Chris Ware, le pas très surprenant Grand Prix d’Angoulême 2021

  • Eh bien, voilà. Ce n’est ni Bruno Racine, ni Catherine Meurisse, ni Pénélope Bagieu qui recevront le Grand Prix cette année, mais bien l’Américain Chris Ware qui figurait sur les listes depuis plusieurs années. Couvert de prix de bande dessinée depuis deux décennies (Prix du meilleur album et Prix de la critique la même année à Angoulême dès 2003, titulaire de 22 Eisner Awards, 28 Harvey Awards, des prix Ignatz, Max und Moritz, le prix des Stripdagen à Haarlem, etc.) et de prix littéraires comme l’American Book Award et le Guardian First Book Award, Chris Ware promeut une Ligne Claire déconctructive qui bouscule les codes de la bande dessinée tout en lui conférant un léger parfum « vintage. »

C’est incontestablement son œuvre majeure Jimmy Corrigan qui le distingue entre 1995 et 2005. Au travers d’un écheveau de jeux graphiques très formels, il décrit la relation tortueuse et très émouvante entre un père et son fils. C’est ce jeu entre une esthétique très exigeante et très sophistiquée alliée à un récit où les personnages expriment des sentiments d’une profonde subtilité qui fait de Franklin Christenson Ware, 53 ans, un auteur à part et précieux. Il était depuis longtemps dans les « papabile » de la Cité angoumoisine.

Chris Ware, le pas très surprenant Grand Prix d'Angoulême 2021

Un extrait de Jimmy Corrigan (Ed. Delcourt)

Jacques Samson, auteur d’une monographie accompagnée d’une interview de Chris Ware par Benoît Peeters aux Impressions Nouvelles, le décrivait ainsi dans nos pages : « C’est quelqu’un qui a, à la fois, une capacité à raconter –c’est d’abord un conteur- mais il ne va jamais rien sacrifier sur le plan pictural, que ce soit le dessin, la mise en page, la maquette. C’est quelqu’un qui adore les livres, qui adore l’imprimé et qui intervient à tous les niveaux dans la conception de l’ouvrage. Tout est fait encore à la main, c’est un véritable artiste et en même temps un conteur. Il révolutionne à ce titre la bande dessinée dans la mesure où il raconte des choses qui sont radicalement différentes des comics que l’on rencontre aux États-Unis et, par rapport à la bande dessinée en général, par rapport à la bande dessinée dite de genre : l’aventure, le fantastique, le biographique, etc. Lui, il est en dehors de tout cela. Il est sincèrement préoccupé par le temps, par la manière dont on le fabrique, dont il nous fabrique. Quand on entre dans l’univers de Ware, on entre dans une terre inconnue, dans un univers totalement nouveau. »

Chris Ware par Seth Kushner

« Chris Ware, c’est l’inaventure », résumait-il. En quelque sorte une application à la bande dessinée des principes du Nouveau Roman. On comprend qu’il ait impressionné une génération d’auteurs qui composent la grande majorité des votants pour le Grand Prix.

Il faut dire que Ware accompagne l’aventure des avant-gardes étasuniennes. Dès les années 1980, il est présent dans la revue Raw de Françoise Mouly et Art Spiegelman, aux côtés de Joost Swarte, son prédécesseur dans la Ligne claire déconstructive. Il lui emprunte notamment son goût pour l’architecture et ses perspectives cavalières. Mais ce n’est pas la seule influence sur l’artiste : issu d’une famille de journalistes et d’éditeurs de presse, il n’ignore pas les facéties graphiques de Winsor McCay (Little Nemo) ou de Frank King (Gasoline Alley), ni l’économie de moyen et la modernité des Peanuts de Charles Schultz. Mais c’est dans le cinéma de Joseph Cornell et dans les expériences minimalistes de Richard Mc Guire (prix du meilleur album à Angoulême lui aussi) qu’il trouve l’inspiration pour ses récits non-linéaires.

"Building Stories", ou la vie d’un building déclinée en plusieurs objets graphiques. (Ed. Delcourt)

On ne peut donc que saluer cette élection qui n’est pas une surprise tant son influence pesait bien plus lourd que celle des jeunes femmes qui s’opposaient à lui. Il reste que l’on peut s’interroger sur cette séquence un peu particulière du Grand Prix 2021. Outre qu’il a été pris en otage par les AAA, il semble bien que la « short list » marque des signes d’essoufflement et que les artistes qui sortent du chapeau sont de moins en moins représentatifs d’une bande dessinée vouée à un large public. En ce sens, le prix dédié à Chris Ware est bien angoumoisin.

Une page de "Rusty Brown", le dernier album de Chris Ware (Ed. Delcourt)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Les œuvres de Chris Ware en français.

-  Jimmy Corrigan : the smartest kid on earth... (trad. de l’anglais par Anne Capuron), Paris, Delcourt, 2002.
-  Quimby the Mouse, Paris, L’Association, 2005.
-  ACME (trad. Anne Capuron), Delcourt, 2007.
-  Building Stories (trad. de l’anglais par Anne Capuron), Paris, Delcourt, 2014.
-  Rusty Brown (trad. de l’anglais par Anne Capuron), Paris, Delcourt, 2020.

- La Monographie de Jacques Samson et Benoît Peeters : Chris Ware, la bande dessinée réinventée, Les Impressions nouvelles, 2010

En médaillon : Chris Ware par Didier Pasamonik.

 
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98 Messages :
  • Son livre m’est franchement tombé des mains. Pas fini et sans regrets. Je l’ai trouvé vain, beau dans la forme mais tellement fade dans le fond. Exercice intello pour snobs. Quelqu’un pour me le racheter ?

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    • Répondu le 23 juin à  09:25 :

      Gardez-le ! Peut-être que dans quelques années, vous aurez envie de vous y intéresser. Certains ouvrages ne se livrent pas tout de suite et on pense ne pas les aimer parce qu’on ne les comprend pas. Chris Ware est un auteur exigeant qui mérite des lecteurs exigeants.

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      • Répondu le 23 juin à  09:29 :

        Chris Ware est un auteur exigeant qui mérite des lecteurs exigeants.

        C’est ce qu’on dit des trucs super chiants et imbitables.

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        • Répondu le 23 juin à  12:03 :

          Chiant et imbitable, c’est ce que disent les ignorants qui préfèrent trouver dans un livre ce qu’ils connaissent déjà et ne considèrent la création artistique que comme un divertissement,

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        • Répondu le 23 juin à  15:00 :

          vous n’y avez pas trouvé de fusillades, d’adultères ou de complots mondiaux organisés par les mafias russes et donc c’est chiant à lire c’est ça ?

