Bulldozer - N°2 - octobre 2005

12 octobre 2005 0 commentaire
  • Par la qualité de l'impression et de son contenu, le nouveau magazine {Bulldozer} édité par Frédéric Bosser mérite vraiment d'être lu. Ce deuxième numéro confortera sûrement sa place dans la presse BD. Même si la maquette peut encore s'améliorer.

Le dossier-phare de ce deuxième numéro de Bulldozer est consacré à Léo. Sous la forme d’un abécédaire, l’auteur de Trent, Aldébaran, Bételgeuse et Kenya répond aux questions de Frédéric Bosser. De multiples dessins (dont certains inédits) agrémentent cette interview passionnante du Brésilien qui, après des années de galère, récolte enfin les fruits de son travail et de son opiniâtreté.

Il était attendu au tournant avec la sortie du tome 48 de Spirou. Jean-David Morvan aime les défis et ne s’en cache pas. Pour lui, « il n’est plus possible de raconter des histoires aujourd’hui comme le faisait Franquin, ça paraîtrait lent ». Il revendique donc clairement sa volonté de rajeunir Spirou et Fantasio et reconnaît qu’il est impossible de satisfaire tous les lecteurs. Le scénariste rémois en profite pour faire le tour complet de ses séries (Sillage, Nävis, Mandiguerre, Reality Show, Trois...et l’ange, etc.). En lisant sa bibliographie, on se demande toujours comment il fait pour gérer autant de séries à la fois.

Le comédien François Berléand confie à Julien Welter son enfance de dyslexique. Un psychiatre a conseillé à ses parents de lui faire « lire des bandes dessinées pour qu’il puisse établir un rapport entre images et textes pour retrouver le goût de la littérature ». F. Berléand nous apprend qu’il n’aimait pas le dessin de Spirou et que les Lagaffe ne le faisaient pas rire. C’est avec Pilote qu’il est devenu fou furieux de bandes dessinées. Pour lui, toutes les adaptations cinématographiques de BD sont ridicules. Seule Ballade au bout du monde lui semble transposable au cinéma sans trop de difficulté.

De ce fait, Julien Welter s’interroge, quelques pages plus tard, sur les relations entre le 7ème et le 9ème art pour conclure que la plupart des adaptations sont des échecs économiques... et artistiques.

Enfin, Véronique Giuge a rencontré Blutch. Cet impressionniste surréaliste de la bande dessinée va et vient dans le monde de l’édition au gré de ses projets. Il va là où le vent le porte...

Bulldozer nous offre également 5 planches, en avant-première, d’albums à paraître d’ici la fin d’année.

En résumé, un très bon magazine qui manque un tout petit peu de lisibilité. Les aplats de couleur ne facilitent pas toujours le sens de la lecture. Dommage, aussi, que les deux principaux dossiers soit "relégués" en deuxième partie de magazine. Par contre, la place donnée aux dessins rend l’ensemble très attractif. Mais laissons un peu de temps à Bulldozer pour s’installer.

(par Laurent Boileau)

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