Charlie Adlard (Dessinateur de « Walking Dead ») : « Je suis comme le Spirit, je vis dans un cimetière. »

18 décembre 2011 1 commentaire
  • Phénomène de télévision et de librairie, « Walking Dead » en est à sa deuxième saison TV et à 14 albums publiés en France aux Editions Delcourt. Nous avons brièvement rencontré Charlie Adlard, deuxième dessinateur du premier Graphic Novel vendu aux États-Unis en 2010 et qui s’avère être un grand admirateur de la bande dessinée française…
Charlie Adlard (Dessinateur de « Walking Dead ») : « Je suis comme le Spirit, je vis dans un cimetière. »
Le tome 15 à paraître en février 2012
Éditions Delcourt - Traduction Edmond Tourriol

Avez-vous été surpris par le succès de votre série, en particulier en France ?

Oui, parce que la France est pour moi un pays de référence de qualité pour la bande dessinée, plus qu’ailleurs, plus qu’aux States. Je ne sais pas quelle est l’opinion de Robert [Kirkman, le scénariste et le producteur exécutif de la série] à ce sujet car il n’aime pas voyager et reste plutôt aux États-Unis qu’en Europe, mais c’est étonnant.

L’impact de la série TV est le même en Europe qu’aux States ?

Je ne pense pas, je crois qu’il est similaire, mais que la réaction des gens est différente. Aux USA, on a affaire à de vrais fans de la série ; ici, c’est plus distancié. On l’a l’impression qu’aux States, la bande dessinée est seulement réservée aux enfants ; en Europe, le public est plus diversifié. Je crois que le succès de la série en France vient de ce que le public est moins sevré aux super-héros que chez nous.

On vous reconnaît davantage comme un auteur…

Oui, comme un véritable artiste, ça fait plaisir.

Walking Dead : un succès de librairie.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Quand vous parlez de vos influences où l’on retrouve Will Eisner, Jack Kirby, vous mentionnez aussi des artistes européens…

Oh oui, je suis un grand lecteur d’Astérix, mais aussi de Baru, notamment cet album qui est l’un de mes livres français favoris : L’Autoroute du soleil, un livre incroyable, un « Casterman-manga »... J’ai vu ses planches dans une galerie parisienne, son dessin est tout simplement fantastique. C’est à tomber.

J’aime aussi des gens comme Gibrat dont j’adore le travail. J’ai même acheté une planche originale de Matteo à Paris. Et puis aussi Nicolas de Crécy, Jacques Tardi… Ses livres sur les tranchées de la Première Guerre mondiale sont particulièrement durs, époustouflants.

Votre dessin est dans la filiation des grands auteurs américains cependant, même de Corben, semble-t-il…

Je suis un fondu de Jack Davis, mais pas tant que cela de Corben. Jack Davis est une influence fondamentale chez moi.

Charlie Adlard, très sollicité par les médias.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Cela ne vous mine pas le moral de devoir dessiner des morts-vivants, année après année ?

Bah, ce n’est que de l’encre et du papier, vous savez. Je reçois le scénario et je l’exécute. Il m’est arrivé une fois seulement d’appeler Robert Kirkman au téléphone et de lui demander en plaisantant de changer un peu d’air. Au fond, je suis comme le Spirit de Will Eisner. Je vis dans un cimetière ! (Rires)

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Didier Pasamonik

Walking Dead T14 : Piégés !
(c) Image Comics & Éditions Delcourt - Traduction Edmond Tourriol

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire la chronique de Charles-Louis Detournay sur "Walking Dead"

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Lire notre chroniques des tomes 12 et 13 et le lancement de la série télévisée.

 
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