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  • Je pense qu’il y a une erreur de date, lorsque vous évoquez "1995-2005" à propos de "Jimmy Corrigan". Si sa prépublication dans "The Acme Novelty Library" a bien commencé en 1995, le recueil date de 2000.

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  • Logique !

    Chris Ware est incontournable dans l’histoire de la bande dessinée. Au delà de son univers particulier, son influence est palpable sur de nombreux auteurs. Son prix était inévitable.
    Petit avis personnel : j’ai trouvé Rusty Brown plus abouti que Jimmy Corrigan (effet de surprise en moins).

    Par ailleurs, un auteur français aurait été dévalorisé par un grand prix décerné dans une année sans festival et dans une ambiance de grogne. Catherine Meurisse qui mérite aussi ce prix, l’obtiendra sûrement d’ici peu (en janvier prochain ?).

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    • Répondu le 23 juin à  09:10 :

      Rien n’est moins sûr, certains qui devaient l’avoir ( Sfar, Larcenet, etc) ne l’ont jamais eu, les guerres de clans et de chapelles font rages dans la bd francophone.

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      • Répondu le 23 juin à  09:28 :

        Joann Sfar l’a eu en 2003 : Prix du Trentenaire du festival d’Angoulême.

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      • Répondu le 23 juin à  09:39 :

        Vous voulez plutôt dire "rien n’est sûr". Parce qu’en français "Rien n’est moins sûr" signifie "il est tout à fait sûr". En belge, je ne sais pas parce que dire "non, peut-être" pour dire "oui, bien sûr", ça n’a pas de sens.

        Joann Sfar a reçu un "Prix du trentenaire" et il était vexé.
        Manu Larcenet a appelé en 2017 à ne pas voter pour lui.

        Moi, je veux qu’on me fasse la liste des clans et des chapelles et une carte des guerres qu’ils se livrent.
        Il y a des auteurs qui publient chez des éditeurs et des attentes ou mésententes entre auteurs et éditeurs et entre auteurs, mais en réalité, auteur, il n’y a pas plus individualiste. Le travail de Chris Ware est singulier et avant-gardiste. Il n’est d’aucun clan ou d’aucune chapelle et c’est ce qui le rend si intéressant et important.

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        • Répondu le 23 juin à  12:01 :

          Sfar aurait pu l’avoir, mais son heure est passée. Ce sont les auteurs qui votent et il n’est pas très admiré ni apprécié parmi eux. Riad Sattouf non plus, il a trop de succès et ça agace beaucoup et fait beaucoup d’envieux. Larcenet n’est pas un auteur majeur, il a eu du succès à un moment donné mais c’est terminé et il n’est pas considéré comme un grand artiste.

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        • Répondu le 23 juin à  13:29 :

          Rien n’est moins sûr a aussi une signification ironique dans le sens " pas moins" comme l’écrit l’Académie Française.

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          • Répondu le 23 juin à  14:14 :

            C’est drôle, tout le monde n’est pas d’accord avec le sens de cette expression. Pour certains, elle signifie "ce n’est pas certain du tout " et pour d’autres, le contraire : "il est tout à fait sûr".

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  • C’est con pour lui qu’il se retrouve totalement illégitime dans cette élection truquée.

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    • Répondu le 23 juin à  09:43 :

      Ce qui est illégitime, c’est l’action de l’AAA contre ce prix.

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      • Répondu le 23 juin à  09:56 :

        Ce qui est illégitime, c’est le bidouillage du scrutin par le FIBD.

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        • Répondu le 23 juin à  10:26 :

          Bruno Racine n’était pas éligible : il n’est pas auteur de bandes dessines. Le vote Racine était donc nul mais le scrutin n’est pas illégitime.

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    • Répondu par Milles Sabords le 23 juin à  09:48 :

      Bel exercice d’un plasticien contemporain qui joue avec les codes de la BD, mais qui n’est plus de la BD, sauf des book pour le musé Gugenheim. Une production qui se vend très mal auprès du public BD, mais rafle des prix. Toujours la même dichotomie entre ceux qui croient détenir la vérité absolue de ce que doit être la culture et le reste de la société. Pour le cas de Meurisse, la même dichotomie se serait produite.

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      • Répondu le 23 juin à  10:33 :

        Chris Ware est certainement plus un auteur de bandes dessinées que vous l’êtes. Il travaille sur le fond, la forme et le langage même de la bande dessinée. Ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas son travail que vous avez raison.
        Que sa production se vende très ma auprès du public BD n’est pas un critère de manque de qualité. Il rafle des prix parce qu’il invente. D’ailleurs, c’est l’un des rares à avoir vraiment inventé quelque chose dans la bande dessinée depuis 25 ans. Mille sSabords, vous avez inventé quoi à part un s à Mille ?

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        • Répondu par Milles Sabords le 23 juin à  13:47 :

          Je ne suis pas auteur de BD mais lecteur passionné. Ware n’est pas le premier a avoir travaillé sur le livre et le papier en trois dimensions. Les procédés qu’il utilise sont très répandus dans la pub, et surtout aux états-unis, qui ont développé très tôt tout un rituel autour de ce que doit être l’identité d’une entreprise par la personnalisation de la carte de visite, de la lettre et de son en-tête et de divers produits dérivés. La particularité de Ware c’est d’avoir adapté ces procédés à la BD, il n’a donc rien inventé du tout. La BD n’a pas changé depuis son arrivée, on consomme les albums toujours de la même manière et pas sûr que son cluedo graphique devienne une norme commerciale dans les décennies à venir. Il reste un auteur singulier, comme il y en a eu tant d’autres dans la BD avant lui, qui ont aussi expérimenté des choses et que l’on a oublié depuis. Si la BD n’est juste qu’un alignement de cases, alors que dire des albums où il n’y en a pas, où les cases deviennent ovales, rondes, ou partent dans tous les sens ? Pour les albums de Ware, comme pour beaucoup d’autres albums dit de "Bédé", il ne faut pas confondre le fond et la forme. Son travail est très régressif finalement, comme un jeu de légo graphique, puisque son dessin même, ressemble à l’univers plastique de ces jouets. Ware a le talent d’interroger sa conception vis-à-vis de la BD, de faire son chemin de "plasticien de la case", mais n’est pas représentatif d’un "prix BD" à Angoulême. D’ailleurs, depuis fort longtemps, Angoulême est devenue l’antichambre de la FIAC plus que le perron de la BD. Je préfère mettre un "S" à mille plutôt que de jouer le confort de l’anonymat.

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          • Répondu le 23 juin à  16:56 :

            Ware mérite ce prix. Avec Moebius, il est un des rares héritiers légitimes de Winsor McCay.

