Chantal Montellier, Jeanne Puchol, Catel : "Oui, la candidature de Claire Wendling au Grand Prix d’Angoulême 2016 est légitime."

23 janvier 2016 15
  • On entend fuser çà et là de sourdes critiques à l'encontre de Claire Wendling au point que celle-ci, sous la pression et en même temps affectée par le scandale planétaire de la dernière élection, en est même arrivée à déclarer qu'elle ne voulait pas le Prix d'Angoulême. Nous avons demandé à trois grande femmes de la bande dessinée française de nous donner leur avis.
Chantal Montellier, Jeanne Puchol, Catel : "Oui, la candidature de Claire Wendling au Grand Prix d'Angoulême 2016 est légitime."
Claire Wendling, une illlustratrice hors pair

Chantal Montellier défend depuis des années une bande dessinée engagée et militante. Depuis 1972, elle dessine pour la presse et elle a participé, comme auteure de BD notamment à Charlie Mensuel, Métal Hurlant, Ah ! Nana, (À suivre) ou Psikopat. Elle est la figure de proue et la cofondatrice du Prix Artémisia de la bande dessinée féminine accordé cette année à Sandrine Revel. Dernier ouvrage publié : La Reconstitution (L’An 2 / Actes Sud). Jeanne Puchol est auteure de BD depuis les années 1980 avec plusieurs dizaines d’albums à son actif. Dernier titre publié : Vivre à en mourir (Le Lombard, avec Laurent Galandon et Laurence Croix). Catel Muller alias Catel est surtout connue pour ses évocations de destins de femmes. Dernier album paru : Adieu Kharkov, réalisé à quatre mains avec Claire Bouilhac, à partir d’un récit autobiographique de Mylène Demongeot (Ed. Dupuis).

Que pensez-vous de l’élection de Claire Wendling au premier tour du Grand Prix d’Angoulême. D’aucuns prétendent qu’elle n’est pas légitime...

JEANNE PUCHOL : Son élection est légitime du seul fait que suffisamment de voix se sont portées sur elle ! Sinon, ça veut dire que le FIBD est une république bananière... Personnellement, je trouve son élection justifiée : une carrière ne se mesure pas à la longueur d’une bibliographie. Claire Wendling, outre un talent étonnamment précoce, a été une pionnière car elle a défriché les passerelles entre BD et dessin animé, album de BD classique et Art Book… Des domaines entre lesquels les bédéistes d’aujourd’hui trouvent normal de naviguer.

CHANTAL MONTELLIER : Je n’ai rien contre son élection, elle a beaucoup de talent mais je trouve qu’elle a produit relativement peu d’albums [Les Lumières de l’Amalou, 5 volumes, avec Christophe Gibelin, Ed. Delcourt, 1900-1996] et aucun dont elle est l’auteure unique.

Cette nouvelle mouture du scrutin résout-elle la question initiale ?

JEANNE PUCHOL : Quelle était la question initiale ? L’absence de femmes dans la sélection ? Le mode de désignation du Grand Prix ? L’existence même du Grand Prix ? L’organisation du FIBD ? L’existence même du FIBD ?

Ce n’est pas nouveau, cette affaire. Dès le milieu des années 1980, il y avait cette liste publiée dans Le Monde où ne figurait aucune femme... La situation d’aujourd’hui est-elle pire qu’avant ?

JEANNE PUCHOL : Oui, c’est pire, puisqu’on est beaucoup plus nombreuses que dans ces années 1980 où j’ai commencé moi-même à publier ! Et c’était déjà grave à l’époque, puisque c’est en fait en 1998 que Le Monde, dans une double page intitulée « 25 ans de BD en 25 albums », arrivait à ne mentionner aucun album signé par une femme, alors qu’il y avait l’embarras du choix.

CHANTAL MONTELLIER : C’est forcément pire puisqu’en une trentaine d’années, rien n’a vraiment progressé, au contraire. Au fond, les blocages sont les mêmes mais, en plus, ils sont théorisés. Il suffit d’entendre les propos de M. Bondoux dans ses interventions télévisées.

Jeanne Puchol, Catel et Claire Bouilhac

Jeanne, vous avez créé avec d’autres un Collectif des créatrices de BD contre le sexisme. Qui compose cette association et quel est son but ?

JEANNE PUCHOL : Comme son nom l’indique, le collectif n’est pas une association, mais… un collectif ! Les décisions sont collégiales, et chacune est libre de se proposer pour remplir telle ou telle tâche, à tour de rôle. Le collectif compte actuellement 200 créatrices, dont Catel et Chantal Montellier, d’ailleurs… Ce nombre est en permanente augmentation, car des consœurs étrangères nous rejoignent. L’historique du collectif est détaillé sur notre site. Son but est d’être un outil de veille contre le sexisme dans la bande dessinée –les attitudes ou propos sexistes de la part de journalistes ou d’organisateurs de salon, mais aussi les représentations misogynes des personnages féminins, ou encore les différenciations stéréotypées des lectorats- et une force de proposition, comme la demande de parité dans les comités de sélection et les jurys de festivals… Je renvoie vos lecteurs à ce récent billet à propos du Festival d’Angoulême sur notre blog.

