Chambéry BD, un festival ouvert sur le monde

22 septembre 2013 7 commentaires
  • Nous vous parlons régulièrement de ces festivals de province qui marquent par leur constance et leur qualité. Chambéry en fait partie. Parmi les 60 auteurs conviés cette année, c'est Hub ("Okko", "Aslak", chez Delcourt) qui est cette année l'invité d'honneur.
Chambéry BD, un festival ouvert sur le monde
Hub, invité d’honneur au Festival de Chambéry BD 2013
Photo DR - Festival de Chambéry

Quel incroyable pays que la France qui multiplie les "festivals internationaux" de bande dessinée. C’est une réalité pourtant : près de 54% des BD publiées en France sont d’origine étrangère. Le "Made in France" reste majoritaire même si la curiosité des lecteurs français s’ouvre largement aux BD asiatiques et US. Cette proportion, après la vague manga qui a déferlé depuis les années 1990, est restée relativement stable ces dernières années.

Chambéry est caractéristique de ce type de festival ouvert sur le monde. Ne sont-ce pas eux qui, avant même Angoulême et Bruxelles, ont mis la lumière sur la production de la BD taïwanaise ?

Hub, alias Humbert Chabuel, l’invité d’honneur de cette année, né en 1969, est également caractéristique de cette génération ouverte sur le monde. Il est né à Annecy, un des hauts lieux du cinéma d’animatio où un festival lui est consacré chaque année. Est-ce cette proximité qui lui amène le goût du dessin ? Peut-être. Mais c’est un concours organisé par Luc Besson qui lui met le pied à l’étrier. Il est engagé pour travailler sur Le Cinquième Élément, coup d’envoi à une arrière qui le verra faire de la publicité, du graphisme, mais aussi de l’animation puisqu’il travaille sur Le Prince d’Atlantis ou sur Garage Kid.

Okko, la série-phare de Hub
8 volumes parus aux éditions Delcourt

Mais c’est vraiment avec sa série de bande dessinée Okko dont il assure le scénario et les dessins qu’il se fait connaître des lecteurs. Là aussi, nous avons l’esprit sur le monde puisque le Japon est au cœur de cette saga. Lancée en 2005, cette série dépasse le simple récit de rônin sans maître pour se déployer dans une ambiance fantastique époustouflante (nos protagonistes forment en quelque sorte une ligue d’exorcistes à la recherche de phénomènes étranges) qui se décline au rythme d’un volume par an depuis sa création, constituant un ensemble de 10 volumes (8 sont parus) organisés autour des cinq éléments : l’eau, la terre, le feu, le vent et le vide. Une impressionnante saga suivie par un large public et déjà traduite dans plusieurs langues.

Mais à ses côtés, ce sont près de 60 auteurs qui seront présents autour de Serge Ripoll et Jean-Marie Buisson, et pas des moindres : Mézières, Marini, Margerin, Binet, Meynet, Kordey, Ptitluc, Rossi, Ramaïoli, Romain Hugault... Impressionant.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Le 37e Festival International de la Bande Dessinée de Chambéry

du 18 au 20 Octobre 2013

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7 Messages :
  • Chambéry BD, un festival ouvert sur le monde
    22 septembre 2013 22:55, par Jean-Paul Jennequin

    Le Festival de Chambéry peut s’intituler international, cela ne veut pas dire qu’il le soit. Quand on consulte la liste des auteurs invités tout au long de l’histoire du festival, on constate qu’ils sont en très grande majorité français, belges et suisses, avec quelques italiens, argentins et taïwainais par-ci par là. Je n’ai vu aucun auteur américain, britannique, japonais…
    Le palmarès du festival est composé uniquement d’albums franco-belges, avec une année un prix "man-hua" (parce que Taïwan était à l’honneur cette année-là ?). La liste des "Prix du Meilleur album de l’année" qui va de 1996 à 2012 ne comporte que des albums franco-belges.

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    • Répondu par Audrey le 23 septembre 2013 à  15:42 :

      italiens, argentins et taïwainais ça suffit pour être international (même s’il n’y avait que des européens ça serait international) pourquoi faudrait-il obligatoirement des américains, britanniques, japonais ?

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      • Répondu par Jean-Paul Jennequin le 24 septembre 2013 à  12:01 :

        Bien sûr, on peut toujours jouer sur les mots. Comme il est rare qu’un festival français n’ait pas au moins un auteur belge (ou suisse) parmi ses invités, on peut dire que tous les festivals français sont internationaux. Mais alors, pourquoi préciser que l’on organise un festival "international" ? Qu’est-ce que cela veut dire ?