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          • Répondu par kyle william le 23 juin à  17:18 :

            Le seul truc illogique c’est que Chris Ware obtienne le prix après des gens comme Lewis Trondheim ou Dupuy et Berberian.

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          • Répondu le 23 juin à  17:42 :

            Chris Ware a inventé son propre langage constitué de codes graphiques mûrement réfléchis. Si vous ne comprenez pas, tant pis pour le lecteur que vous êtes.

            Un pseudonyme c’est de l’anonymat tout pareil.

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            • Répondu par Milles Sabords le 23 juin à  20:37 :

              Astuces publicitaires remise au goût du jour, codes graphiques déjà vu et revu, ça n’est pas de la culture BD. Sans pseudo on reste encore plus anonyme parmis les posts anonymes.

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              • Répondu le 24 juin à  05:41 :

                C’est quoi la culture bd ? Qui êtes-vous pour décider que Chris Ware n’est pas de la culture Bd ? Vous êtes anti-roman graphique, anti-manga et maintenant anti-underground américain. Il restera quoi à la fîn ? Jusqu’où va votre sectarisme ?

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                • Répondu par Milles Sabords le 24 juin à  10:11 :

                  Je ne suis anti rien du tout et à plusieurs reprises j’ai cité dans mes différents posts, mes lectures d’albums qui englobent tous les genres de la BD. Visiblement, vous n’avez pas lu tous mes posts. Contrairement à vous, je n’ai pas le sectarisme d’accuser à tort ceux dont l’avis me déplaît.

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                  • Répondu le 24 juin à  12:32 :

                    Pardon de ne pas passer ma vie à relire vos œuvres complètes ici mais j’en ai assez lu pour me faire une idée. Je suis heureux de voir triompher dans les ventes, les critiques et les récompenses une bande dessinée qui échappe justement à vos œillères sectaires et chauvines. La Bd et les auteurs souffrent du conservatisme d’un lectorat vieillissant que vous incarnez et qui détient encore malheureusement un fort pouvoir d’achat et une influence néfaste sur les choix éditoriaux.

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                  • Répondu le 24 juin à  13:18 :

                    Vous n’êtes anti-rien-du-tout mais vous affirmez quand même que les codes graphiques utilisés par Chris Ware, ce n’est pas de la culture BD. Sans expliquer ce que sont les (vos) codes de la culture BD et ce qu’est la (votre) culture BD. Selon votre avis d’expert (simple lecteur), il y existerait une culture BD bien définie par des règles immuables et imperméables.

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              • Répondu le 24 juin à  07:00 :

                Que voulez-vous dire par "ce n’est pas de la culture BD" ?

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          • Répondu le 24 juin à  07:12 :

            En faites, le truc qui vous intéresses dans la bd c’est de savoir si cela se vend ou pas.

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            • Répondu le 24 juin à  09:43 :

              et BIM envoyé ;-)

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              • Répondu le 24 juin à  09:51 :

                La meilleure description de l’attitude sectaire archétypale de l’individu qui signe sous le pseudonyme Mille Sabords est incluse dans la lettre de Chris Ware, lui-même : "celui qui ne comprend pas une peinture ou une sculpture blâmera ses propres lacunes en histoire de l’art, celui qui ne comprend pas une bande dessinée accusera son auteur de ne pas être à la hauteur. "

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                • Répondu par Ricardo le 24 juin à  12:29 :

                  Vous décontextualiser les propos de Chris Ware pour servir vos propres propos. Milles Sabords n’a jamais dit que Chris Ware était nul. Il donne son analyse du travail d’un auteur, dont certains points sont justes et d’autres plus discutables, après, il n’oblige personne à être d’accord avec son analyse. Je trouve les interventions de Milles Sabords, de Kyle Williams, de Patydoc, de Lorenzaccio, de JC Lebourdais, de Vieux Tromblon, plus pertinentes que certaines diatribes sans pseudo et sans profondeur.

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                  • Répondu le 24 juin à  13:34 :

                    Mille Sabords n’a pas dit qu’il était nul, mais pire encore que Ware est un graphiste publicitaire qui n’appartient pas à la culture bd. C’est typiquement ce que décrit la citation de Ware : Mille Sabords ne comprend pas le travail de Ware, il lui retire donc sa légitimité d’auteur Bd. C’est du sectarisme pur. Par exemple, je n’ai jamais compris le travail de Chagall, mais je ne nie pas pour autant qu’il appartienne à l’histoire de la peinture.

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                  • Répondu le 24 juin à  13:39 :

                    Pourquoi perdre son temps à attaquer, défendre ou analyser les propos de Mille Sabords ? Quelle importance a-t-il ? Les opinions d’un quidam qui reproche à Chris Ware de faire des cases rondes ou ovales n’ont aucune valeur.

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                    • Répondu le 24 juin à  17:23 :

                      Pas plus que votre avis ou celui de bon nombre de personnes qui son intervenues. Personne n’est expert en quoi que ce soit, personne ne changera la face de la BD, ni du monde. Chacun donne son avis. Pas la peine d’être haineux si un avis va dans le sens contraire des autres. Ware s’en fout de nos avis.

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                    • Répondu par Milles Sabords le 24 juin à  17:38 :

                      "...qui reproche à Chris Ware de faire des cases rondes ou ovales". Vous ne savez pas lire ? Ce n’est pas ce que j’ai écrit.

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                  • Répondu le 24 juin à  15:03 :

                    Votre pseudo ne vous rend pas moins anonyme.

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                  • Répondu le 24 juin à  15:12 :

                    L’analyse de Milles Sabords n’est qu’une opinion. Elle ne développe rien, n’aboutit à rien d’autre que dire j’aime ou j’aime pas. Elle n’existe pas parce que n’importe qui est capable de donner son opinion, son préjugé, son a priori sur tout et n’importe quoi.

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          • Répondu par Sergio Salma le 24 juin à  12:45 :

            Cher Émile Sabor, vous dites que Ware n’est pas légitime comme prix de la BD à Angoulême. C’est ça ? Parce qu’on ne comprend pas bien votre message. Qui ferait l’unanimité selon vous ? Avez-vous pensé que les 10 ou 20 personnes que vous verriez couronnées déplairaient avec autant de bonnes et mauvaises raisons à plein de gens tout aussi sincères que vous ?Qu’est-ce qui vous pousse à écrire votre désapprobation ? Vous faites penser aux manifestants qui se bougent "contre". Savez-vous que, en tant qu’amateur (semble-t—il) éclairé, vous devriez être content qu’Angoulême (ou tout autre festival d’ailleurs) mette en avant une facette de cet art ? C’est pour un an hein ?pas pour l’éternité ! En tout cas si un de vos auteurs légitimes à vous devenait pendant un an le grand prix ,sachez que jamais je n’irais sur un site étaler mon triste scepticisme .

