Candélabres - T4 : L’homme avec les oiseaux - Algésiras - Delcourt

22 février 2006 0 commentaire
  • L'attente a été un peu longue, mais pour une fois le cliché ne ment pas: elle en valait la peine. Ce quatrième tome de la série continue à développer les personnages, et l'intrigue est toujours aussi prenante.

Paul Klarheit continue sa discussion avec le mystérieux amnésique qui ressemble comme deux gouttes d’eaux à Solédango, l’être fantastique qui l’a jadis sauvé du feu... et lui a donné l’usage de ses jambes, faisant de l’adolescent jusqu’alors hémiplégique un prodige de la danse.

Depuis quatre albums (et ce n’est pas le dernier !), Algésiras propose aux lecteurs une série à l’intrigue aussi fascinante que maîtrisée. Construite comme un gigantesque retour en arrière, puzzle se mettant petit à petit en place, l’histoire des Candélabres, sortes de génies du feu qui ont un jour pris apparence humaine - et qui se disputent Paul, dépositaire d’une source de puissance, (presque) seul humain capable de les voir - fait partie de ses histoires fantastiques qui sont d’autant plus marquantes qu’elles se développent autour de personnages crédibles et attachants : Paul, bien sûr, partagé entre son envie de mener une vie normale et sa fascination pour Solédango ; David, ami d’enfance de Paul, également danseur (il est celui qui a poussé Paul à se mettre à la danse pour acquérir une maîtrise de ses jambes nouvellement guéries) et très attiré par son ami ; Aribal, une petite fille d’origine turque qui elle aussi est capable de voir les Candélabres ; et tous les autres, collègues de travail de Paul, famille d’Aribal, etc. Algésiras réussit donc à tisser patiemment une toile émotionnelle dense, et surtout à trouver un très bon équilibre entre l’intrigue proprement dite et le développement de ses personnages.

Son dessin, sobre et solide, ancre cette série dans la réalité, et rend les moments fantastiques très poétiques. Ses personnages sont bien reconnaissables, ses découpages variés et sa narration sans fioritures mais manifestement réfléchie. La mise en couleur, assurée par Nadine Thomas, est un élément déterminant dans la création des ambiances de cet album. On peut citer particulièrement les belles séquences aux couleurs de feu des rencontres, réelles ou rêvées, entre Paul et les Candélabres, qui contrastent fortement avec les couleurs réalistes des séquences de vie quotidienne.

On espère qu’Algésiras pourra terminer le prochain en moins de quatre ans (le tome précédent date d’avril 2002), mais puisque Candélabres est une de ces séries que l’on peut lire et relire, autant pour le plaisir de décortiquer la construction de l’intrigue que pour la chaleur humaine (sans humour facile) qui se dégage des personnages, on préfère finalement que l’auteure ne se presse pas trop.

(par François Peneaud)

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