Claude de Saint-Vincent : "Il n’y a pas de position plus confortable et protectrice des intérêts de Dupuis que la politique que nous avons menée"

16 mars 2006 23 commentaires
  • Alors que l'ensemble du management -sauf une personne- et Dimitri Kennes, l'ancien directeur général de Dupuis tentent de racheter la maison d'édition pour préserver l'autonomie éditoriale, commerciale et de gestion des droits dérivés, nous avons rencontré le directeur général adjoint du groupe Média-Participations, Claude de Saint-Vincent, afin de connaître son avis sur cette situation pour le moins épineuse.

Il y a un mois, Dupuis était une société florissante qui faisait de beaux bénéfices... On la découvre aujourd’hui en crise. Qu’en est-il ?

Entre-temps, le directeur général de Dupuis, M. Dimitri Kennes, a donné sa démission, de manière totalement surprenante en ce qui nous concerne, en la justifiant par des raisons très floues de perte d’autonomie, mais qui ne s’appuyaient sur rien de raisonnable. Et il nous a fallu 48 heures pour découvrir que c’était un plan beaucoup plus construit, qu’il avait derrière une ambition personnelle et sans doute patrimoniale de mettre la main sur l’entreprise et qu’il en avait convaincu la plupart des cadres dirigeants. Bien entendu, un groupe d’édition comme Média-Participations n’a pas vocation à revendre une entreprise qu’il vient de racheter. Nous continuons à croire au développement de Dupuis, au fait que l’association avec Dargaud, Fleurus, Lombard et Rustica est créative de valeur et de puissance et qu’il n’y a strictement aucune raison d’avoir changé d’avis brusquement, en une semaine, parce qu’un ancien directeur général a décidé d’en faire un objectif de carrière.

Ils vous ont fait une proposition de rachat de l’entreprise, et vous venez de dire que votre groupe ne l’accepte pas. Comment comptez-vous sortir de l’impasse ?

La plupart des managers ont fait savoir qu’ils soutenaient les analyses de Dimitri Kennes et qu’ils s’associaient à sa proposition de rachat de l’entreprise. Comme l’entreprise n’est pas à vendre, ils vont devoir choisir s’ils adhèrent à nouveau aux objectifs de Dupuis ou non. Et comme l’intérêt commun de tous, c’est bien sûr la défense de Dupuis, cette entreprise de communication orchestrée (puisqu’en réalité les médias sont utilisés pour déstabiliser l’entreprise, ses auteurs et son fond de commerce), ne peut évidemment pas durer. Déstabiliser une entreprise en avançant que l’on cherche à la défendre ne me semble pas très crédible.

Quelques auteurs, et pas des moindres, sont intervenus sur notre forum pour soutenir que Dupuis doit disposer de structures indépendantes tout en bénéficiant des synergies du groupe.

Aujourd’hui, et j’en suis tout à fait désolé, l’évolution et le changement rapide des événements, provoqués par le départ précipité de Dimitri Kennes, le fait que sa proposition et que la position du comité de direction n’ont pas été révélées d’entrée, m’ont empêché de communiquer normalement avec les auteurs sur cette situation et les conséquences. De toute façon, comme cette situation évoluait de jour en jour, cela aurait été compliqué de leur écrire à tout moment pour leur dire où l’on en était. J’ai déjà parlé à certains auteurs, je dois en voir d’autres. C’est ce qui est le plus important pour moi. Mais, malheureusement, compte tenu de la position actuelle des managers, je n’ai pas pu m’en occuper à temps. Le problème de base est assez simple.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Pendant une dizaine d’année, Dupuis a été gérée comme une entreprise centralisée à Charleroi. La totalité des décisions opérationnelle était prises à Charleroi. L’adossement de cette entreprise à un groupe industriel, à un groupe d’édition, change un peu la donne. Nous n’avons pas de problème entre Paris et Charleroi, ou entre Bruxelles et Charleroi, ou entre la France et la Belgique, mais un problème de changement de fonctionnement. Il est évident que les éditeurs des maisons d’édition respectives de notre groupe ont un certain nombre de problématiques en commun qui ne mettent en cause ni leur autonomie, ni leur indépendance éditoriale, ni leur indépendance de fonctionnement. Mais en matière logistique, en matière de relation avec les impôts, en matière d’informatique, de gestion de la trésorerie, de logiciel comptable..., bref tout ce qui touche à l’univers logistique, administratif ou technique, une mise en commun des moyens se justifie. Ce qui veut dire que sur ces domaines là, on doit passer à une décision centralisée à une décision concertée. Le centre de décision logistique et informatique. Il n’est ni à Paris, ni à Bruxelles, ni à Charleroi : il est entre les trois. Et donc selon les sujets traités, les décisions doivent être partagées, concertées et éventuellement négociées. C’est ainsi que fonctionne notre groupe depuis plus de quinze ans. Et, comme en général les éditeurs ont les mêmes objectifs en matière de choix logistique, informatique, il n’y a jamais eu de débat. Aujourd’hui, les managers de Dupuis réalisent que cette mise en commun doit avoir lieu. Ils ont une grande résistance à ces changements. C’est une situation classique. Ils ont compris que, alors que tout se décidait à Charleroi, une partie des décisions allait être partagée avec les autres entités. C’est tout le fond du problème.

Ainsi, dès l’arrivée de Dupuis dans le groupe Média-Participations, la comptabilité de l’entité Dargaud/Lombard qui était à Bruxelles a été rapatriée à Marcinelle. La distribution des albums Lombard/Dargaud en néerlandais a basculé chez Dupuis à Martinrou (centre logistique à Fleurus). Je ne pense pas que du temps d’Albert Frère cela ait pu être envisageable. L’équipe de vente commune entre les différents labels de bande dessinée du groupe a été confiée à Claude Chevallier, l’ancien directeur de Dupuis Diffusion. Pendant un an, ces vendeurs ont eu une carte de visite Dupuis Diffusion et la restructuration commerciale leur a été confiée. La commercialisation des produits dérivés de la totalité du groupe a été confiée à Jean-Philippe Doutrelune, puis à Léon Perahia, des cadres de chez Dupuis. La gestion de tous les droits audiovisuels, de tous les catalogues de dessin animé, ont été confiés à Justine Bannister, également issue de chez Dupuis...