            Ware est un fabuleux narrateur, un dessinateur obsessionnel ( allez voir ses croquis ), un coloriste comme il y en a peu et c’est vrai un plasticien. Et à mon avis c’est ça qui vous ennuie on dirait. Moi aussi j’ai tiqué ces dernières années en voyant certains travaux récompensés mais on peut comprendre quand même qu’un jury puisse se donner une mission. Et c’est respectable. Les amateurs ont eux aussi une mission (comme les témoins de Jéhovah font du porte à porte, eux ils font des commentaires) et quand ils râlent c’est très souvent basique sous couvert de réflexions plus ou moins alambiquées . C’est evidemment la faute à leur panthéon personnel. Mais attention l’amateur éclairé fait pareil pour les lignes des voitures , les variétés et même la cuisine . On ne parlera pas de politique ni du réchauffement climatique parce que là aussi l’amateur éclairé (souvent à la bougie) a tout compris .

            Monsieur Sabor, soudain une suggestion. On vous lit ici ou là à propos de divers sujets, livres , auteurs ou autrices ...soit ,ça fait toujours un peu sourire, entre les sentences trashy de m’sieur Colonnier et les vacheries involontaires de plein d’écriveurs désoeuvrés tendance lourde et merveilleusement caricaturale ,ça égaie avouons-le la lecture d’ActuaBD ces petits fights minables et anonymes.

            Il me semblerait plus intéressant que vous proposiez vos services en tant que chroniqueur plutôt que vos petites piques naïves et autres raisonnements amers. Ce serait plus puissant d’affirmer vos goûts plutôt qu’en creux nous exposer votre veto comme c’est le cas pour ce grand prix .

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            • Répondu par Milles Sabords le 24 juin à  20:03 :

              Cher Sergio,
              Je vous ai connu des réparties plus fines dans l’objectivité des faits. Je n’ai pas à me justifier de mes écrits. Demande-t-on à toutes les personnes qui passent sur ce site leurs références BD et leurs goûts ? Doit-on justifier d’un quelconque diplôme (si tant est qu’il en existe un ?) en matière de culture BD pour s’exprimer sur ce forum ? Si vous avez lu mes posts, vous savez que je possède un spectre de lecture aussi large que varié. En tous cas, plus que certains ayatollahs de la pensée unique, qui me jugent comme un sectaire noyé dans son formol conformiste. Je n’ai pas envie de bêler avec le reste du troupeau et cela s’appelle aussi la démocratie. Si je vous dit : Moebius, Jijé, Baru, Goossens, Toppi, Guibert, Corben, Wolinski, Munoz, Lauzier, Otomo, pour n’en citer que quelques uns, mais pas Ware, j’ai donc tout faux dans mes préférences ? Ben, je préfère continuer à avoir tout faux et vous sembler être naïf, amer et poseur de veto, tant le festival d’Angoulême est décrié depuis des années par vos collègues auteurs et autrices, sans compter que certains éditeurs ne veulent plus donner de l’importance à cette confrérie de l’entre-soi. Je préfère les petits festivals en région (il y est plus facile et agréable d’y rencontrer des auteurs) que ce barnum qui se veut médiatique, mais qui n’intéresse même plus les 20H des rédactions. En tout cas, Salma tout l’air d’être le chant du cygne, puisque St Malo lui vole de plus en plus la vedette.
              Bien affectueusement, votre Emile Sabord.

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              • Répondu par PaulM le 5 juillet à  11:58 :

                Milles Sabords,

                Vous venez ici, avec votre ton péremptoire (je parle de votre premier post sur Ware) nous dire tout le mal que vous pensez de Mr Ware, où plutôt, tout le mal que vous pensez de son travail, et aussi de ces admirateurs.
                Force est de constater que vous n’avez pas lu Chris Ware, car de votre critique il n’en ressort qu’une diatribe sur son style de dessin et ses visuels.
                Alors la question serait : Avez-vous vraiment lu Chris Ware, et si oui, quelles sont ses thèmes de prédilection ?
                Si vous avez lu quelques livres de ce Monsieur vous ne seriez pas en train de critiquer la forme mais bien le fond, fond qui mérite une critique. Par exemple que pensez-vous du personnages de Chalky White et quel est son lien avec Rusty ? Chris Ware n’est-il pas l’auteur contemporain qui a le regard le plus aiguisé quand on pense aux USA et a-t-il prophétisé le complexe de l’homme blanc en Amérique ?

                Voyons de plus près vos assertions : je vous cite
                "Bel exercice d’un plasticien contemporain qui joue avec les codes de la BD, mais qui n’est plus de la BD, sauf des book pour le musé Gugenheim."
                Pouvez-vous nous montrer un exemple dans le travail de mr Ware de cette assomption s’il-vous-plaît ? Pouvez-vous nous citer des "book pour le musée Gugenheim" qui se rapprocherait des livre de Mr Ware, et pouvez-vous nous citer un livre de l’auteur exposé au "Gugenheim" ? et pouvez-vous nous démontrer que si un auteur de BD est exposé au "Gugenheim" il ne devient plus un auteur de BD.

                "Une production qui se vend très mal auprès du public BD, mais rafle des prix."
                Pouvez-vous nous apportez les chiffres de ventes de chaques livres de mr Ware, et nous démontrer le lien entre "mal vendre auprès du public BD" et les Prix et récompenses, de plus pouvez-vous nous donner une définition du concept "public BD" s’il-vous-plait ?
                Pouvez-vous nous démontrer l’assertion suivante : si vous ne vendez pas un certain nombre d’exemplaires vous n’êtes pas considérer comme auteur de BD sérieux.

                "Toujours la même dichotomie entre ceux qui croient détenir la vérité absolue de ce que doit être la culture et le reste de la société."
                N’êtes vous pas en train de faire ce que vous dénoncez ? car votre assertion n’est-elle pas édictée comme une vérité absolue (la votre, la seule qui est valable apparemment) ? à lire cette phrase, d’une grande originalité, nous avons l’impression que vous êtes l’unique détenteur de ce qu’est la culture. N’est-ce pas une contradiction ? et puisque que vous y êtes, pouvez-vous nous définir "ceux" et "le reste de la société" ? pour aller plus loin, considérez-vous le travail de l’auteur comme n’étant pas du domaine de la culture ? il semblerait que oui d’après votre première assertion (Bel exercice d’un plasticien contemporain…) or vous l’écartez du champs culturel ici : "vérité absolue de ce que doit être la culture".