Le "couac" du FIBD est une maladresse ou quelque chose de plus profond ?

CATEL : Les deux à mon avis . D’abord l’inconscience ( collective ) qui consiste à oublier les femmes du palmarès final, donc de les réduire à zéro pour cent de représentation. C’est vrai que malgré leur nombre exponentiellement croissant ces dernières années, elles restent minoritaire dans ce milieu (autour de 15%) ; mais ce n’est pas l’absence totale . En plus, beaucoup de celles qui s’accrochent ont une production fournie , personnelle et qualitative. Certaines ont même révolutionné le les codes de la BD , dans le fond et la forme.

CHANTAL MONTELLIER : Si j’étais psychanalyste (mais je ne suis que psychanalysée), je dirais que ce “couac” comme vous dites gentiment a été émis par les zones les plus archaïques du cerveau reptilien des trois jurés (deux hommes et une femme) choisis au débotté à ce qu’il paraît...! Ça nous renseigne sur le sérieux de la chose...

Glenn Gould de Sandrine Revel (Dargaud), Prix Artemisia 2016

La situation a cependant évolué cependant... Il y a bien plus d’auteures qu’avant...

CATEL  : Il y a de plus en plus d’auteures, de moins en moins de représentation. Angoulême, vitrine internationale du 9e art ? Comment y croire si la moitié de l’humanité n’y est pas représentée, même un petit peu ? 42 présidents, une seule présidente : Florence Cestac ! C’est là que se pose le problème politique et la volonté d’exclusion qui dépasse la maladresse.

Quand on nous "explique" publiquement que les femmes ont une œuvre trop "récente" dans la BD, mais que l’on nomme sans vergogne leurs confrères de la même génération (ayant la même somme de production ou parfois moins ) et que l’on déclare que Claire Bretécher, auteure incontestable et pionnière de cet art, n’est pas envisagée car elle a déjà eu un grand prix (pour les 10 ans d’Angoulême) alors que d’autres auteurs masculins [On parle ici de Joann Sfar, présent dans la liste des 30 noms et qui a reçu le même genre de prix hors élection que l’auteure des Frustrés. NDLR] ayant eu le même type de récompense se retrouvent régulièrement dans la liste des nommés à la présidence, il y a forcément là de la mauvaise foi du côté de Frank Bondoux , et sans doute de l’inconscience de la part de ses collaborateurs.

Chantal Montellier

CHANTAL MONTELLIER : Ce n’est pas un gage de qualité, mais c’est déjà ça... Mais qu’est-ce au juste qu’un(e) auteur(e) ? Les dessinatrices de la BD girly, consacrées un peu rapidement auteures par le Marché, en sont-elles vraiment ? Je pose la question. De mon point de vue qui est très subjectif, il faut beaucoup de temps, de travail, de courage et d’audace, pour prétendre au titre d’auteur (e).

Que peut-on faire pour que la situation change ?

CATEL : Déjà prendre conscience du malaise, en parler et en faire parler (merci ActuaBD.com !) . Œuvrer en faveur de la production féminine à mettre en valeur, vive Artemisia (merci Chantal Montellier !), se regrouper entre femmes et dénoncer les injustices, vive le Collectif de filles (merci Jeanne Puchol !) . Enfin , prendre des mesures sérieuses et responsables en trouvant un système de vote à Angoulême plus juste et représentatif en dialoguant avec les concernées , c’est à dire exactement le contraire de ce qui a été fait jusqu’à présent.

CHANTAL MONTELLIER : Être HONNÊTE et JUSTE. Démocrates aussi. Oui, je sais, c’est très difficile (et douloureux).

Chantal Montellier, pourquoi avoir créé le Prix Artemisia ?

CHANTAL MONTELLIER : Pourquoi pas ? Pour faire la preuve, chaque année (depuis 9 ans), que les femmes produisent et que leur création mérite que l’on s’y intéresse d’un peu plus près que ne le font les machos cooptés de ce festival misogyne. Éclairer et honorer leur talent, leur travail, et cela sans ostracisme et quelle que soit leur origine sociale, leurs idées politiques, leur état de fortune ou d’infortune, et la sympathie ou l’antipathie qu’elles nous inspirent en tant que personnes. Et puis aussi sans tenir compte de la mode et des coteries de salon.

Quels sont les critères de sélection ?

