Canardo T21 : Piège de Miel - Par Sokal & P. Regnauld - Casterman

1er janvier 2013 4 commentaires
  • Encore un bon cru : la livraison annuelle de Canardo mêle politique et grivoiseries. S'ensuit un jeu de massacre qui s'autorise des clins d'oeil à l'actualité et déploie des dialogues souvent jubilatoires.

Canardo devenu privé n’a pas perdu ses connections. Pour piéger un ministre belgambourgeois (!), il recourt aux services de Betty, la meilleure poule de luxe catégorie femmes mûres à croquer. Menacés par une tempête de neige épouvantable, notre politique et ses suiveurs trouvent refuge dans un château offrant des services hôteliers.

La partition s’approche de sa coda, mais un vêtement fort mal suspendu empêche une caméra de filmer des ébats compromettants. Il faut alors passer au plan B, et tandis que la commanditaire de Canardo s’impatiente, voilà que Betty cède à son romantisme endémique et se met à rêver d’un destin doré...

Canardo T21 : Piège de Miel - Par Sokal & P. Regnauld - Casterman
Canardo 21 © Sokal/Casterman 2012

Fortement teinté de roman noir avec sa chute tragique, Piège de Miel vaut bien le tome précédent, Une Bavure bien baveuse. Entre les évocations de tensions politiques très proches des tracas entre Wallons et Flamands, les troubles familiaux des nobles désargentés, et le personnage étonnant de cette call-girl fleur bleue, ce Canardo s’avère tout à fait recommandable.

Sokal se lâche dans les scènes lestes avec des tirades fleuries à qui mieux-mieux, et même un remake de l’affaire DSK avec serviette de bain qui s’envole et employée qui s’offusque !

Et figurez-vous que malgré ces entrelacs d’appétits sordides et de luttes de pouvoirs féroces, Canardo garde non seulement son humour, son flegme, mais aussi un élégant humanisme fatigué...

(par David TAUGIS)

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