                Merci

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      • Répondu le 23 juin à  10:52 :

        N’en déplaise aux grincheux, aux incultes, aux réacs et aux complotistes, Ware mérite largement ce prix. C’est un auteur important dans l’histoire de la Bd et le FIBD est un gros festival. Après les jaloux, calmez-vous, c’est seulement le prix annuel de la BD en France, c’est pas non plus le Prix Nobel de Littérature ou une récompense intergalactique. Ware a fait avancer le médium BD, c’est incontestable.

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      • Répondu le 23 juin à  11:22 :

        On est un peu loin de l’excercise plutot la maitrise là.
        plasticien ? plutot infographiste et assez génial dans l’ensemble.
        Chris Ware fait la prouesse de conçevoir ses bd en élaborant également le support, mais aussi la typo etc etc chose rare en bd.
        ha autre chose, si vous alignez 2 images c’est de la bd et ce n’est pas parce qu’une bd se vend que c’est bien.

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        • Répondu le 23 juin à  14:16 :

          Aligner deux images ou même tracer une suite de cases, ça n’est pas faire de la bayday. La bayday c’est beaucoup plus subtil. Plus subtil aussi que de faire de l’infographie sur album. Le dessin de Ware est un dessin industriel pour plaquette d’entreprise.

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        • Répondu le 23 juin à  15:46 :

          excercise ? Vous n’êtes pas dans la maitrise de l’orthographe vous.

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          • Répondu par le petit robert le 24 juin à  07:19 :

            vous faites le tour de tous les forums pour chasser les fautes de frappe.
            Vous vous ennuyez tant que ça dans la vie ??
            Sinon chris ware un avis peut-être ???

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  • Apres Lauzier et Corben, les pontes d’angouleme restent dans les annees 90. c’est triste...

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    • Répondu le 23 juin à  11:54 :

      Ce sont les auteurs qui votent. Si c’était le public, on serait figé dans les années 60, époque bénie des boomers qui constituent la majorité du lectorat de la bd Franco-belge. Les jeunes eux lisent des mangas.

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    • Répondu par PhilC le 23 juin à  12:44 :

      C’est normal que ce prix qui récompense une carrière soit actuellement attribué à des auteurs apparus dans les année 90.
      Pour info, Corben et Lauzier (grand prix 1993 !) sont plutôt des auteurs des années 70/80.
      Il y a eu peu de grands prix très précoces (seuls Reiser, Tardi, Bilal, Zep et Vuillemin avaient moins de 40 ans).
      Ware à 53 ans est dans la moyenne. Les auteurs des années 2000 seront sans doute bientôt primés. Pénélope Bagieu (39 ans) et Catherine Meurisse (41 ans) en sont les premières représentantes pressenties.

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      • Répondu par Tomblaine le 23 juin à  14:28 :

        Sans oublier Emmanuel Guibert (57 ans), dont la majorité des travaux reconnus (Le Photographe, Ariol ou La Guerre d’Alan) date aussi des années 2000-2010.

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  • Il a le Grand Prix et que ça plaise ou non, il l’a et pis c’est tout.

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  • Stripgaden (dans le chapitre) n’est pas un mot existant. C’est Stripdagen, mais en fait ça c’est l’événement. Le prix, c’était le "Grand Prix VPRO". https://www.actuabd.com/Chris-Ware-Grand-Prix-VPRO-aux-Stripdagen-d-Haarlem-2008

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  • Chris Ware : "... en effet, là où celui qui ne comprend pas une peinture ou une sculpture blâmera ses propres lacunes en histoire de l’art, celui qui ne comprend pas une bande dessinée accusera son auteur de ne pas être à la hauteur."

    https://actualitte.com/article/100991/tribunes/chris-ware-aux-etats-unis-la-bd-n-est-meme-pas-consideree-comme-un-art

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    • Répondu le 24 juin à  13:44 :

      Chris Ware mérite ce prix. Mais il y a d’autres grands auteurs étrangers qui auraient du l’avoir. Sergio Toppi en son temps questionnait tout autant le rapport à la page et à la narration, repoussant plus loin les limites de la Bd. Neal Adams, cité ailleurs, le mérite amplement. Jordi Bernet, Angelo Stano aussi.

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      • Répondu le 24 juin à  15:45 :

        Sergio Toppi était formaliste et les autres que vous citez de très habiles illustrateurs. Chris Ware n’est pas formaliste. La forme naît du propos. Pour lui, ce qui est primordial, c’est le récit et le graphisme (dessin, typo, compo, couleur) sont au service de ce récit. Ware ne pense pas comme un illustrateur mais comme un auteur de bandes dessiénes. C’est cette nuance qui fait toute la différence. Son processus de création est radicalement différent de celui de Sergio Toppi.

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        • Répondu le 24 juin à  16:44 :

          Ils sont radicalement différents mais Chris Ware est
          un ultra-formaliste, à tel point que ses livres sont d’abord des objets, avant même d’être destinés à être lus. C’est peut-être là sa limite d’ailleurs.

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          • Répondu le 24 juin à  18:00 :

            Il serait ultra-formaliste s’il était esthétisant mais là, non. La forme découle toujours du fond, du récit. Ce n’est pas de la forme pour la forme. Ou la forme qui décide du fond. Il raconte en utilisant tous les moyens graphiques à sa disposition. On aborde ses livres comme des objets parce que le visuel s’exprime toujours avant le contenu. C’est un impératif physique. Mais une fois que vous laisse prendre par le propos, tout défile de manière ultra-logique et ce n’est plus la forme qui domine. Il a inventé son propre langage, c’est ce qui donne autant de présence au visuel. Quand vous êtes devant des bandes dessinées classiques, vous êtes moins surpris visuellement parce que vous avez déjà intégré les codes graphiques depuis longtemps, depuis l’enfance.

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            • Répondu le 25 juin à  07:08 :

              Ses livres sont tellement des objets que je ne les achète pas. C’est le genre de livres qu’on pose sur une table basse et qu’on ne lit jamais. Il est allé trop loin dans le formalisme, tellement qu’il est peu acheté et très peu lu. Dans l’underground américain, je préfère Charles Burns et surtout Daniel Clowes. Eux aussi sont partis du comics-book vintage et populaire pour en faire de grands récits d’auteur, mais contrairement à Ware, ils n’ont pas basculé dans la préciosité jusqu’à être quasiment illisibles.

