Chroniques de l’ère xénozoïque - T1 - Mark Schultz - Akiléos

3 juillet 2006 0 commentaire
  • Jack et Hannah sont de retour! L'excellente série post-apocalyptique de Mark Schultz revient, dans un superbe noir et blanc, et une édition complète en deux volumes.

Chroniques de l'ère xénozoïque - T1 - Mark Schultz - Akiléos
Couverture du 1er tome aux Editions USA

Certains lecteurs se souviennent peut-être de la première édition française de cette série, entre 1988 et 1993, aux Comics USA. Lancée aux États-Unis début 1987, Xenozoic Tales présentait un monde du 26ème siècle où une bonne partie de l’espèce humaine et de la vie sur Terre avaient disparu suite à un cataclysme. L’ère xénozoïque est dominée par les dinosaures, mystérieusement réapparus, et les survivants humains essaient de se faire une place au soleil, en redécouvrant petit à petit la technologie de leurs ancêtres.

Les éditions Akiléos nous proposent donc une reprise de la série dont les derniers numéros parus n’avaient pas été traduits à l’époque, cette fois-ci dans un noir et blanc rehaussé de discrètes trames de gris. Même si les couleurs de l’édition française n’étaient pas mauvaises du tout, on a tout de même l’impression de lire cette série pour la première fois, tellement le noir et blanc fait ressortir les qualités du dessin de Mark Schultz.

Un dessin réalisé récemment, avec Jack, Hannah, et de belles bébêtes

La série tourne autour des aventures de deux personnages principaux : Jack "Cadillac" Tenrec, un mécano dont la tribu vit dans les restes de New York, et Hannah Dundee, venue d’une autre tribu pour cimenter la paix entre les deux peuples. Jack est un homme dont la passion pour la nature se cache derrière une apparence revêche ; Hannah est une femme pleine de ressources, qui ne s’en laisse pas compter. Au fil des histoires, ils nous font découvrir leur monde, où l’homme n’est plus le prédateur principal, et n’a même plus le monopole de l’intelligence.

Mark Schultz dépeint un monde luxuriant et dangereux, et le fait avec un soin quasi maniaque. Son dessin doit beaucoup à certains dessinateurs comme Wally Wood, Roy Krenkel ou Al Williamson, même si les numéros plus récents de sa série (le dernier en date a été publié il y a une dizaine d’années) témoignent de son évolution vers une simplification de son trait. Les premiers numéros rassemblés dans ce tome 1 semblent bien, quant à eux, provenir tout droit des fabuleuses bandes SF de Williamson de l’époque, l’une des différences résidant dans la façon dont Hannah est représentée : il ne s’agit pas d’une énième occasion de dessiner des pin-ups à la personnalité inexistante, bien au contraire. Et les dinosaures... dans la droite lignée d’un William Stout, Schultz peuple son monde de toutes sortes de prédateurs sur pattes, en partie d’ailleurs assez réalistes.

Une couverture pour un album de Tarzan (1999)

S’il n’a plus travaillé sur sa série depuis de nombreuses années, Schultz n’est pas resté sans rien faire : scénariste sur une des séries Superman pour DC, illustrateur d’éditions complètes du Conan de Robert E. Howard, scénariste du strip Prince Valiant sur des dessins de Gary Gianni, etc. Tout récemment, il a réalisé une couverture pour un album mélangeant histoire et fiction et mettant en scène Charles R. Knight, l’un des plus influents dessinateurs de dinosaures du 19ème, dont l’autobiographie republiée par le même éditeur, G.T. Labs, a bénéficié de très beaux dessins réalistes de Schultz. Flesk Publications a également publié deux beaux carnets de croquis de Schultz (une belle gallerie de dessins se trouve sur le site de l’éditeur).

Couverture de l’album mettant en scène Charles Knight

Au premier abord, on pourrait penser que cette série n’est qu’aventures bien menées. Mais les préoccupations écologiques de l’auteur sont petit à petit développées, entre autres à travers l’existence d’une très mystérieuse race de reptiles humanoïdes qui en savent bien plus qu’ils ne le disent.
Les Chroniques de l’ère xénozoïque sont une série qui méritait bien une nouvelle édition, autant par ses qualités graphiques que par le mélange de divertissement et de thématiques modernes qu’elle propose.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?