Chick Bill contre l’Invisible - Par Tibet - Le Lombard

17 mai 2006 0 commentaire
  • Le Lombard continue, pour ses 60 ans, à republier dans une collection de luxe les auteurs et les œuvres qui ont forgé sa réputation. Cette fois, c'est Tibet qui fait les honneurs de cette collection d'archives vénérables avec la republication des aventures de Chick Bill, dont on découvre... qu'il a des origines animales.

Ce n’est pas la moins étonnante des métamorphoses. Les premières aventures de l’intrépide cow-boy étaient animalières ! Il y a plusieurs raisons à cela. D’abord Tibet fait ses premières armes de dessinateur dans la version belge du Journal de Mickey. A l’époque, le tycoon de Burbank avait des studios de dessin partout dans le monde : en France, en Scandinavie, en Hollande, en Espagne, en Italie, en Belgique... Chacun créait des récits qui venaient enrichir le pot commun sous la signature magique de Walt Disney. Tibet y travaillait comme assistant auprès des dessinateurs belges de Mickey, Tenas et Rali. De Disney, Tibet retient un nom court et clair, et... la truffe qui adorne le visage de ses personnages quand il crée la série Chick Bill pour le magazine pour la jeunesse Junior en 1953. Cet hebdomadaire était une sorte de clone du journal Tintin édité avec la collaboration du Lombard, pour un réseau de vente par courtage.

Le passage à l’humain a lieu précisément quand Tibet est jugé digne de joindre l’hebdomadaire des jeunes de 7 à 77 ans, son dessin devant se fondre dans le moule hergéen, comme cela a été le cas pour la série Bob & Bobette. « Les westerns animaliers ne marchent pas », avait décrété Hergé qui avait connu lui-même un échec dans ce registre avec Popol et Virginie chez les Lapinots. Tibet, qui est un brave gars, se plie sans protester au diktat du père de Tintin. Il fait bien : cinquante ans plus tard, Chick Bill est encore en librairie.

Ce volume publie aussi le deuxième titre de la série : Les Carottes sont cuites. Les collectionneurs le savent : c’est de loin le plus rare dans sa version originale. Je me souviens que Dick Rivers, le célèbre rocker concurrent de Johnny dans les années soixante, était un collectionneur fervent de la série Chick Bill. Il acheta une fortune son exemplaire des Carottes sont cuites au libraire bruxellois Michel Deligne. Ici, vous pourrez en profiter pour un prix bien plus modeste.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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