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              • Répondu le 11 juillet à  02:33 :

                Vous parlez d’une oeuvre, tout en avouant ne pas l’acheter. La lisez-vous ? Parce que Ware raconte des histoires, avant tout. Ce n’est pas parce qu’en plus c’est un plasticien de génie qu’il n’a rien à dire, et que son oeuvre se résume à son apparence.
                Par ailleurs, vous dites "qu’il est peu acheté et très peu lu", ce qui est absolument faux. Chris Ware est tout sauf un auteur snob, élitiste, exclusivement formaliste, sans public. Rien que son Acme Novelty Library se vendait 20’000 exemplaires dans les années 1990s. Imaginez maintenant, alors que ses livres se trouvent dans toutes les librairies qui se respectent.
                Je lis beaucoup de bandes dessinées et Chris Ware est sans conteste l’un des très rares auteurs des trois dernières décennies à avoir proposé quelque chose de si radicalement nouveau, et de si fondamentalement ancré dans le langage de la bande dessinée.

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        • Répondu le 24 juin à  17:11 :

          J’aimerais bien lire des bandes dessiénes, c’est quoi ?

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          • Répondu le 24 juin à  18:02 :

            Vous faites le malin mais ne croyez pas si bien dire. La bande dessinée, c’est quoi, justement ?
            Des codes stéréotypés et convenus ou des codes qui s’inventent et se réinventent ?

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  • Décidément on sent vraiment l’arrivée des beaux jours, les pizzaioli, spécialité roulage dans la farine ( et dilution) sont de sortie. Miam ! Pour moi ce sera une magherita occhio di bue, pas trop sèche sur les bords.

    Ça y est, enfin, le Orson Welles de la BD a le Grand Prix ! Joie. Le Orson Welles de Citizen Kane, reconnu unanimement comme le plus grand film de l’Histoire du cinéma mais que personne n’a vu -en entier (il est paraît-il chiant comme la pluie, faudra vérifier ça un jour).
    On en revient au Grand Prix du jour dont l’œuvre demande, régulièrement, une certaine abnégation. Déjà il faut être musclé, peu sujet au blépharospasme, insomniaque, avec ce petit grain de folie de celui à qui il semble toujours manquer une case. Re-joie.

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    • Répondu le 25 juin à  10:26 :

      "Citizen Kane" n’est pas chiant comme la pluie. Je l’ai vu en entier deux fois. Je vous recommande de le voir et ensuite, de voir "Mank".

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    • Répondu par Crobard le 25 juin à  14:13 :

      Comparer Ware à Welles est aussi absurde que de comparer de la choucroute à du dentifrice, ça n’est pas le même produit.

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      • Répondu par Pascal Aggabi le 25 juin à  19:59 :

        Comparer Ware et Welles à des produits, quelle inconséquence. Vous voulez que les pizzaioli spécialistes du roulage dans la farine vous jettent des pierres ?

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      • Répondu le 26 juin à  08:43 :

        "Produit" le terme qu’utilisent les commerciaux pour tout désigner. Novlangue ! Les films, les livres sont des œuvres et leurs auteurs sont des auteurs. La choucroute est un plat. Seul le dentifrice est un produit.

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        • Répondu le 26 juin à  09:30 :

          Non. Les œuvres imprimées et diffusées sont bel et bien des produits. C’est comme ça que les éditeurs et les actionnaires des éditeurs, les diffuseurs et même les libraires les considèrent.

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          • Répondu le 26 juin à  10:24 :

            Quand votre bouquin atterrit dans un carton à la Fnac au milieu de 6000 autres par an, que le carton n’est pas ouvert parce que même à la Fnac, les libraires manquent de place sur les rayonnages, et que le carton est retourné à l’éditeur contre rémunération 2 semaines après avoir été reçu sans même que votre bouquin ait vu le jour, y a pas de doute, votre bouquin est un produit.

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        • Répondu par Crobard le 26 juin à  10:24 :

          C’est la triste loi du capitalisme : votre œuvre est d’abord un produit qui doit dégager des marges, sinon, il n’y a pas de renouvellement de contrat. Les éditeurs ont une boutique à faire tourner, pas un centre du mécénat. Il n’y a pas plus d’apitoiement dans l’édition que dans d’autres secteurs économiques.

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          • Répondu le 26 juin à  13:08 :

            Si vous pensez comme un marchand, vous dites produit. Mais si vous pensez comme un auteur, vous pensez œuvre. Pensez et dire œuvre, n’est pas anodin.
            Arrêtez de tout ramener uniquement au profit !

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            • Répondu le 27 juin à  09:11 :

              Vous irez dire ça aux responsables commerciaux des maisons d’éditions qui sortent leurs chiffres GFK à la moindre visioconférence avec leurs auteurs.

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  • Comme le FIBD garde les chiffres secrets, on ne saura jamais combien de suffrages ont remporté Bruno Racine, Pénélope Bagieu, Catherine Meurisse et Chris Ware. Le résultat réel est peut-être très génant pour le FIBD. C’est rare, quasi inédit les élections dont on ne donne pas les résultats.

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    • Répondu le 26 juin à  11:36 :

      Le moins cher des albums de Ware est à 30 euros, ce qui est déjà beaucoup, le plus cher dans les 70 euros ! Il se la joue modeste mais il doit bien être content des royalties que lui apporte la marché francophone. Ça fait cher pour de la BD qui devient du coup moins accessible et populaire et qui fait plus dans la forme que dans le fond.

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      • Répondu par Milles Sabords le 26 juin à  16:45 :

        Je conseille à tout le monde lire cette formidable étude du CNL, dont en voici un extrait éloquent :
        "...les enquêtes décennales sur les pratiques culturelles des Français mettent en lumière un phénomène des plus préoccupants : depuis la première apparition de la bande dessinée dans leur questionnaire en 1988, le taux de ses lecteurs n’a cessé de s’effondrer, passant de 41% des Français de plus de 15 ans en 1988, à 33% en 1997, 29% en 2008, pour tomber à un maigre 20% en 2018. Certes, cette évolution à la baisse s’inscrit dans un contexte plus général de désaffection de la lecture (le taux de lecteurs de livres passant de 75% en 1988 à 64% en 2018), mais elle demeure préoccupante."
        Ce qui évitera à mes détracteurs de venir débiter des absurdités aussi énormes qu’eux. Le lien, pour aller plus loin dans la lecture :
        https://actualitte.com/article/101044/edition/tiraillee-entre-manga-et-documents-l-edition-de-bandes-dessinees-menacee

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        • Répondu le 27 juin à  13:27 :