Six mois après l’acquisition de Dupuis, 100 % du CA de Dupuis, de Dargaud et de Lombard étaient confiés à des cadres de Dupuis. Il n’y a pas de position plus confortable et protectrice des intérêts de Dupuis que la politique que nous avons menée. Et tous les gestes qui ont été faits, l’ont toujours été dans ce sens là... Un résultat est que les frais de fabrication de Dupuis ont très sensiblement baissé en 2005 et très sensiblement contribué au résultat.

Comme, on peut le voir, ces revendications n’avaient aucun motif réel, il a été avancé des contrevérités en matière éditoriale notamment. Or, l’indépendance de Dupuis est absolue. La relance de Spirou a été suggérée par le groupe, adoubée par Dimitri qui s’en est emparée. L’entièreté des choix éditoriaux de lancement marketing de Spirou a été assumée par l’équipe de Dupuis. Et les investissements importants sur ce magazine ont été approuvés par les actionnaires.
La publication des différentes collections s’est déroulée normalement. Il n’y a eu strictement aucune perte d’indépendance. En revanche, la mise en commun des moyens de gestion, avec comme seul objectif d’être plus efficace, plus rentable ou plus rapide a commencé à se faire. C’est ainsi que cela a fonctionné, avec les équipes de Dupuis, parce que c’est sûrement pas grâce aux actionnaires que Dupuis, en 2005, a fait sa meilleure année.

Claude de Saint-Vincent : "Il n'y a pas de position plus confortable et protectrice des intérêts de Dupuis que la politique que nous avons menée"

Il a été dit que des réunions avaient été organisées entre les différents éditeurs du groupe pour aligner les prix payés aux auteurs du groupe...

Il n’en a jamais été question ! C’est un mensonge absolu que d’affirmer cela ! Cela fait quatorze ans que Dargaud et Lombard travaillent ensemble et ils n’ont pas les mêmes contrats. Je ne sais pas comment mieux démontrer qu’il n’y a aucune volonté d’harmonisation. Le contrat avec l’auteur fait partie de la politique éditoriale. L’existence d’un magazine change déjà le rapport avec l’auteur, puisque certaines séries vont y être publiées, d’autres pas... Dargaud et Lombard n’ont plus de magazine. Il n’y a jamais eu de doute à ce sujet. Je peux vous lire une réponse que je faisais à Dimitri Kennes à ce sujet : « L’idée d’uniformiser une politique éditoriale est tellement à l’opposé du fonctionnement de Dargaud et du Lombard, tellement absent de mon vocabulaire, tellement peu crédible en un mot que cette affirmation affaiblit ta démonstration ». Le souhait que l’on a mis en place, c’est que les éditeurs se parlent pour présenter ce qu’ils veulent faire et arriver à des synergies ou des compromis lors de sorties. Accompagner la sortie d’un XIII avec un Thorgal le même mois, par exemple... Tous les auteurs connaissent tous les contrats des éditeurs. Les auteurs ont appris à être volage bien avant les éditeurs ... Il ne faut pas croire en un monde idéal. Nous avons des auteurs en commun avec tous les éditeurs. Les auteurs connaissent donc les contrats, les conditions, etc.
Les libraires, les vendeurs, les forces de vente connaissent par cœur les programmes des éditeurs, leurs plans marketings. Que les éditeurs soient les seuls à être un peu isolés dans leur bulle avec les auteurs ne me paraît pas logique. Voilà ce que nous avons souhaité et qui ne s’est pas fait d’ailleurs. Claude Gendrot n’a jamais rencontré de manière structurelle ses collègues. Je le réaffirme : l’indépendance a été totale. Maintenant, si les éditeurs de Dupuis pensent que c’est mieux de ne pas parler avec leurs confrères, ce n’est pas un problème. Cela a toujours été un choix purement éditorial.

Concrètement le double paiement des planches aux auteurs, pour la publication dans le magazine, puis en avance sur les albums, n’est pas menacé ?

C’est la politique de Dupuis. C’est Dupuis qui le décidera. Si quelque chose est décidé, c’est au directeur de Dupuis à le faire. Et c’était l’intention de Dimitri Kennes de dire qu’à partir du moment où c’était publié dans Spirou, on faisait ce paiement. Il y a peut-être matière à discuter mais cela n’a jamais été un sujet structurel : cela faisait partie de la politique éditoriale. Si un directeur éditorial de Dupuis a comme politique de payer les planches en « bonbons » ou en « fraise tagada » et que les auteurs sont d’accord ; s’il décide de doubler les prix, ce sera sa responsabilité car il sera responsable de son compte d’exploitation.
Cette histoire est un bon exemple : la totalité de ce qui se dit aujourd’hui sur ce sujet est un mensonge, soit sur le fond, soit sur la forme dans laquelle les faits sont présentés. Je ne peux pas démonter toutes les rumeurs, parce que le principe d’une rumeur est qu’elle est très difficile à contester. Moi, je n’ai que du concret à lui opposer. Il y a plus de tâches qui ont été mises en commun et qui ont été confiées à Dupuis, que ce soit dans la distribution, dans le marketing direct, dans la comptabilité, que de taches qui lui ont été retirées. Et le souci du respect de l’indépendance, de l’autonomie, de l’identité même de Dupuis ont été au cœur du processus.

Il a été dit que ces regroupements étaient un prélude à une entrée en bourse de Média-Participations.

