Ça & Là : Delirium Referens

8 septembre 2012 2
  • La Rentrée de Ça & Là s'annonce, comme à l'habitude, pointue et de qualité, livrant le meilleur de la BD internationale avec, pour cette saison, le fin du fin de l'horreur, des anthologies Eerie et Creepie, sous son label Delirium.
Ça & Là : Delirium Referens
Cleveland de Pekar & Remnant
Ed. Ça & Là

En entrée, Cleveland, le livre-testament d’Harvey Pekar (Septembre), pionnier de l’autobiographie qui nous avait enchanté avec American Splendor.

Cleveland, c’est en haut à droite sur la carte des États-Unis, en dessous du Canada, sur les bords du Lac Érié. Un ville au croisement du Mississippi et des grands lacs, naguère centre commercial important, dont l’économie, fondée sur l’acier, déclina comme ailleurs dans le cours de XXe Siècle. Elle tenta, pour se sortir du déclassement, de se reconvertir dans la finance et les assurances, mauvaise pioche.

La Grande Guerre de Charlie de Pat Mills et Joe Colquhoun
Ed. Ça & Là

Mais c’est culturellement l’une des villes les plus fascinantes des États-Unis et il n’est pas étonnant que Pekar lui voue un attachement viscéral. Il conte son histoire et, comme dans tout bon hamburger des familles, il y ajoute sa sauce personnelle, avec force tranches de vie. La caractéristique de cet ouvrage de Pekar est que, contrairement aux American Splendor qui réunissaient plusieurs dessinateurs (dont Crumb, excusez du peu !), ici c’est le jeune Joseph Remnant qui s’y colle avec brio, tandis que la traduction est assurée par Jean-Paul Jennequin, gage de qualité.

Le plat de résistance apparaît en octobre avec le label Delirium dans lequel l’éditeur Serge Ewenczyk, associé à son collègue Laurent Lerner, publie l’Opus Magnus de Pat Mills qui réalise avec Charlie’s War (Tome 3 en octobre 2012), une série conçue pour la revue de BD britannique Battle avec le vétéran de la Royal Navy Joe Colquhoun, l’un des meilleurs récits de guerre du 9e art, Charlie étant un jeune appelé de 16 ans enrôlé dans la Première Guerre mondiale. Un intéressant pendant à la Guerre des tranchées de Tardi.

Anthologie Eerie T1
Ed. Ça & Là

Le même label nous avance deux fleurons des éditions Warren, fondée en 1957, et dont les deux revues les plus connues sont Creepy (1964) et Eerie (1966) où le noir et blanc international s’ébroue dans toute sa splendeur avec des signatures prestigieuses comme Frank Frazetta, John Severin, Steve Ditko, Bernie Wrightson, Neal Adams, Jim Steranko, Ales Toth, Wally Wood, Esteban Marotto, Archie Godwin, Gene Colan, Jose Ortiz, et bien d’autres.

Les deux premiers volumes paraissent en octobre, de beaux ouvrages en format A4, très bien imprimés (notamment dans l’exercice délicat des trames en Doubletone), blindés de planches choisies par Doug Headline, avec des traductions de Doug Headline et Alain David, références s’il en est (Octobre 2012). C’est sans conteste l’un des événements de la saison. Nous y reviendrons sans aucun doute.

Far Arden de Kevin Cannon
Ed. Ça & Là

La nouvelle garde de la BD alternative américaine reste présente avec Far Arden de Kevin Cannon (Octobre), une trépidante aventure de 380 pages où le marin solitaire Army Shanks part en expédition pour retrouver une île mythique dont il ignore la localisation.

Duncan, le chien prodige d’Adam Hines
Ed. Ça & Là

Ça & Là ferme le ban de ses nouveautés avec le nouvel album de Peter Kuper, Carnets d’un New yorkais (Novembre) où les lecteurs de Libération pourront retrouver ce dessinateur au regard décalé qui restitue la dureté de la ville avec une poésie singulière.

La singularité est aussi la qualité principale de Duncan, le chien prodige de Adam Hines (Novembre). Mi-clebs, mi-homme, Duncan nous emmène dans un thriller animalier qui progresse dans un monde où les humains sont dominés par les animaux. Le lecteur ne sort pas indemne de ce torrent d’imagination.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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2 Messages :
  • Ça & Là : Delirium Referens
    8 septembre 2012 21:33, par Jean-Paul Jennequin

    Juste une petite rectification ; je ne suis pas traducteur sur Creepy et Eerie. Les traducteurs sont Doug Headline et Alain David.

    Par contre, c’est moi qui ai traduit Cleveland et le volume 3 de La Grande Guerre de Charlie.

    Une nouvelle en rapport avec Cleveland : une statue d’Harvey Pekar sera inaugurée le 14 octobre prochain dans la bibliothèque de Lee Road à Cleveland Heights, celle-là même qu’Harvey fréquentait.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 8 septembre 2012 à  21:43 :

      Juste une petite rectification ; je ne suis pas traducteur sur Creepy et Eerie. Les traducteurs sont Doug Headline et Alain David.

      C’est corrigé. Merci.

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