Casterman : Louis Delas démissionne de son poste de PDG

8 novembre 2012 8 commentaires
  • L'éditeur Louis Delas quitte son poste de PDG de Casterman pour la fin de l'année. Cette démission intervient alors que cette maison vient d'être rachetée par le groupe Gallimard. Son départ laisse les auteurs dans le désarroi.

On s’attendait à ce que le rachat du groupe Flammarion fasse des vagues : il n’est jamais facile d’intégrer une activité aussi complexe et personnelle que celle de l’édition.

Une fois Flammarion rachetée, qu’en est-il de Casterman ? En dépit de quelques propos inquiétants, l’éditeur germano-pratin se voulait rassurant : les équipes éditoriales n’étaient pas remises en cause, les seuls changements à venir le seraient au niveau de la distribution.

Mais c’était compter sans les personnes qui animaient ces équipes au premier rang desquelles Louis Delas, la patron de Casterman. Ce passionné de rugby originaire des landes avait fait ses débuts d’éditeur dans la bande dessinée en dirigeant Vents d’Ouest, alors une filiale des éditions Hatier. Rachetée par Glénat, il y poursuit son activité jusqu’à ce qu’il devienne le Directeur Général des éditions Casterman.

Lors du rachat de celles-ci par les éditions Flammarion, il prend la direction du pôle BD / jeunesse du groupe qui comprend les labels de BD Casterman et Fluide Glacial et Jeunesse Père Castor et Autrement Jeunesse. Dans le domaine de la BD, il redynamise le catalogue un peu endormi de l’éditeur tournaisien, rachetant successivement les droits de Bilal et de Margerin, développant les grandes séries classiques de la maison, défendant bec et ongles son catalogue face aux ambitions de Nick Rodwell et des éditions Moulinsart. Il a notamment présidé le groupe BD du Syndicat national de l’Édition.

Au moment du rachat de Flammarion par Gallimard, il se pose la question de son avenir : Il a la possibilité de travailler dans la maison familiale fondée par son arrière-grand-père, L’École des loisirs, un label qui a une belle position dans l’édition jeunesse.

Mais, face aux enjeux actuels de l’édition, il lui préfère une autre option : un projet d’alliance entre L’École des loisirs, Casterman et Gallimard afin de développer la synergie entre les deux catalogues. Un projet autant professionnel que patrimonial.

Mais Antoine Gallimard ne souscrit pas à cette proposition. Par voie de conséquence, Louis Delas démissionne de son poste de PDG à la fin de cette année : "Je respecte la décision d’Antoine Gallimard, nous dit Louis Delas. Je suis triste de quitter cette société que j’aime profondément et dont les équipes sont formidables."

Pour l’heure, les auteurs sont dans le désarroi. Ceux que nous avons pu contacter sont dans l’inquiétude : le marché est particulièrement difficile et la gestion d’un catalogue comme celui de Casterman demande une certaine technicité. Succéder à Louis Delas ne sera certainement pas une chose aisée. Son départ de Casterman n’est pas une bonne nouvelle pour l’industrie.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Photo : DR

 
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8 Messages :
  • Casterman : Louis Delas démissionne de son poste de PDG
    8 novembre 2012 21:19, par Sergio SALMA

    Son arrière grand-père !? Ce serait pas son père qui a fondé dans les années 60 l’école des loisirs ?

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    • Répondu par Bardamor le 9 novembre 2012 à  02:02 :

      Bah, l’industrie et les industrieux : une fourmilière de culbutée, dix de retrouvée.

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      • Répondu par alain de kuyssche le 9 novembre 2012 à  10:22 :

        C’est, avec Charles Dupuis, un des deux grands éditeurs du domaine BD. Charles Dupuis a su donner leur chance à des auteurs tels que Hausman, Maltaite, Wasterlain et d’autres, qui n’ont jamais été des valeurs commerciales éblouissantes. Louis Delas a su transformer et redonner Casterman, en dépit d’un héritage désastreux, et mettre en avant des auteurs prestigieux, tout en respectant les "classiques" de la maison. J’ai fréquenté Charles Dupuis et pratiquement pas Louis Delas, mais je les mets sur le même pied.

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        • Répondu par Oncle Francois le 11 novembre 2012 à  18:21 :

          Bien sûr, Monsieur Dupuis a eu des mérites, mais bon il a aussi longtemps confié des travaux très mineurs à des auteurs comme Will, Tillieux ou Peyo... quand il ne les écartait pas de la publication de sa revue. Cauvin, Salvérius et Lambil ont longtemps dû attendre avant de connaitre la célébrité.

          Pour Louis Delas, le problème est différent ; mis à part de luxueuses rééditions de Pratt, Hergé (avec Moulinsart) et Martin, je me demande ce qu’il a publié de nouveau et d’intéressant chez Casterman, à part les rachats des titres Humanos, et la continuation d’auteurs déjà publiés chez Casterman. A la limite, il me semble qu’un homme comme Jean-Paul Mougin a eu bien davantage un rôle de découvreur de talents lorsqu’il dirigeait (A SUIVRE).

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          • Répondu par Elsie le 13 novembre 2012 à  11:23 :

            mis à part de luxueuses rééditions de Pratt, Hergé (avec Moulinsart) et Martin, je me demande ce qu’il a publié de nouveau et d’intéressant chez Casterman,

            Le chat de Gelluck, La plupart des livres de Bastien Vives (label KSTR), si ça c’est pas nouveau ! Jeter un oeil sur le catalogue avant de jeter un anathème.

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            • Répondu le 13 novembre 2012 à  15:26 :

              Le chat de geluck paraissait déjà à l’époque Mougin dans (à suivre).

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  • Casterman : Louis Delas démissionne de son poste de PDG
    11 novembre 2012 17:15, par fresnay

    j’ai cru comprendre que M. Delas imposait avant tout à Gallimard un accord capitalistique à 50/50 entre Casterman et l’Ecole des loisirs.
    Cas d’école "basique" pour étudiant très débutant filière "entrepreneur" : vous avez déja vu un accord de ce type fonctionner dans la vie réelle ? n’importe quel chef d’entreprise raisonnable refuse ce type de montage même si le projet l’intéresse, et chercher à l’imposer à un partenaire est insensé, à moins que l’échec de la négociation ne soit alors le but recherché.

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