L’entrée en Bourse de Média-Participations est un serpent de mer. Avec l’entrée de nouveaux actionnaires en 2004, et qui n’ont pas vocation à le rester, l’entrée en bourse de Média-Participations est prévue, et elle se passera peut-être en 2007, ou encore en 2008 ou en 2009. Elle n’est pas programmée. Ce qui m’importe, c’est que cette entreprise soit en bonne santé, adossée à un groupe solide qui a des ambitions pour elle, et qu’elle ne soit pas abîmée par la volonté d’un jeune arriviste.

Vous voulez parler de Dimitri Kennes ?

Oui. Ce n’est pas de la langue de bois...

Dans l’hypothèse où vous n’accéder pas à la proposition qui vous est faite, et cela semble le cas, vous allez vous retrouver à la tête d’une société amputée d’une partie de ses managers et peut-être de ses auteurs, des équipes démotivées...

Ah ! Parce que si on lâche Dupuis, vous croyez que ce ne sera pas pareil ? Vous aurez quelques managers actionnaires enchantés et vous aurez la moitié du personnel désemparé, un imprimeur qui fermera ses portes et un centre de distribution qui perdra les fonds Dargaud et Lombard et l’espoir de tout développement, des auteurs qui souhaiteront quitter ce bateau ivre. Il n’y a pas de solution.

Je pense que les managers, si leur discours n’a pas d’arrière-pensées, si leur seul souhait est vraiment l’intérêt de Dupuis à long terme -et non pas l’isolationnisme, je pense que ces managers, pour la plupart d’entre eux extrêmement compétents, constateront qu’il n’y a pas de réelle perte d’identité par rapport à leurs tâches quotidiennes, et qu’ils reviendront à la raison. Nous sommes dans une société de liberté dans laquelle je vois mal comment on peut contraindre un propriétaire de vendre son entreprise par la force, alors que c’est le contraire des intérêts de l’entreprise et de ses actionnaires. Il se trouve que je suis absolument convaincu que l’intérêt des actionnaires et de Dupuis sont exactement les mêmes. J’espère que nous irons vers une résolution rapide de cette crise avec le retrait d’une proposition qui n’a aucune chance d’aboutir. Voilà 108 ans que Dupuis existe. J’espère que Dupuis va continuer à croître pendant 108 ans encore au sein de Média- Participations.

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Propos recueillis par Nicolas Anspach, le 15 mars 2006, et retranscrits avec la complicité de Didier Pasamonik.

 
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23 Messages :
  • Salut à tous. Quelques précisions demandées à Claude :
    Peux-tu sortir de la polémique concernant la carrière de telle ou telle personne ? Ai-je parlé à un moment de ta carrière, de ton "Ambition Personnelle", de ta "situation financière personnelle" (ma maman te remercie pour tes propos au JT de la RTBF !) ? (et merci de la part de mon frère et ma soeur qui me réclame une partie de l’héritage fictif que tu m’attribues en parlant d’"aisance financière").
    Peut-on entendre un point de vue constructif ?
    Peux-tu montrer un peu de considération pour des "cadres dirigeants" (des gens en fait, des vrais même, debouts et vivants !), qui vont au bout de convictions personnelles, capables d’un libre arbitre ?
    Ai-je remis en cause les mises en communs des comptas ou de l’administratif ? Il me semble même qu’à ce niveau, ce soit l’inverse...
    Merci pour les BDs en néérlandais à Fleurus...Et pour la distribution en Wallonie ? A partir de Dourdan pour DL et de Fleurus pour Dupuis : et demain ?
    Tu parles de Jean Philippe Doutrelugne, de Justine Bannister, et de Claude Chevallier : je propose de leur demander leur avis.
    Ah, zut, ils ne sont plus là...
    Léon, si.
    Le comité éditorial. Tu parles d’une réponse que tu me faisais. J’avais donc posé une question ? N’était-ce pas sur l’intérêt d’arriver chacun avec un contrat concernant un auteur que nous avions en commun ? Dans quel but, encore ? d’oublier que le monde est idéal ?
    Effectivement, Claude Gendrot n’y a pas participé. Au contraire des autres éditeurs du groupe. Il a refusé. Tu en as déduit que nous n’étions "pas prêts".
    Quel double paiement ? Le prix de planches est en général fixe, non récupérable ; démontrant la croyance de l’éditeur dans la capacité à toucher un public.
    Jeune, bon, ok. Mais arriviste... Le chômeur, c’est moi. Et le grand chef, c’est toi, non ?
    Pourquoi l’imprimeur fermera-t-il ses portes si Media ne détient plus Dupuis ? Quels sont les fonds dargaud Lombard que le centre de distribution perdra ?
    Peux-tu définir la notion d’"isolationnisme" mentionné au dernier paragraphe de ton interview ? Parles-tu en fait, de vision différente ?
    Pour me convaincre que Dupuis n’était pas à vendre, tu m’as dit, il y a 2 jours au téléphone : "Dimitri, vendrais-tu tes enfants ?". Je t’ai répondu sincèrement : "Merci pour la métaphore : en quoi Dupuis est-il ton enfant ?".

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    • Répondu le 17 mars 2006 à  12:20 :

      Rassure-toi , Dimitri, pour moi tu n’as rien
      d’un redoutable arriviste désireux de "mettre
      la main" sur Dupuis , avec ton accolyte Claude
      Gendrot et sept autres mercenaires...
      Quant à avoir des objectifs de carrière , à ton âge , c’est plutôt rassurant .

      christian LAX

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      • Répondu le 17 mars 2006 à  16:48 :