          Dans ce que j’ai lu
          Il y a 3300 librairies recensés ce qui fait 1 librairie pour 195 m2 en France. IL vaux mieux habiter en centre urbain où elle sont concentrés.
          La presse bd est trés pauvre spirou, mickey, fluide glaciale. En choix, on à vu mieux. De plus, depuis deux decennies la presse et sa distribution ont été mis plus qu’à mal à cause de fortunés qui ont cru faire de l’argent avec. Les points presse se sont amaigries à faire peur.
          C’est dommage parce que la presse permettait aux auteurs d’avoir un statut, de ce faire la main et de voir ce qui marchait ou pas. Pour le lecteur une bd à different prix et choix.
          Mais plus interressant que ce rapport, puisque c’est du concret, c’est la recente initiative de notre président de donner 300 euros pour des produits culturel aux jeunes de 18 ans.
          Pour en avoir discuté avec un vendeur à la fnac, les jeunes n’ont acheté que des mangas dans les librairies qui ont été dépassées par cette vague d’achat.
          La franco belge est resté en rayon.
          Quoi de plus étonnant quand cela fait un certain temps que l’on nous ressort les héros des années 1960 en veux tu en voilà.
          Où sont les heros FB de cette nouvelle decenie qui commence ?
          si la FB ne réagit pas maintenant, dans 10 ans voire 15 ans, c’est fini.
          C’est possible avec de bonne histoire à suivre, un renforcement marketing avec les anims (on est dans les meilleurs studios de film d’animation) et une retristribution de la bd en presse et le cartonné par pitié laissé tomber c’est ce qui est le plus chere dans la fabrication.

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          • Répondu le 27 juin à  15:33 :

            La presse Bd à grand tirage ne reviendra jamais pour la simple raison que la presse papier est elle-même en train de disparaître. Moins vite que prévu mais on y arrive quand même. L’avenir de la Bd est sûrement sur les plateformes destinées aux supports numériques smartphones, tablettes et ce qui les remplacera bientôt. L’édition en livres papier va subsister mais dans des volumes bien moindres et à destination d’un public plus fortuné.

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      • Répondu le 26 juin à  16:56 :

        À propos du mythe de la BD populaire à pas cher donc accessible, vous devriez lire ce rapport du CNL signé Xavier Guilbert :

        https://centrenationaldulivre.fr/donnees-cles/panorama-de-la-bande-dessinee-en-france

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        • Répondu le 27 juin à  05:18 :

          Vous croyez qu’on a que ça à faire, lire tout un rapport ? Il fallait mettre un extrait, comme pour Milles Sabords...

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          • Répondu le 27 juin à  12:56 :

            Le lire prend un peu plus de deux heures. Ce n’est pas la mer à boire pour mieux comprendre de quoi on parle.

            Si vous n’avez pas le temps, lisez au moins la conclusion : "Perspectives" - pages 129-130.

            Un extrait :

            " • La bande dessinée de création francophone devrait continuer son repli, amorcé depuis plusieurs années et amplifié par le vieillissement du lectorat franco-belge « classique ». Adoptant alors un positionnement de plus en plus similaire à la littérature, les éditeurs pourraient renforcer leurs efforts en direction d’ouvrages à la promesse thématique clairement identifiée, « bande dessinée du réel » en tête, axés principalement sur des valeurs de vulgarisation et affaiblissant par là même l’idée d’un médium riche pour lui-même.

            • Les ventes devenant plus imprévisibles, la situation des éditeurs et des auteurs se dégraderait, occasionnant un nombre croissant de cessations d’activité ou d’interruptions de carrière, et conduirait de facto à un appauvrissement éditorial conséquent, contribuant à aggraver à son tour la situation de la bande dessinée de création.

            • Moins affectés, dans un premier temps, par ces évolutions (car s’appuyant sur une forme de militantisme), les petits éditeurs pourraient voir par ricochet leur avenir compromis, leurs publications se retrouvant noyées dans la masse ou écartées des circuits de vente de la bande dessinée, eux-mêmes fragilisés.

            • Enfin, les deux années blanches (ou presque) causées par la pandémie liée à la Covid-19 pourraient laisser des traces au sein des manifestations consacrées à la bande dessinée, mettant en danger un espace important d’interaction directe entre le public et les acteurs du secteur."

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            • Répondu le 27 juin à  15:27 :

              C’est tout ce qu’on savait déjà. La vraie info, c’est que la bd franco-belge est en voie de disparition faute de nouveaux personnages et en raison de son lectorat vieillissant. La Bd du réel comme remède, je n’y crois pas trop car il y a déjà engorgement. A l’inverse, le manga est florissant, ultra-créatif et plus que jamais industrialisé (pas au bénéfice des auteurs). Moins que jamais il ne faut encourager ses enfants à faire de la bd. Par contre, s’ils aiment écrire et dessiner, les meilleurs débouchés sont dans les boites de prod, de préférence en free-lance pour éviter le harcèlement moral intensif qui y règne, pour créer du contenu destiné aux jeu-vidéos et aux séries tv. L’industrie du divertissement aura toujours besoin de gens créatifs, mais gare à ne pas se faire broyer.

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              • Répondu le 27 juin à  16:44 :

                Même si c’est à coups de subventions, la Bd francophone survivra, comme le cinéma français survit face aux blockbusters américains. L’exception culturelle française a un prix, tout comme le modèle social français, tout comme le traitement social du Covid en France, unique au monde. Ces particularités sociales et culturelles française sont financés par nos prélèvements sociaux, parmi les plus élevés au monde, mais elles sont une richesse à préserver, envers et contre tout.

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              • Répondu le 27 juin à  16:51 :

                "La vraie info, c’est que la bd franco-belge est en voie de disparition faute de nouveaux personnages et en raison de son lectorat vieillissant."

                Les asiatiques ne sont plus créatifs que les européens mais les jeunes adultes français (peut-être belges et suisse mais l’étude est faite pas le CNL) transmettent leur goût pour le manga à leurs enfants. C’est ça le plus gros danger pour la création européenne. De la même manière qu’il y a trente ans, le comics a tué la création britannique, le manga est en train de tuer la création franco-belge (mais pas les publieurs qui en tirent de substantiels bénéfices à court-terme). Le manga est devenu LA bande dessinée populaire (CSP-). Les BD de genres et d’humour ne le sont plus. Le roman graphique s’adresse aux CSP+. La bande dessinée jeunesse reste le seul secteur viable et le seul qui peut reconstruire le reste. Le lectorat s’effondre après 14 ans. Donc, la BD est devenue un art pour adultes, c’est du discours mais les chiffres démontrent que c’est faux. Voilà ce que je tire globalement et personnellement de ce bilan. Les débouchés pour les jeunes aristes-auteurs sont effectivement le dessin animé, le jeu vidéo et autres moyens audiovisuels.

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                • Répondu le 28 juin à  22:31 :

                  Rien n’est écrit. Le manga écrase presque tout chez les jeunes, mais il en sera peut-être autrement dans 10 ans. Je crois à un sursaut créatif européen, déjà perceptible chez les jeunes auteurs italiens et espagnols. Le manga finira par tourner en rond comme ça a été le cas pour la bd de fiction franco-belge. Et alors il y aura autre chose.

