Bouts d’Ficelles - Par Olivier Pont - Dargaud

26 octobre 2018 0 commentaire
  • Le co-auteur d' "Où le regard ne porte pas..." renoue avec la poésie enchantée via cette étonnante épopée urbaine : aussi drôle qu'envoûtant !

Dans le métro, Thibault, jeune homme anonyme et timide, croise le regard d’une jeune femme. O miracle, elle lui renvoie son sourire ! Pris d’une folle impulsion, Thibault veut tenter sa chance. Mais voilà que la troublante blonde descend à son arrêt. Pris dans la bousculade, Thibault trébuche et bouscule une autre femme, Judith, qui voulait rentrer dans la rame. Patatras, les courses de cette dame s’étalent sur le sol, alors que la mystérieuse blonde échappe au regard de Thibault.

Confus d’avoir bousculé Judith, Thibault fait amende honorable en l’aidant à les porter jusqu’à sa destination. Il faut dire que c’est lourd, la litière pour chats ! Et Judith, vrai moulin à paroles, de lui expliquer qu’elle rend service à une vieille femme qui possède trois étranges chats, une amie de feu sa grand-mère, et patati, et patata...

Bouts d'Ficelles - Par Olivier Pont - Dargaud

Mais arrivé chez la nonagénaire, Judith repart sur un coup de tête, laissant Thibault en plan. Et comble de malchance, voilà que la vieille femme fait une attaque et décède dans les bras de Thibault. Ce dernier appelle les secours, mais peine à expliquer à la police les raisons de sa présence dans cet appartement. Menotté sur la banquette arrière du véhicule d’intervention, Thibault se dit sans doute que sa soirée ne pourrait pas empirer... Il se trompe lourdement !

Difficile de pitcher cet album, car nous voulons vous partager ce coup de cœur sans dévoiler la mariée. Admettons déjà que nous n’avions pas été emballé par le titre, ni la couverture. Pourtant, dès les premières pages, il a été impossible de décrocher de l’album, et surtout pas d’interrompre sa lecture !

Tout d’abord, parce que le dessin d’[Olivier Pont-<art1884] est rond, dynamique et entraînant. Puis parce que son intrigue nous entraîne dans une course folle au cœur de Paris. Dans les yeux du timide Thibault, on subit cette sarabande d’événements, tout d’abord en tentant de saisir le fil du récit. Puis finalement on s’abandonne au gré des improbables et décoiffantes rencontres au cours de cette nuit de folie, faisant confiance à son auteur. Un auteur d’ailleurs que beaucoup de lecteurs connaissent pour son diptyque Où le regard ne porte pas, réalisé avec son co-scénariste Georges Abolin.

Si les thématiques de Bouts d’Ficelles sont très éloignées de cette précédente histoire, la magie opère de la même manière, emmenant le lecteur vers des terrains qu’il n’imaginait pas. Une part de cette réussite incombe également aux superbes couleurs de Laurence Croix, qui souligne astucieusement les changements de séquence de Bouts d’Ficelles .

Au fur et à mesure du récit, l’histoire s’emballe, multipliant les moments de rire et d’émotions. Si le lecteur ne perçoit pas de lui-même la clé de l’album, il va alors alors la découvrir en même temps que son personnage principal. Puis, l’auteur lui-même donne un mot d’explication dans une courte postface, non sans remercier son éditeur de lui avoir fait confiance pour cette folle aventure. Remerciements auxquels nous nous associons, car le jeu en valait largement la chandelle !

Péripéties savoureuses, parenthèse enchantée, laissez-vous entraîner dans Bouts d’Ficelles, vous ne le regretterez pas !

(par Charles-Louis Detournay)

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