        J’ apprends le licenciement brutal de mon Ami Claude Gendrot , et ne peux pas rester sans rendre hommage à cet homme de grande qualité , compagnon de seize années .
        Claude et moi , sommes arrivés à quelques jours d’écart chez Dupuis , accueillis par un autre Seigneur : Ph.Vandooren , père de la si
        précieuse collection Aire Libre , imitée mais
        jamais égalée ... Avec Philippe, puis avec Claude ,et brièvement Sébastien, j’ai fait
        huit albums dans ce qu’on appelait , Claude et moi , en rigolant : "notre collection" ...
        J’ai trouvé chez lui un soutien constant et rigoureux , il m’a aidé à progresser , et bien plus qu’on ne l’imagine . Un véritable éditeur ,
        comme la BD en a peu , le garant sourcilleux du
        label Aire Libre qu’il a porté très haut , à
        portée de main de Philippe , qui a dû être bien dépité , ce matin , rue Destrée , en voyant qu’on lui enlevait son badge Dupuis ...
        Une page vient de se tourner , mais pas
        comme on aime , non ; avec brutalité .

        christian LAX

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        • Répondu par Patrick Pinchart le 18 mars 2006 à  09:43 :

          Christian,

          N’enterre pas trop vite Claude Gendrot. Si le personnel de Dupuis est en grève depuis ce vendredi, c’est (entre autres mais avant tout) pour obtenir sa réintégration, de même que celle d’Alain Flamion. Nous savons, via les syndicats qui ont participé au Conseil d’Entreprise, que Claude de St-Vincent a reconnu que c’était une erreur de sa part de les avoir licenciés. On ne peut qu’être d’accord avec cela, vu le sentiment de colère que cela a provoqué chez tout le personnel de Dupuis et vu la réaction immédiate de la majorité de ses membres (même ceux qui n’étaient pas favorables au MBO des cadres comptent désormais parmi les grévistes, à quelques exceptions près). Tout espoir n’est donc pas perdu.

          Même s’il ne s’agit pas d’une grève anti-Média Participations (ni pro-MBO), il faudra désormais que les actionnaires donnent aux cadres de la société et au personnel les garanties dont ils ont besoin pour pouvoir continuer à travailler sereinement. Ce que nous souhaitons tous. Et le plus vite possible.

          Tous ceux qui souhaitent marquer leur soutien à Dupuis sont attendus le lundi 20/3 à 10 heures du matin à Marcinelle.

          Patrick Pinchart

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          • Répondu par David le 18 mars 2006 à  10:17 :

            Je suis juste un lecteur qui apprécies les BD Dupuis, et je suis un peut loin de Marcinelle, mais je suis avec vous !

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            • Répondu par David Steenhuyse le 18 mars 2006 à  14:19 :

              Moi, je suis néérlandophone et rédacteur en chef d’une organisation de plus que 30 magasins de bd en Flandre. (Excusez-moi par avance pour ma français lamentable). Je me demande quels conséquences ca donne pour les traductions en néerlandais si Dupuis va racheté par le management... Quelque chose que ne serait pas evidemment. Aujourd’hui tous les albums de Dargaud, Lombard et Dupuis sont traduisés et distribués par un firme en Flandre. Le lettrage des albums (aussi en français !) passe par leurs mains. L’éditeur en chef est le rédacteur en chef précédent de Robbedoes, la version néerlandophone de la magazine Spirou qui n’existait pas depuis 2004 après plus que 67 années de service (merci, le management de Dupuis !).
              Mais quoi va passer avec les séries de Dargaud et Lombard si les moguls se séparent ? Maintenant, il y a des arrêtages de plusieurs séries et albums qui ne vont pas traduisés (comme certains albums du collection Aire Libre, IAN (après tome 2), Reality Show (après tome 2),...). La loi de la commerce ? Dupuis est aussi une entreprise. Quels garanties sont préservés pour le petit marché néerlandophone ?

              Voir en ligne : rédacteur en chef De Stripspeciaal-Zaak

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              • Répondu par luc Brunschwig le 18 mars 2006 à  15:54 :

                Pour ce que j’en sais, Dargaud vient d’abandonner sa filiale de traduction en néerlandophone... la traduction en néerlandais dépend dès maintenant du bon vouloir de petites maisons d’édition.
                Je comprends mal le sens de cet abandon, mais il m’a été annoncé il y a 3 semaines par André Benn.

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          • Répondu par Frank Giroud le 19 mars 2006 à  02:36 :

            Bonjour Claude,

            Comme la plupart de mes collègues, je viens d’apprendre que vous aviez licencié un autre Claude, avec qui je travaille depuis dix-sept ans. Dans le contexte qui a suivi la démission de Dimitri Kennes, j’imagine fort bien les raisons qui vous ont conduit à cette décision ; mais je crains que la précipitation et le désir de redresser la barre au plus vite ne vous ait momentanément aveuglé. Que vous n’ayez pas pris assez de temps pour vous demander ce que représentait vraiment Claude Gendrot au sein de le maison Dupuis. 

            Quels que soient les moyens dont elle dispose, une maison d’édition ne peut rester florissante et conserver à ses albums une qualité et un succès constants que si elle a une âme. Or en ce bas monde, toute âme est incarnée par un individu. Chez Dupuis et depuis dix-sept ans, elle palpite sous le crâne chauve et derrière le regard pétillant de Claude Gendrot. Depuis vingt-cinq ans que je pratique ce métier, j’ai travaillé chez quatorze éditeurs, dont les plus grands, et j’affirme qu’avec Philippe Vandooren, son mentor et ami, Claude est de loin le meilleur directeur éditorial que j’aie connu.
            Pourtant, je pourrais lui tenir rigueur de m’avoir refusé plus d’un projet ! Mais justement : ses qualités se manifestent même dans se cas de figure. Car à chaque refus, Claude téléphone à l’auteur -quand il ne le rencontre pas- et lui transmet plusieurs pages de notes circonstanciées expliquant concrètement sa décision et prouvant qu’il a lu attentivement les planches ou le scénario proposés. En revanche, lorsqu’il accepte un projet, il le soutient jusqu’au bout. Il accompagne l’auteur du début à la fin, lui prodiguant des conseils toujours judicieux
            sans pour autant faire preuve d’ingérence, il est toujours là lorsqu’on a besoin de lui, il supervise tous les stades de la création et il ne compte jamais son temps : à la veille d’une impression, combien de fois avons-nous procédé, à neuf heures du soir, moi tranquillement installé à ma table et lui depuis son bureau de Marcinelle, à une énième relecture afin que la moindre erreur soit bannie de l’album !
            Entre l’impulsion qu’il a donné aux collections Aire Libre et Repérages et les initiatives de tous ordres qu’on lui doit depuis son arrivée, il y aurait encore beaucoup à dire.

