Capucin T2 : Pour quelques coups de baguette – Par F. Dupré la Tour – Gallimard

29 mai 2007 0 commentaire
  • Il faut découvrir sans attendre le style particulier de Florence Dupré la Tour qui nous offre, avec la série {Capucin}, un œuvre originale, aussi bien dans le registre du graphisme que dans celui de la narration.

Il y a d’abord l’univers médiéval, à propos duquel nous reviendrons bientôt et qui renouvelle un genre quelque peu sclérosé par l’Héroïc-Fantasy commerciale. Chez Dupré la Tour, il est le prétexte à une farce grotesque et faussement naïve qui utilise tout l’attirail des contes de fées : ogres, sorciers, monstres fantastiques et héros sans peur, mais non sans reproche.

Il y a ensuite ce dessin qui a l’air d’être influencé par le Shôjô japonais, mais qui louche peut-être aussi vers des univers et des traits plus modernes, comme celui de Junko Mizuno. Il en résulte des personnages « kawaï » (mignons) avec des grands yeux émouvants, suivant un code inventé par Osamu Tezuka sous l’influence de Walt Disney, mais que l’on dirait ici remixé avec le stype nouille « pop » et les couleurs d’un Milton Glaser pris dans un mouvement trondheimien.

Il y a enfin ce scénario conçu comme une fantaisie parodique du conte et qui s’attache à en ridiculiser, mais ce faisant en les renouvelant, ses figures les plus notoires comme Merlin l’enchanteur, la fée Morgane ou encore Saint-Nicolas. Dans son maître ouvrage, La psychanalyse des contes de fée, Bruno Bettelheim expliquait que derrière l’aspect paisible des contes, il y avait le tumulte de l’esprit et que ceux-ci nous aidaient à l’apaiser. Chez Florence Dupré la Tour, l’esprit doit être dans un sacré maelström !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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