Brancaccio, Chronique d’une Mafia ordinaire - Par Stassi & Di Gregorio - Casterman

9 juin 2008 1 commentaire
  • Dans un quartier de Palerme, la mafia pourrit tout ce qu'elle touche, jusqu'au plus infime rouage de la société. Un livre-choc, qui suscite la réflexion.

Brancaccio : le nom d’un quartier de Palerme. L’un des plus dangereux de Sicile. C’est ici qu’habite Nino, un gosse plein d’espoirs, qui veut s’en sortir, partir, apprendre un travail et vivre honnêtement. Mais il sera dit que personne ne sort indemne de Brancaccio. Car ici, c’est la mafia qui commande. La mafia qui, insidieusement, impalpablement, occupe l’air qu’on respire, l’eau qu’on boit, les mots qu’on prononce et les gestes qu’on fait. Pas de délivrance possible. Pour tout un chacun, il ne reste qu’à obéir… Sur les traces de Nino, Brancaccio relate trois épisodes de la vie de tous les jours dans ce quartier palermitain. Trois épisodes hantés par l’organisation criminelle au quotidien. L’album est dédié au Père Pugliesi, un religieux qui a beaucoup lutté pour la liberté des jeunes de Brancaccio. Il a été tué par la mafia le 14 septembre 1993.

Brancaccio, Chronique d'une Mafia ordinaire - Par Stassi & Di Gregorio - Casterman

Dans une actualité aux relents de poubelles napolitaines, Brancaccio s’éloigne des images musclées et violentes liées à la mafia pour présenter un quotidien bien plus dérangeant. Dans la veine de Gomorra, récemment primé à Cannes, cet album s’immerge dans le quotidien des habitants d’un quartier défavorisé, en démontrant l’omniprésence et la banalité de la mafia. Celle-ci n’est en pas moins dangereuse, car la peur et la pression qu’elle distille, ont des conséquences tout aussi catastrophiques que la drogue ou la prostitution.

Présentant trois tableaux (le père, la mère et le fils), l’auteur nous livre les différents vécus et points de vue de cette famille soumise à la déchéance. Sans être réellement un chef d’oeuvre du dessin ou du découpage, on se sent peu à peu hypnotisé par ce récit qui semble tourner en rond, montrant que par n’importe quel bout, on ne peut sortir de cet étau qui gangrène tous les niveaux de la société.

Un album à message, qui donne une vision bien moins romanesque de la main noire. Elle est complétée par des témoignages d’habitants du quartier, liant le récit à une sordide réalité.

(par Charles-Louis Detournay)

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Les illustrations sont © Stassi/Di Gregorio/Casterman.

 
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