        Il me semble qu’un festival qui se veut international doit être ouvert sur la production… euh, internationale. N’inviter que des auteurs travaillant pour des éditeurs franco-belges dans un format franco-belge me paraît une vision singulièrement limitée de ce qu’est une "ouverture sur le monde" De même, n’attribuer des prix qu’à des albums et des auteurs produisant pour les éditeurs franco-belges, ça n’oblige pas les membres du jury, ni les lecteurs qui se serviront de ce palmarès pour orienter leurs choix de lecture, à se confronter à d’autres manières de faire de la BD, à des formats, des thématiques, des univers vraiment "étrangers".

        Le Festival de Cannes est un festival international de cinéma. Trouveriez-vous normal qu’on n’y voit jamais (et qu’on n’y prime jamais) de films américains, asiatiques, etc. ?

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        • Répondu par Alex le 24 septembre 2013 à  23:39 :

          Vous visez loin, loin au dessus de la cible et oubliez le principal : ces festivals organisés dans les régions (en admettant qu’Angoulême soit la "capitale") sont importants pour la vie culturelle et économique des lieux dans lesquels ils sont organisés. Oeuvre de bénévoles ou d’intermittents, ils en reflètent toutes les qualités et les manques bien humains. Souvent on y invite l’auteur qui réside à 100km de là. Souvent les organisateurs, acteurs culturels- je veux dire pas les personnes à qui on ouvre un porte-monnaie sans fond- organisent des miracles. Je suis surpris et déçu par le cynisme de votre intervention qui, sur la base de souhaits purement personnels tend à discréditer les apports des festivals régionaux. Car il y en a des grands, des très grands dans l’audace, et la pertinence de leur invités internationaux. Parlez-moi des problèmes structurels, de l’implantation des librairies dans les régions et de leur fréquence, et du choix proposé. Autre alternative, la vôtre, gros nez : CosPlay pour toute la famille, global parisien... Je caricature, tout comme vous. Vous n’avez pas bien saisi le caractère réducteur et uniforme de votre demande. À ce train (train)- que vous avez mis en marche- on tourne en rond. Vous croyez voir venir la grosse locomotive avec vos jumelles du haut de votre perchoir mais ce n’est en fait qu’un modèle réduit.

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          • Répondu par Oncle Francois le 25 septembre 2013 à  13:04 :

            Vous avez raison, ami Alex ! Les petits festivals (ou festivaux ??) de province sont généralement le fait de bénévoles passionnés : ils vont chercher les auteurs à la gare ou à l’aéroport, vont leur apporter du café chaud ou une biére lors des séances de dedicaces, bref, sont aux petits soins avec eux. Et ces festivals d’un weekend sont un occasion unique pour des municipalités moyennes ou petites d’avoir enfin un semblant de vie culturelle, avec quelques invités plus ou moins prestigieux. C’est cet aspect que ne voit pas Monsieur Jennequin qui doit tout comparer au FIBD d’Angoulême où il est peut-invité, à moins qu’i ne soit exposant sur un stand presse fanzine ou indé de façon régulière...

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          • Répondu par Jean-Paul Jennequin le 25 septembre 2013 à  23:56 :

            Alex, je n’ai qu’une demande : que les mots soient utilisés à bon escient. Le Festival de Villeneuve d’Ascq, qui a eu deux éditions à la fin des années 1980, se spécialisait dans la BD anglo-saxonne. Il s’appelait donc Festival de la BD anglo-saxonne. Aller chercher les auteurs à la gare (ou pas) n’a rien à voir avec le fait d’être international ou pas.

            Vous dites que je caricature. Mais je caricature quoi, au juste ? Aller sur le site d’un festival "international" et constater que ni les auteurs invités ni les prix attribués ne témoignent d’une ambition internationale, en quoi est-ce caricaturer quoi que ce soit ? Si vous voulez un exemple de festival aux moyens limités, tant financiers qu’humains, mais doté d’une vraie ambition internationale, je vous renvoie au défunt festival Périscopages de Rennes : au cours de ses dix trop courtes années d’existence, on a pu y croiser des auteurs français, belges et suisses, mais aussi canadiens, américains, néerlandais… Tout cela sans négliger la scène BD locale, bien au contraire, en s’appuyant sur sa richesse.

            Ce qui me paraît important, c’est la clarté du projet. Mettre en avant les auteurs de BD locaux ? Très bien. Faire un festival de BD thématique, par exemple sur la BD policière ou historique. Très bien aussi. Faire un festival présentant la production nationale dans sa diversité ? À moi, ça ne me pose pas de problème. À vous, peut-être, mais pas à moi, du moment que les choses sont dites clairement.

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            • Répondu par serge ipll le 9 décembre 2013 à  15:11 :

              rassurer vous monsieur Jennequin Chambéry recevra plusieurs auteurs américains en 2014, grace a la présence cette année du scenariste fabrice Sapolsky scenariste du Spiderman noir j’organise se festival bd depuis 1990, avec un tout petit budget et si vous avez me semble t’il des idées venez nous rejoindre et nous aider à devenir international
              al, vous m’avez la langue bien pendue vous devriez nous faire des miracles.
              serge ripoll

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