Bruxelles puis Paris rendent hommage à René Goscinny

27 mai 2017 6 commentaires
  • Alors que, comme désormais tous les deux ans, un nouvel Astérix s’apprête à sortir en octobre, deux expositions majeures auront lieu autour de René Goscinny en septembre prochain. Une à la Cinémathèque de Paris, une autre au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme. Un hommage coordonné par l’Institut René Goscinny à l’occasion des 40 ans de la disparition du scénariste. Juste un peu avant, Bruxelles se mirera dans Astérix au Centre Belge de la bande dessinée.

En novembre 1977, René Goscinny mourait d’une crise cardiaque en faisant un test d’effort chez son cardiologue. Il avait 51 ans et avait eu le temps de créer des personnages aujourd’hui mythiques comme Astérix, Le Petit Nicolas, Iznogoud, l’incontournable hebdomadaire Pilote, tandis qu’il donnait une impulsion décisive à la série Lucky Luke. À l’occasion des 40 ans de sa disparition, le tout nouvellement créé Institut Goscinny, à qui l’on doit déjà l’érection d’un Obélisque Goscinny et la réactivation du Prix Goscinny à Angoulême en janvier dernier a décidé de marquer un grand coup.

Bruxelles puis Paris rendent hommage à René Goscinny

Créé en 2015, l’Institut Goscinny se donne comme mission de « développer et soutenir des activités d’intérêt général à caractères culturel et éducatif en rapport avec l’œuvre de M. René Goscinny, humoriste et scénariste de bandes dessinées, en tant qu’elles concourent au patrimoine artistique et culturel français  ». C’est aussi un fonds de dotation qui aura également pour objet de « conduire toutes opérations permettant d’aboutir à la transformation ultérieure du fonds en une fondation reconnue d’utilité publique si l’État accepte d’accorder une telle reconnaissance.  » En clair un fonds d’archives auquel vous pouvez contribuer si vous avez une collection de Pilote à offrir ou tout autre document lié de près ou de loin à René Goscinny et à son œuvre. On peut les suivre et les soutenir directement sur leur site ou sur leur page Facebook

« Comment ça, Goscinny, vous êtes juif ? »

L’homme a beau avoir vendu 500 millions de livres traduits en 150 langues, inspiré des dizaines de films, être une figure incontournable de la bande dessinée française, certains aspects du personnage restent méconnus, et notamment ses origines juives.

Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris a décidé de donner un éclairage sur cet aspect de sa biographie montrant le parcours de cet enfant d’immigrés juifs polonais et ukrainiens. Intitulée « Au-delà du rire », cette exposition conduite par Anne-Hélène Hoog se donne pour objectif de montrer, « au-delà du rire fédérateur […] à quel point la culture goscinienne, héritière du judaïsme d’Europe orientale, s’est enrichie aux croisements des exils argentin et nord-américain, sans jamais cesser d’être nourrie par le pur classicisme de la tradition française. » L’exposition se tiendra du 27 septembre 2017 au 4 mars 2018. Nous vous en reparlerons.

© Institut Goscinny

Le Cinéma de Goscinny

Parallèlement, la Cinémathèque de Paris en partenariat avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême, s’emploiera à construire, sous la conduite de Jean-Pierre Mercier, Frédéric Bonnaud et Aymar du Châtenet, une exposition sur les influences du cinéma sur son travail. Elle explorera «  les rapports constants et féconds entre un scénariste de génie et l’objet de sa rêverie préférée : le cinéma. »

Comme le disent les commissaires : « 40 ans après la mort de leur démiurge, les personnages de Goscinny continuent de nourrir la culture populaire internationale.
Astérix et Obélix, Lucky Luke ou Le Petit Nicolas sont devenus des personnages de cinéma à part entière. Et Goscinny mérite plus que jamais le surnom affectueux que lui avait donné son ami Gotlib : « Walt Goscinny
 ». Cette exposition-ci aura lieu, quant à elle, du 4 octobre 2017 au 7 mars 2018.

Le César de René Goscinny. Eh oui, le scénariste d’Astérix a été "césarisé", en hommage posthume, à Paris en 1978.
© Institut René Goscinny

Son ultime histoire du Gaulois : Astérix chez les Belges

La Belgique, le pays à l’origine de la rencontre entre René Goscinny et Albert Uderzo dans le cadre de l’agence de presse du Liégeois Georges Troisfontaines, la World’s Press, profite de l’occasion pour habiller le Manneken-Pis des habits d’Obélix, et d’exposer au Centre Belge de la Bande Dessinée une exposition consacrée à Astérix chez les Belges, le dernier album écrit en tandem par le génial duo et achevée par Albert Uderzo au moment de la disparition du scénariste. Un moment émouvant qui démarre le 1er juin 2017 et qui courra tout l’été jusqu’au 3 septembre 2017.

L’exposition reviendra sur les nombreuses thématiques développées dans l’album : la Gaule Belgique, les références aux héros et célébrités belges, la langue et les belgicismes, les références à la culture et à l’histoire de la Belgique, la gastronomie et enfin la représentation des Belges dans l’ensemble de la série. Une exposition qui se veut ludique, ponctuée de jeux qui feront redécouvrir l’ultime Astérix de Goscinny.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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-  « Astérix chez les Belges », au Centre Belge de la Bande Dessinée , 20 rue des sables – 1000 Bruxelles, Belgique, du 1er Juin Au 3 Septembre 2017. Ouvert tous les jours de 10 à 18 heures. Plus d’infos sur leur site
-  « René Goscinny, au-delà du rire » au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme - Hôtel de Saint-Aignan, 71 Rue du Temple, 75003 Paris. Le site du Musée
-  « Le Cinéma de Goscinny » Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy 75012 Paris. Le site de la Cinémathèque

 
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