Come Prima - Par Alfred - Delcourt

13 novembre 2013 1 commentaire
  • Deux frères brouillés prennent la route pour rendre un dernier hommage à leur père décédé. Un long chemin empli de tension. Règlement de comptes ou réconciliation en vue ? Un roman graphique construit sur des surprises successives riche de scènes magnifiques.

On le sent au bout du rouleau, Fabio. Il perd de plus en plus ses combats sur le ring, sa compagne lui met la pression chaque matin, et son rêve de gloire s’évanouit inexorablement. Alors quand il aperçoit au coin de la rue son frère Giovanni, il n’est pas question de faire des efforts. Ni de l’écouter. Mais entre sa situation qui empire et la perspective de toucher l’héritage de son père, Fabio finit par céder. Avec peut-être, d’autres motivations cachées. Et si le voyage commence mal, les deux frères vidant leur bile à tour de rôle, les affres de ce périple fauché favorise une forme de solidarité retrouvée. Sans compter les révélations que Giovanni s’apprête à faire à son aîné...

Les premières scènes de Come Prima cachent bien les rebondissements à venir. La relation explosive entre ces frangins brouillés semble scellée dans le béton. Et les caractères intangibles. Cette longue route de la France à l’Italie ne va pas seulement revitaliser une fraternité tremblante. Elle apporte son lot de rencontres marquantes et de conversations libératrices. Et les secrets révélés de part et d’autre dans la petite voiture du papa vont mener à une nouvelle vision des choses que le lecteur ressent d’autant mieux que le récit revient régulièrement à un passé doux-amer par des flash-back en images surexposées, lumineuses et nostalgiques.
Come Prima - Par Alfred - Delcourt
Outre un art de la révélation qui donne du ressort à l’album, Alfred a réalisé, avec l’aide aux couleurs de Maxime Derouen, de superbes scènes qui marquent par des ambiances splendides : ici un tête-à-tête au milieu des draps blancs qui sèchent, gonflés par le vent, là une pause de nuit dans une orangeraie, ou encore l’accident de voiture sous la pluie, dans un ciel indigo qui donne à la nuit une beauté surréaliste.

Come Prima s’inscrit dans la meilleure tradition des road movies rédempteurs, tout en proposant une trame familiale dont la violence apparente débouche sur un superbe final apaisé. Où la notion de fraternité prend une force humaniste universelle.

(par David TAUGIS)

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