            Mais chez un directeur éditorial, les qualités professionnelles, aussi exceptionnelles soient-elles, ne suffisent pas : il leur faut un équivalent sur le plan humain.
            Or dans ce domaine, Claude n’a pas son égal.
            Outre son enthousiasme communicatif, la chaleur qu’il met dans ses rapports avec les auteurs et, l’amour qu’il leur porte comptent encore plus que le reste. D’ailleurs, nombre de dessinateurs et de scénaristes dont je suis sont tout naturellement devenus ses amis... sans que ces liens -et ça, c’est très fort !- entachent le moins du monde son objectivité par rapport à leur travail.
            Et cette attention, cette fidélité, il en fait preuve y compris lorsque s’interrompt quelque temps la collaboration. Lors de certaine traversée du désert -ouplutôt de la jungle-, je me souviens encore de ce coup de fil reçu au fin fond de nulle part, juste pour prendre de mes nouvelles et me faire entendre la chaleur de son timbre... et je ne suis pas près de l’oublier. 
            Je finirai en disant que ces rapports-là, il les entretient également avec ses collaborateurs.
            J’en suis le témoin chaque fois que je passe un peu de temps dans les locaux de Dupuis. Et si, au contraire de ce que l’on peut voir dans d’autres maisons que je fréquente, le personnel fait preuve d’une telle fidélité à l’entreprise, ce n’est bien sûr pas uniquement grâce à Claude... Mais on ne m’ôtera pas de l’idée qu’il n’est pas totalement étranger à cet incomparable atout.

            Voilà. Je pourrais en dire encore beaucoup, mais j’imagine que votre temps est compté, surtout en ce moment.
            Vous ferez ce que vous voulez de cette appréciation. Sachez néanmoins qu’elle est partagée par une immense majorité d’auteurs...
            dont le désarroi ira croissant si ce directeur charismatique n’est plus lié à l’avenir de cette maison qu’ils aiment.

            Bien à vous,

            Frank Giroud

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            • Répondu par Didier Alcante le 19 mars 2006 à  12:55 :

              Même si mon expérience est bien plus courte que celle de Frank Giroud, je ne peux que confirmer tout le bien qu’il dit de Claude Gendrot...

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              • Répondu par horto le 19 mars 2006 à  14:39 :

                En tant que lecteur de bd, attaché à la maison Dupuis, je ne peux que souscrire à l’idée de défendre l’identité Dupuis, que ce soit au sein du groupe M-P, en dehors, sur le côté,...
                Indépendance, culture d’entreprise, diversité,... un grand groupe ne peut-il s’en accommoder ?? Doit-il absolument niveller, englober, macdonaldiser ses fleurons ?
                J’apporte mon modeste soutien aux auteurs pour faire vivre la différence.

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                • Répondu par didier le 19 mars 2006 à  22:28 :

                  En tant que lecteur Dupuis depuis des années, je suis attristé par ce qui se passe en ce moment. Je n’ai pas à porter de jugement ni sur Média participation (je suis un lecteur aussi des productions Dargaud et Le Lombard) ni sur la MBO (là je n’y connais rien). En revanche, ce que je sais c’est que Claude Gendrot est un grand capitaine de navire. Il suffit de voir la qualité des productions depuis une quinzaine d’années.

                  Un certain nombre de départ suite au rachat m’avait fait craindre pour l’avenir de Dupuis. Or l’arrivée de Dimitri Kennes avait permis de dissiper ces craintes : la qualité était toujours au rendez-vous et le catalogue était en plein renouvellement sans renier le passé prestigieux de Dupuis.

                  Patrick Pinchart invite tous ceux qui souhaitent marquer leur soutien à Dupuis à se rendre demain à Marcinelle. Etant trop loin je ne peux pas m’y rendre, mais je tiens à apporter par ce message mon soutien à l’ensemble du personnel Dupuis ainsi qu’aux auteurs et bien évidemment aux ex-directeur général et éditorial, en espérant qu’une issue soit rapidement trouvée.

                  Didier

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                  • Répondu par Gaston L. jr le 20 mars 2006 à  10:10 :

                    M’enfin.... Z’êtes fous chez Dupuis !
                    Z’avez perdu la boule si vous croyez que Media Participation va retirer ses billes parce que vous leur demandez de partir....

                    M’enfin, c’est vrai quoi, même si j’y connais peut-être pas grand chose, j’suis pas de la maison, mais mon papa Gaston L. y a travaillé pendant de nombreuses années, alors cette maison, comme pour tous les belges, fait un peu partie de mon patrimoine.

                    Et la vraiment, ce qui se passe me fait très mal. Si vous n’y prenez pas garde, vous allez détruire Dupuis. Oui je sais que vous avez de bonnes intentions et mon papa aussi quand il construisait ses machines, il avait de bonnes intentions, mais vous avez vu le résultat. Le MBO présenté par la direction, moi cela me fait penser au gaffofone de mon papa : cela ne marchera jamais. Pour signer un contrat, il faut être deux, ce n’est pas Monsieur De Messmaeker qui me démentira.

                    Alors si MP veut pas vendre, arrêtez de foutre le bordel avec ce projet. Hier Mademoiselle Jeanne m’a téléphoné en pleurs. Elle lit les journaux et regarde la télé et l’information qu’elle reçoit lui fait peur pour son avenir. Elle n’a pas d’argent à investir et craint que vous ne cassiez la société en deux et qu’elle perde son emploi. Et toi Prunelle, tu es prêt à hypothéquer ta maison pour financer ce MBO ! Tu te rends compte des risques que tu prends ? J’sais pas ce que tu fumes, mais c’est pas bon pour toi.

