN 2

Anthony Pastor, après le convaincant Castilla Drive, lance la rousse enquêtrice comme héroïne de série. C’est donc avec le sous-titre "une enquête de Sally Salinger" que paraît Bonbons atomiques, chaque volume révélant une nouvelle intrigue. Le petit monde de l’album précédent revient donc sous la plume de l’auteur, chacun reprenant sa partition douce-amère. L’ambiguïté psychologique du grand patron, à la fois brouillé avec son fils et fasciné par sa secrétaire, offre un personnage brut de polar, avec une part d’ombre qui grandit au fur et à mesure.

Si Pastor a tendance à trop délayer les scènes d’ambiance, ou les intermèdes sentimentaux (charmants tremblements romantiques du poète Osvaldo), le final rattrape ces faiblesses par une tension grandissante, dans des pages aux couleurs étonnantes. L’Amérique de Pastor rejoint alors nombre d’œuvres mémorables, en BD et au-delà (cinéma et littérature), tout en déclinant les misères d’un petit monde cafardeux rincé par des vagues de bienveillance humaniste.

(par David TAUGIS)

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1 Message :
  • Si Pastor a tendance à trop délayer les scènes d’ambiance, ou les intermèdes sentimentaux(...)

    Au contraire, c’est à mon sens ce qui fait l’originalité et la force des polars d’A. Pastor : prendre le temps d’une pagination large, d’installer l’ambiance du lieu, la vie "à côté" de l’intrigue, les temps morts... Le polar a souvent besoin de ces "lourdeurs"...

    Ce que la littérature fait très bien, le cinéma parfois, mais que la bande dessinée, avec ses formats courts, peine habituellement à réaliser, donnant - malgré des efforts graphiques pour installer des ambiances - des polars au final très vifs, très ramassés, dont la tension est tuée en quelques minutes de lecture laissant toujours un goût de trop peu.

    Ca peut être une force, cette dynamique, mais pas toujours. C’est le grand défaut d’une série comme Blacksad par exemple.

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