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                  • Répondu le 29 juin à  06:31 :

                    Une série de hasards (immenses succès éditoriaux), je n’y crois pas.
                    Le sursaut créatif sans moyens financiers pour les auteurs, je n’y crois pas.
                    Dans dix ans, le manga ce sera durablement implanté et quelques séries à succès pour la jeunesse seront devenues des œuvres transmédiatiques. C’est la transmédialité qui permettra aux maisons d’édition de se développer. Je ne crois pas trop au futur de la BD de genres et les succès des romans graphiques sont imprévisibles pour dégager un modèle économique rentable (surtout pour les auteurs).

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                    • Répondu le 29 juin à  11:58 :

                      Le prix d’Angoulême me fait penser au festival de Cannes : jamais une comédie n’a reçu une palme, pourtant plus proche de la réalité du paysage cinématographique français. On cultive le cinéma d’auteur comme valeur suprême au mépris du reste. Même constat avec la BD du réel. Dénomination grossière, puisque la BD a toujours était dans le réel. Il ne faudrat pas s’étonner si dans les années qui viennent l’élitisme coûtera cher au monde de la BD.

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                      • Répondu le 29 juin à  17:56 :

                        Encore une fois, et ce n’est faute de le répéter, ce sont les auteurs qui ont voté. Par ailleurs, en un sens, Chris Ware est un auteur comique. Beaucoup plus qu’un auteur « du réel ».

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                      • Répondu le 29 juin à  18:50 :

                        Le film Parasite qui a gagné la Palme d’Or à Cannes en 2019 est incontestablement une comédie. Ça a aussi été un énorme succès commercial. Il y a beaucoup d’autres exemples. Dans la Bd, Riad Sattouf est multi-primé et cartonne commercialement. Il n’est pas plus élitiste qu’Asterix en son temps.

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                        • Répondu le 30 juin à  06:38 :

                          Riad Sattouf n’est pas un modèle économique, Astérix non plus. Pas plus que Persépolis ou Mortelle Adèle.
                          En revanche, le manga est un modèle économique.
                          C’est nécessaire de primer Chris Ware car c’est un auteur-inventeur mais la bande dessinée ne pourra continuer d’exister ici que si la majeure partie des ouvrages produits restent des succès commerciaux et donc populaires. Si la bande dessinée se coupe du populaire, le manga occupera toute la place. En lisan ce rapport en entier, je me suis dit que c’est trop tard pour changer de cap. Il y a trop de livres publiés qui n’intéressent plus que les CSP+ et plus du tout les CSP-. Ce sont pourtant les CSP- qui garantissent la solidité économique de cette industrie culturelle. Pour financer la création européenne, il faudra bientôt compter uniquement sur les mangas.
                          Le festival de Cannes fait son travail. Mais le futur du cinéma, ce ne sont pas les salles mais les plateformes. C’est un autre problème.

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                          • Répondu le 30 juin à  08:03 :

                            Mais ceux que vous appelez les CSP- n’achètent plus de livres depuis longtemps ! La télévision a tué là littérature populaire dès les années 60.

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                            • Répondu le 30 juin à  10:27 :

                              Faut pas mépriser les CSP-. Aujourd’hui, les CSP- achètent encore des livres mais plutôt des mangas.
                              Lisez-le ce rapport !

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                              • Répondu le 30 juin à  11:19 :

                                Je ne les méprise pas, au contraire. Je déplore qu’ils décrochent de la culture et qu’on ne leur propose que des biens culturels formatés à des fins purement commerciales. Je milite pour une culture populaire de qualité et je n’ai rien contre les mangas quand ils sont bons.

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                                • Répondu le 30 juin à  13:06 :

                                  Il ne décrochent pas de la culture. Ils déplacent leur attention ailleurs. Par exemple, vers les séries populaires produites et diffusées par Netflix (modèle américain) ou le manga plutôt que la BD de genres franco-belge ou le manga (modèle asiatique). On ne propose que des produits culturels formatés aux CSP- comme on ne propose que des produits formatés aux CSP+. Les trucs pas formatés n’intéressent qu’une frange des CSP+ (les plus curieux et les plus pointus) et quand ils font d’énormes succès, ils ne deviennent que rarement des modèles économiques. L’erreur stratégique depuis des années est de vouloir publier de plus en plus de titres non-formatés et qu’une majorité de jeunes auteurs souhaitent ne créer que cela alors que le marché ne peut pas l’absorber. Pour compenser ces audaces, il faut de la BD populaire formatée et commerciale et si elle n’est pas franco-belge, elle est nippone ou coréenne. Ce qui est bon pour aider les asiatiques à exporter et implanter leurs cultures mais ce qui est négatif pour les "franco-belges". Parfois, il faut être progressiste, parfois, il faut être conservateur. Il faut les deux pour qu’un marché puisse se développer sainement et durablement. Quand le pass culture devient le pass manga, c’est la preuve qu’on marche sur la tête.

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                                  • Répondu le 30 juin à  15:37 :

                                    Donc vous plaidez pour un plus grand formatage des biens culturels, au détriment de l’inventivité. Et une touche de protectionnisme avec ça ? Je me demande si ce n’est pas vous qui marchez la tête. Je suis d’accord pour une forme de protectionnisme subventionné, si elle est au niveau européen et pas seulement franco-belge. Et pour une taxation des produits asiatiques fabriqués au mépris des droits sociaux des travailleurs, y compris les biens culturels donc les mangas. Pour sauver la bd franco-belge, il faut payer mieux les auteurs, moins formater, encourager la créativité, ne pas miser que sur reprises de séries pour boomers, qui sont à bout de souffle.

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                                  • Répondu par Sergio Salma le 30 juin à  23:25 :

                                    Je n’ai rien de spécial et d’intéressant à dire mais je trouve marrant d’obliger les gens à lire sur une espèce de colonne et avec un mot par ligne c’est assez graphique finalement. Sinon ça va chez vous ? Enfin ça déconfine. Ah sacré prix d’Angoulême. Ça déchaîne les passions. Et finalement le fight était assez modéré. Tout se perd c’était mieux avant.

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  • Les autres années, actuabd a toujours des indiscrétions, des chiffres à donner après le vote, mais cette année nib... pourquoi ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 juillet à  10:28 :

      D’abord c’est faux : on ne communique jamais sur des "indiscrétions" et les chiffres donnés ont toujours été publiés sur la base d’informations officielles. Nous ne sommes pas dans la rumeur. Ensuite, nous avons indiqué que le FIBD ne désirait pas communiquer sur ces chiffres pour ne pas déforcer les votes des scrutins suivants.

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