Burquette - Par Francis Desharnais - Les 400 coups

14 juin 2008 0 commentaire
  • Dans une société laïque, le port de symboles religieux, dont celui de la burqa, peut parfois faire couler beaucoup d’encre. Dans Burquette, c’est avec humour que le Québécois Francis Desharnais se penche sur la question.

« Le projet Burquette a débuté il y a environ quatre ans, à Paris, pendant que le débat sur le port des signes religieux à l’école faisait rage. Il se termine alors qu’un débat similaire sur les accommodements raisonnables secoue depuis plus d’un an le paysage médiatique et politique du Québec. » C’est ainsi que la préface présente l’album. D’ailleurs, si Burquette aborde le sujet de l’heure, ce n’est que pour en rire. Plutôt que d’avancer des convictions morales ou politiques, le scénario est avant tout loufoque :

Un père pseudo-intellectuel aux ambitions gauchistes élève seul sa fille de quatorze ans, Alberte (nommée ainsi en l’honneur de Camus). Jugeant que cette dernière est « un chef-d’œuvre de superficialité [ prise dans ] l’enfer de la culture de masse » (notamment en raison de son penchant pour Justin Timberlake et pour les décolletés), il décide de lui imposer le port de la burqa pendant un an. Cette méthode devrait, selon lui, la sensibiliser à différentes réalités sociales.

C’est alors que débutent les mésaventures d’Alberte : pas facile de garder sa cote de popularité à l’école ou encore de fréquenter les boîtes de nuit quand on est recouverte de la tête aux pieds ! De même, tous les prétextes deviennent bons pour avancer un gag : la ressemblance avec un filet de foot, la burqua à l’Halloween et la burqa de marque équitable ne sont que quelques exemples.

Le choix des strips et le trait caricatural de Francis Desharnais donnent un ton bien léger à Burquette. Plutôt que de tomber dans le piège des préjugés faciles, l’auteur choisit de faire dans l’auto-dérision. L’attitude puérile du père d’Alberte finit presque même par occuper le plan principal.

Bref, alors que les débats religieux continuent de faire rage au Canada et ailleurs dans le monde, Burquette est un album qui tombe pile et nous rappelle qu’il vaut mieux prendre du recul par rapport aux évènements et d’en rire un peu.

(par Marianne St-Jacques)

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