CHANTAL MONTELLIER : La cohérence, la pertinence, l’intérêt, l’originalité du récit. La qualité plastique et graphique, l’intelligence des images, de leur organisation. Le savoir faire, la maitrise. L’inventivité et l’audace. L’honnêteté, la sincérité de la démarche. Le degré d’investissement de l’auteure, sa liberté.

Qui composait le jury ?

CHANTAL MONTELLIER  : Vous trouverez la liste des membres du jury sur le blog de l’association Artémisia.

Sandrine Revel recevant son prix. A droite, la figure de proue du Prix Artemisia, Chantal Montellier

Quelles sont les qualités qui ont fait que l’album de Sandrine Revel a été choisi ?

CHANTAL MONTELLIER : Celles que j’ai énoncées plus avant.

Un homme peut-il remporter le Prix Artémisia ?

CHANTAL MONTELLIER : Non, pas pour le moment.

Propos recueillis par Didier Pasamonik


Mourir (ça n’existe pas)de Théa Rojzman (La Boîte à bulles)

Le petit mot de Théa Rojzman pour sa "mention spéciale du Prix Artémisia

"Je suis très fière d’être la « Mention spéciale » du prix Artémisia de cette année. Enfin… que mon livre le soit en tout cas ! Je savais qu’en le titrant « Mourir (ça n’existe pas) », je pouvais intéresser quelques êtres humains…

Je suis fière et honorée, d’abord parce qu’un prix est une reconnaissance du travail accompli, un signe venu d’ailleurs pour dire : « c’est bien ce que tu fais, tu peux continuer ». Ces signes sont nécessaires parce qu’on se pose tous les jours la question : continuer ou ne pas continuer ? Le doute est perpétuel. Cette fois, le signe est venu d’un jury composé de spécialistes de l’art et du livre en particulier, créateurs, créatrices ou diffuseurs et journalistes. Cela n’est pas rien comme signe. C’est peut-être même le plus important, plus important que le signe de Maman. Mais il ne faudra pas lui dire… Je tiens donc à remercier chaleureusement les membres du jury d’avoir ajouté un prix supplémentaire, une Mention spéciale pour me dire de continuer. Malgré tout et surtout malgré moi.

Je suis honorée aussi en tant que femme d’être récompensée par un prix qui souhaite mettre en lumière les auteures, avec un « e », un prix porté par l’image et le symbole d’Artémisia Gentileschi. Une femme qui avait réussi à s’imposer comme artiste peintre au 17ème siècle et qui exprimait dans ses œuvres une souffrance et une colère qu’il fallait bien exorciser puis transfigurer dans des images partagées, offertes à la conscience de tous, à leurs propres souffrances aussi.

Comme une mise en abîme, c’est le même geste qui réalisa ce livre, lui-même racontant un personnage qui exorcise et transfigure une existence pour se réparer et se donner une nouvelle chance…

Chaque signe d’encouragement est comme une nouvelle chance, alors merci, vraiment.

Merci également à mon éditeur, Vincent Henry, celui-là même qui est en train de lire ces mots. Merci à lui d’avoir tout de suite cru en ce projet de livre et de l’avoir fait naître physiquement pour qu’il se partage et se transmette.

Je tiens aussi à féliciter Sandrine Revel dont je suivais déjà le travail, lui déclarant en 2013 ma flamme après avoir vu certaines de ses peintures. Nous en avions toutes les deux conclu que nos travaux se rejoignaient sur certains points…C’est donc un honneur supplémentaire que d’être récompensée à sa suite, avec elle d’une certaine manière.

J’ajouterai juste pour finir un petit poing levé : ne lâchons rien en cette période terrifiante de régressions apeurées, le monde a besoin des femmes libres pour s’épanouir et ne pas mourir. Je souhaite donc longue vie à la recherche, la création et la vie intellectuelle des femmes !"

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Consulter aussi :
- Le Blog de Chantal Montellier

- Le Blog de Jeanne Puchol

Toutes les photos sont de D. Pasamonik (L’Agence BD) sauf le portrait de Claire Wendling. DR - (c) Galerie Daniel Maghen.

 
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15 Messages :
  • Pour info, Sfar a reçu en 2003 un prix spécifique destiné à un jeune auteur (et non à couronner une carrière) remis par les fondateurs (et non l’organisation, le jury ou l’Académie) et doté de 6000€ (et non purement honorifique). Lui-même ne le considére pas comme aussi important que le Grand Prix (goo.gl/MEfAv4). Son expo en 2004 était partagée avec Guibert, dans un lieu mineur.