                    Est ce que vraiment vous avez perdu votre âme...Non, vous avez peur de la perdre, mais arrêtez de faire des procès d’intention. Oui Marcinelle n’est plus seul maître à bord et ne représente plus qu’un quart d’un groupe géré à Paris. Mais même, s’ils sont français, les gens de MP ne sont pas cons, leur intérêt est de faire prospérer MP et ils savent bien qu’ils ne peuvent pas y arriver si Dupuis n’est pas prospère (tant culturellement que financièrement) et ils savent bien que cette maison d’édition est particulière. Moi je ne peux pas comprendre pourquoi ils scieraient la branche sur laquelle ils sont assis.

                    Les choses sont par définition différentes après une acquisition, le principe même d’une fusion de deux sociétés est que un plus un cela ne fait pas deux mais trois (cela mon papa aurait pu le dire), sans quoi cela ne sert à rien de fusionner. Mais tout cela implique forcément quelques changement et le changement fait toujours peur, mais les montagnes (non il n’y a pas de jeu de mots), ne sont souvent que des petits talus beaucoup moins difficile à franchir que ce que l’on pense et l’autre côté est souvent bien beau (ouais, je, je suis poète, je tiens cela de mon père).

                    Au fil des mois, des gens de talent sont partis, mais Dupuis c’est plus que quelques individualités. Serrez vous les coudes et montrez l’étendue de votre talent à votre maison mère. Vous avez encore un bel avenir en son sein.

                    Rogntudjûû !

                    Gaston L. junior

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            • Répondu par Florent Germaine le 20 mars 2006 à  13:50 :

              Bonjour,
              je crois que Frank Giroud a exprimé avec toute la justesse qui le caractérise ce que pense effectivement beaucoup d’entre nous. Claude est une personne rare. Ce qui est rare est précieux et donc à défendre et à soutenir. De même, toutes les personnes qui m’ont accueilli chez Dupuis m’ont démontré qu’une entreprise pouvait avoir une âme et que cette âme n’existait qu’à travers eux. Il existe donc bien pour moi un "esprit Dupuis". Et lorsque vous faîtes le compte des personnes de la trempe d’un Claude Gendrot, ceux qui ne conçoivent les rapports humains que basés sur le respect et la générosité, les doigts de la main suffisent. Peut-être est-ce mieux ou aussi bien ailleurs, peut-être que l’avenir ne sera pas moins rose, peut-être que l’enfer est réellement pavé de bonnes intentions, mais tant que mes pairs seront des êtres uniques il me semblera légitime de les soutenir et d’être inquiété et peiné de leur perte, surtout lorsqu’elle a été aussi brutale. C’est idiot, on s’attache parfois à des petits détails mais pour moi ils font souvent la différence entre le monde que j’aime et celui pour lequel je n’éprouve que peu de sympathie. Je sais que la tempête passera, chacun y oeuvre à sa mesure, essayons donc de la braver en gardant la tête haute et le coeur sur la main. Merci à vous qui défendez vos convictions et votre vision de la bd.

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          • Répondu par Dehousse Guy le 21 mars 2006 à  10:49 :

            Pourquoi média participation lacherait-elle du lest ? Dupuis, c’est la poule aux oeufs d’or !
            Après une augmentation de prix d’une série de collection (de 3 à 4 %) le groupe vient de décider un abattement des remises "libraires" de 2 à 4% également. On supprime également les promotions, les aides pour les dédicaces, les petits cadeaux lors d’activités en partenariat avec l’éditeur ... et on peut supposer que dans quelques années : participation aux frais de transport, retours limités, ventes fermes ... En bref, ce que le monde de la bd a vécu avec Casterman-Flammarion.
            Des actions qui doivent se solder à courts termes par une augmentation solide de ses bénéfices et un amortissement rapide de son investissement. A long terme ... Je ne voudrais pas être un jeune auteur ou un jeune libraire en 2006 !

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  • Questionnements...
    17 mars 2006 11:01, par J.A.

    ... de la part d’un jeune auteur qui envisageait de proposer des projets à spirou et dupuis ; la situation est totalement illisible ; attendre des jours meilleurs ? laisser tomber ?
    ...

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    • Répondu par cyril PEDROSA le 17 mars 2006 à  12:25 :

      cher jeune auteur,

      je ne peux que t’encourager à essayer de comprendre ce qui se passe ( ce n’est pas un effort insurmontable) à lire les positions des uns et des autres, en paticulier les déclarations des auteurs Dupuis.
      Une fois que tu auras compris tout ça, je suis sûr que tu arriveras à savoir si tu dois envoyer aujourd’hui ton projet aux éditions Dupuis ou attendre quelques temps.

