Buck : Le chien perdu T. 1 - Par Adrien Demont - Soleil

21 juin 2019 0 commentaire
  • Dans cette bande dessinée sans texte, nous suivons le parcours initiatique d'un chien pas comme les autres.

C’est en 2016 qu’est apparu pour la première fois le personnage de Buck chez Soleil, dans un one-shot intitulé Buck : La Nuit des Trolls. Le récit nous emmenait dans les terres nordiques. L’étrange créature canine se voyait confier par une mère éplorée la mission de retrouver son bébé, enlevé par des trolls qui l’avaient échangé contre l’un de leurs rejetons (selon le mythe du Changelin). Buck apparaissait alors de façon bien mystérieuse au lecteur, qui n’avait aucune idée de ses origines, ni de la raison pour laquelle il s’était retrouvé coincé dans sa niche.

Ces questions trouvent leur réponse grâce à cet album préquel. Dans une ferme isolée, Buck se souvient du jour où les siens sont partis vivre leur vie de chien de berger, tandis qu’il restait reclus dans sa niche, peu désireux de les accompagner et préférant passer son temps à rêvasser. Ainsi grandit-il jusqu’à presque fusionner avec son abri. Un coup du sort le conduit pourtant à sortir de sa torpeur afin de suivre sa propre voie.

Buck : Le chien perdu T. 1 - Par Adrien Demont - Soleil
Buck : Le chien perdu T. 1 © Adrien Demont / Soleil

D’un point de vue esthétique, le style graphique d’Adrien Demont sert parfaitement l’histoire. Très influencé par Théodor Kittelsen (à qui il dédie La Nuit des Trolls), nous retrouvons l’aspect brumeux des paysages, ainsi que le caractère tortueux de certaines créatures rencontrées par le héros.

Les dessins prennent souvent une tournure ludique tant ils fourmillent de détails que nous nous amusons à détecter. De même pour les figures reconnaissables dans quelques éléments de décor (nuages, feuillage des arbres, barrière, etc.), formant des visages ou des silhouettes animales. La couleur sépia est dominante, sauf lors des séquences évoquant des souvenirs plus anciens, avec une technique plus proche de la grisaille. Le travail sur la lumière s’avère remarquable et contribue grandement à l’ambiance particulière qui se dégage de ces images.

Le format à l’italienne permet peu de varier la mise en pages. Lorsque les planches ne comportent pas quatre vignettes, parfois aux bords évanescents, nous avons droit à des illustrations pleine page qui marquent à chaque fois un tournant dans la narration. Le rythme de lecture est donc régulier et fluide. Le tout oscille entre humour, aussi bien visuel que de situation, et onirisme. Quelques séquences frôlent aussi le surréalisme.

Difficile de ne pas s’attacher à Buck, à la fois drôle et touchant. Tourmenté à l’idée de trouver sa place, sa quête d’identité pourra parler à plus d’un. Et si le chemin qu’il emprunte est semé d’embûches, il n’en est que plus riche de découvertes sur lui-même.

C’est donc avec un réel plaisir que nous attendons de connaître la suite de ses aventures.

(par Tahani Biernat)

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Buck : Le chien perdu T. 1. Par Adrien Demont. Editions Soleil. Collection "Métamorphose". Sortie le 29 mai 2019. 13,95 euros.

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