    Bretécher avait quant à elle bien reçu un “Grand Prix spécial” qui, loin d’être « le même genre de prix hors élection » que Sfar, avait en fait été le premier Grand Prix remis par les anciens Grand Prix réunis en juin 1982 (7 ans avant l’instauration de l’Académie) à l’instigation de l’organisation pour honorer un auteur important en l’honneur des dix ans du festival, six mois plus tard. Au festival 1983, elle était officiellement co-présidente du (bien que ne siégeant pas au jury) et avait fait l’objet de sa première exposition rétrospective. Le livre “Le Grand 20e” la montre avec son Alfred spécial, apparemment plus gênée que fière de l’honneur. L’argument comme quoi elle n’a jamais siégé à l’Académie des Grands Prix mériterait qu’on lui demande si elle en avait été exclue ou si, plus simplement et comme Tardi, elle avait décidé de ne jamais y siéger, vu son peu de goût pour ce genre de choses.

    Cela dit, il aurait été intelligent de la part de Bondoux d’assimiler Sfar aux Grands Prix rétroactivement, vu que dans l’esprit de la plupart des observateurs, Sfar l’était. Mais Bondoux prenant une décision intelligente, c’eût sûrement été trop demander.

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  • Considérer que Claire Wendling ne serait pas légitime comme Grand Prix d’Angoulême est aberrant, il faut ne pas l’avoir lu pour penser ça. Certains (imbéciles) parlent même d’un Grand Prix "fantaisiste" si elle l’emporte, on croit rêver.
    Claire Wendling est un auteur BD à part entière, pas une illustratrice qui a fait de la BD, elle est une formidable narratrice, elle met en page de façon magistrale, qu’elle ne signe pas ses scénarios ne change rien, il y a toujours cette prépondérance à sur-considérer les scénaristes, infantilisant les dessinateurs, et ne sachant que penser des auteurs complets.

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    • Répondu par simon brauman le 24 janvier 2016 à  09:35 :

      Petits mickey, petits dessins, petits salaires, petits esprits.

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      • Répondu le 24 janvier 2016 à  16:01 :

        Les auteurs de bandes dessinées ne sont pas salariés, ils touchent des droits d’auteur sur les ventes de livres.

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      • Répondu le 24 janvier 2016 à  23:27 :

        C’est fou que des gens fréquentant un site sur la bande dessinée méprisent autant la bande dessinée et leurs auteurs.

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        • Répondu par Gilles le 25 janvier 2016 à  18:03 :

          C’est le résultat de la frustration et de la jalousie.

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      • Répondu le 25 janvier 2016 à  19:03 :

        C’est fou internet, comment un message défendant la légitimité de Claire Wendling peut-il attirer autant les haters ?

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    • Répondu par yo le 24 janvier 2016 à  11:41 :

      Monsieur colonnier, 2 points sur votre intervention :
      La première est de vous dire que vous etes quand même assez malhonnête de me traiter d’imbecile en reprenant une (toute petite) partie de mon propos sur une autre page du site en délaissant volontairement mon argumentation.
      Le plus drôle, c’est que vous modifiez mes dires et omettez volontairement pour vous justifier.
      En même temps, vu le niveau de votre prose, et ce sera mon second point, il est clair que vous ne comprenez rien et ne voulez rien comprendre.
      Je ne suis pas sûr que claire wendling mérite des personnes comme vous pour la soutenir...
      Je suis assez fasciné ces derniers jours par les discours de certains auteurs, plutôt habitués à se considérer comme des personnes ouvertes, qui ont des discours prétentieux et extrêmes.

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      • Répondu par Oncle Francois le 25 janvier 2016 à  12:57 :

        arf arf, voila l’arroseur arrosé. Trop drôle ! Merci ami LC !

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        • Répondu par Yo le 25 janvier 2016 à  21:50 :

          Là faut m’expliquer pépé !
          Pouvez-vous expliquer votre propos et où est-ce (encore) une de vos interventions sans aucun intérêt ?

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          • Répondu par Lol le 26 janvier 2016 à  02:57 :

            Yo croit que tout le monde s’adresse à lui personnellement. Ce n’est pas votre boite mail monsieur, c’est un forum public.

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          • Répondu par Oncle Francois le 26 janvier 2016 à  12:28 :

            Pour vous comme pour les autres, c’est Oncle Francois et non un vulgaire "pépé".
            Apprenez déjà la politesse élémentaire avant de quémander des explications sur les commentaires que vous trouvez désagréables qui ne sont que les conséquences de vos propres messages négatifs...

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            • Répondu le 26 janvier 2016 à  16:25 :

              Yo est parano, Onc’Francois est susceptible, Simon brauman est grossier, on est bien servi sur Actuabd.

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      • Répondu le 25 janvier 2016 à  17:24 :

        Pourquoi prenez-vous ce message pour vous ? Vous êtes mégalo !

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  • Quel dommage ! Voilà une occasion ratée, Claire Wendling aurait été une magnifique Grand Prix. Espérons pour une autre année.

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