      Cordialement

      Cyril PEDROSA

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  • "Quand on veut abattre son chien on dit qu’il a la rage" !.
    Ainsi,selon M.de St Vincent serions nous tous ,employés de Dupuis ou auteurs,"manipulés" par ces arrivistes de Gendrot et Kennes !.
    Nous sommes il est vrai de "doux utopistes " en face de ces "gens qui savent".Merci M.de st Vincent pour la confiance en notre discernement !.
    Face à nos inquietudes ,la réponse a été cinglante:Claude Gendrot et Yves Flamion ont été licencié pour "faute grave".
    Média Participations gère sûrement trés bien Dargaud et Lombard et c’est tant mieux,mais je doute que pour le coup ce groupe a su convaincre du bien fondé de sa politique vis à vis de Dupuis !.Il me semble que Media a voulu faire un exemple pour "inviter" les autres "frondeurs"à rentrer dans le rang.
    Dans cet article éloquent il est beaucoup question de logique d’entreprise ou d’actionnaires mais bien peu de mots pour ces gens qui veulent revendiquer cet" esprit Dupuis " qu’ils sentent menacer...et certainement pas pour rien.
    Un esprit qu’anciens ou plus jeunes malgré les aléas inhérents à l’édition,nous avons tous ressenti.
    Aujourd’hui le cynisme d’une certaine logique économique nous explose à la gueule.
    On choisit de discréditer des gens,faire pression sur les collaborateurs de Dupuis ,menacer plutôt que d’essayer de comprendre les raisons profondes de ce malaise.
    M.de St Vincent -qui posez ci dessus à coté de l’un de mes dessins-vous avez choisi votre camp.Ce n’est pas le mien.
    Je suis profondément solidaire des "Dupuis"(qui jouent leur emploi ou pour le moins leur conditions de travail futures dans un groupe qui ne les comprend décidemment pas) et de tous mes collègues auteurs plongés ce jour dans un profond desarroi.

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  • Cher Claude,

    Tout bien considéré, je l’aime bien, moi ce fichu monde capitalisto-néo-libérale dont tu es l’un des chantres.

    Oui, je l’aime bien, parce que les gens comme toi ne sont que de minuscules pions qui doivent répondre de leurs actes et de leur gestion auprès d’actionnaires, aussi insensibles qu’il est possible d’être insensibles.

    Et alors, toi, mon vieux de St Vincent, ça va être ta fête dans pas longtemps, crois-moi. Il va falloir que tu assures grave pour justifier de la crise monumentale que tu viens de provoquer. Parce que dans le genre crise, c’est une première.

    Evidemment, tu ne pouvais pas le prévoir. Les précédents te donnaient raison : le rachat du Dargaud historique s’était passé dans un calme relatif. Des inquiétudes, bien sûr, des départs, des grincements de dents, mais pas de quoi fouetter un chat. Le rachat de Casterman... encore mieux... indifférence générale, juste un Tardi qui claque la porte pour mieux la réemprunter. Bon, il y avait un petit précédent avec Fluide Glacial, des auteurs pas contents et qui le font savoir, une direction qui cède un peu de terrain, mais, toujours pas de quoi fouetter un chat.

    Et puis là ! Hum !

    Ben, tu pourras toujours leur dire ça à tes actionnaires : tu ne pouvais pas savoir. Il n’y avait pas d’antécédent.

    N’empêche, tu aurais pu comprendre qu’une centaine d’auteurs ne se fendent pas d’une petite missive, aussi anodine et gentillette soit elle, pour le plaisir de perdre cinq minutes dans leur journée.

    Oui, tu aurais pu comprendre ça. Tu aurais pu aussi te fendre d’une petite missive tout aussi gentillette pour montrer que tu te préoccupais ne serait-ce qu’un peu de leurs préoccupations.

    Mais non, tu l’as joué grand capitaine d’industrie en balayant de ton mépris la révolte qui couvait.

    Pire, tu es allé jusqu’à mettre le feu aux poudres en virant celui qu’on te demandait avec tant d’empressement de garder.

    Ca, c’est stratégiquement plutôt mal vue... même moi, je ne t’aurais pas conseillé de le faire, et pourtant, contrairement à toi, je n’ai qu’un ridicule DUT en pub...

    Vraiment Claude, je suis bien embêté pour toi, parce que toutes ces bévues, il va falloir que tu les expliques à tes actionnaires. Parce que l’actionnaire, il n’aime pas trop voir sa machine gripper... et je ne crois pas me tromper en t’annonçant que l’année 2006 chez Dupuis, elle ne va pas être bien bonne. Oh ça non !

    En fait, tu avais raison, Claude ! L’industrie, ce n’est pas une question de personne. On peut virer n’importe qui.

    Malheureusement, j’ai bien peur que le prochain, ce ne soit toi.

    luc

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  • Je suis assez surpris de tout ce que j’entend.
    J’ai travaillé pendant des dizaines d’années avec le groupe Dupuis et j’ai toujours été ravi de cette collaboration.
    Depuis quelques années pour diverses raisons, j’ai travaillé avec le groupe du Lombard racheté aussi par Media Participations et je n’ai jamais senti chez Lombard la moindre contrainte différente de chez Dupuis.
    Dans les 2 cas, il ya une ambiance cordiale et un souci d’assurer une collaboration la plus efficace entre le monde de l’edition et les auteurs qui se font editer.
    J’ai un gros problème à croire que Media Participations aurait racheté Dupuis dans un autre but que celui de faire un grand groupe editorial européen dans l’intérêt de l’edition ET des auteurs.
    Si ce n’était pas le cas, pourquoi auraient ils commencé par transférrer toute la comptabilité du groupe à Marcinelle ?
    Drôle de éthode pour ’vider’ une entreprise.
    Meidia Participations ne fait pas du hsommping d"entreprise pour revndre après avoir tiré une plus value mais a un projet cohérent qui sert la bande dessinée tout en tenant compte des contraints économiques d’aujourd’hui.
    De plus quel serait l’intérêt de couper les ailes d’une entreprise qui marche alors qu’ils ne l’ont pas fait avec Le Lomabrd qui n’était pas une aussi belle mariée que ne l’est Dupuis aujourd’hui.
    Non, cet argument ne tient pas, j’ai confiance dans le projet de Media Participations, DUpuis est une merveilleuse entreprise qui se développera encore mieux avec une logistique intégrée (2005 n’a t’elle pas été une de ses meilleures années ?)
    Laissons un peu de temps pour que tout cela s’installe harmonieusement.

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    • Répondu par Henri Reculé le 19 mars 2006 à  11:03 :

      Je ne peux qu’adhérer à l’analyse de Mr Roba.
      J’ai connu les Editions du Lombard en crise, milieu des années 90 et le rachat par le groupe Media-Participations n’a pas miné son identité, bien au contraire, lui a donné les moyens de ses ambitions.

      Enfin, en ce qui concerne l’intervention de Mr Brunschwig, il me semble qu’il confond un peu tout.
      Il écrit : " (...) le rachat du Dargaud historique s’était passé dans un calme relatif. Des inquiétudes, bien sûr, des départs, des grincements de dents, mais pas de quoi fouetter un chat. Le rachat de Casterman... encore mieux... indifférence générale, juste un Tardi qui claque la porte pour mieux la réemprunter. Bon, il y avait un petit précédent avec Fluide Glacial, des auteurs pas contents et qui le font savoir, une direction qui cède un peu de terrain, mais, toujours pas de quoi fouetter un chat."

      Dargaud et Lombard font bien partie du groupe Media-Participations. Casterman et Fluide Glacial, non.
      Fluide Glacial/Audie ont été rachetés en 1995 par les éditions Flammarion, qui ont ensuite, fin 1999, racheté les éditions Casterman, je le sais j’y étais. Avant de se retrouver à leur tour englobées par le groupe italien Rizzoli-Corriere-della Sera.

      Quand on sait pas...

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      • Répondu par luc Brunschwig le 19 mars 2006 à  12:13 :

        Cher monsieur Reculé que je n’ai pas l’honneur de connaître.
        J’aimerais sincèrement que vous essayez de ne pas me faire passer pour l’idiot ou l’inculte que je ne suis pas.
        Je n’ai jamais prétendu que Casterman ou Fluide avait été rachetés ou avait été victimes de Media Participations. Je citais juste quelques exemples de rachat de maison d’éditions par de grands groupes qui se sont passés sans trop de heurts.
        Merci à l’avenir de bien lire mes propos avant de passer à l’attaque.
        Une bonne journée à vous.

        luc

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        • Répondu le 19 mars 2006 à  13:26 :

          Mea culpa.

          La présentation des faits ne me semblait pas aussi évidente.
          Les choses n’en sont que plus claires.

          Bien à vous.

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        • Répondu par Denis Lapière le 19 mars 2006 à  13:55 :

          Bonjour à tous

          Il serait peut-être temps d’arrêter d’opposer Dargaud-Lombard-Kana à Dupuis ainsi que les auteurs des uns aux auteurs des autres.

          Il ne fait aucun doute que lorsque le groupe Média-Participation a repris Dargaud et Lombard, ils ont fait du bon travail avec ces éditeurs. Ils y ont insufflé une culture d’entreprise commune tout en y laissant une indépendance éditoriale. Ils ont redressé deux entreprises qui allaient mal et qui aujourd’hui se portent mieux.

          Ceci dit, lorsque le groupe Média-Participation a repris les editions Dupuis il y a 20 mois, celles-ci étaient et sont toujours florissantes. Elles n’avaient et n’ont toujours pas besoin d’une "restructuration" pour aller mieux, bien au contraire.
          Il y avait et il y a toujours une culture d’entreprise (une vision de la bande dessinée) TOTALEMENT différente de celle de Dargaud-Lombard-Kana. Par exemple, Dupuis se refuse à éditer des mangas (pour des raisons objectives qui sont les leurs), Dargaud-Lombard, avec Kana, possède le premier éditeur de manga et en sont fiers (et ils ont le droit de l’être).

          Ces différences d’approches de la BD, qui ne se limitent pas au manga bien entendu, font la richesse et la diversité de la BD francophone. Et c’est tant mieux !

          Simplement, avant de vouloir faire des rapprochements structurels entre Dupuis d’une part et Dargaud-Lombard-Kana de l’autre, il aurait sans doute fallu prendre la réelle mesure de ces différences. Cela semble n’avoir pas été le cas (c’est une supposition). Et la confiance des uns envers les autres s’est peu à peu effritée jusqu’à ce que chacun se trouve dans une impasse (c’est un constat)...

          Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est le discour et les actes posés par les directeurs de Média-Participation ces derniers jours. On ne peut pas, dans un conflit majeur (la démission de Dimitri Kennes et la proposition d’un MBO par le comité de direction de Dupuis) dire et écrire que Média-Participation assure de sa volonté de préserver l’âme de Dupuis et la pérénité de l’entreprise et en même temps, le même jour, licencier sans motif apparent son directeur éditorial et son directeur des ressources humaines. C’est frapper de plein fouet les auteurs et le personnel de Dupuis. Ce n’est rien d’autre que l’âme des éditions Dupuis qui est fracassée ! L’entreprise qui est sur le flanc. Surtout que l’on déclare à la presse que d’autres licenciements pourraient advenir pour toutes personnes qui n’adhereraient pas au projet du Groupe (cfr "Le Soir" de samedi).

          Voilà bien le drame : ces actes et ces déclarations semblent bien confirmer les craintes de Dimitri Kennes et du comité de direction de Dupuis : les éditions Dupuis sont priées d’adhérer au projet du Groupe, à sa culture d’entreprise et à sa vision de la bande dessinée.

          Nous (je dis nous car ces derniers temps nous parlons beaucoup entre nous et que mes propos, s’ils sont spontanés et s’ils ne sont pas une quelconque position officielle, reflètent tout de même un sentiment général des auteurs) nous, donc, ne disons pas que le projet du Groupe Média-Participation est mauvais. Ni que la vision de la BD que manifeste Dargaud-Lombard-Kana est mauvaise. Que du contraire.

          Nous affirmons simplement : CE N’EST PAS LE NÔTRE ! CE N’EST PAS LA NÔTRE !

          C’est la diversité des points de vues qui fait la richesse du regard.

          Permettez-nous de conserver notre point de vue et de participer à la richesse de notre petit monde de la bande dessinée.

          D’autant que ce point de vue, ces derniers douze mois, a démontré qu’il n’était pas incompatible avec une éclatante réussitte commerciale.

          Arrêtons cet incommensurable gachis ; il est encore temps de faire marche arrière...

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