Commando Torquemada – T1 : Pour la plus grande gloire de Dieu - par Nihoul & Lemmens – Fluide Glacial

10 septembre 2007 1
  • Personne n'a oublié Sœur Marie-Thérèse dans les pages du magazine d'Umour et Bandessinées. Il faut désormais aussi compter sur le commando Torquemada pour caricaturer la religion catholique et son intégrisme. Bien sûr, l'album est édité chez Fluide Glacial !

Il n’y va pas de main morte lorsque le cardinal Albuferque, directeur de la Sainte Inquisition, fait appel à ses services. Les 200 fidèles intégristes chantant, nus, l’internationale en latin s’en souviennent encore. Du LSD avait été glissé dans les hosties de la communion ! Le commando Torquemada est composé de Frère Malachie, à la culture cinématographique supérieure à ses connaissances bibliques, de Feargal Mc Gowan, un prêtre à la gâchette sensible et Sœur Sarah Terwagne, adepte de l’auto-flagellation pour faciliter les visions divines. Le Saint-Père n’a pas été enthousiaste à l’idée de les réintégrer : leurs états de services sont remarquables, mais leurs dérapages ne le sont pas moins…

Philippe Nihoul, journaliste et ancien de la rédaction de Spirou, a l’humour décapant et caustique. Mais il joue plus des mots irrévérencieux qu’anticléricaux, s’appuyant pour cela sur le vocabulaire religieux cher au catholicisme. En fait, la quête (retrouver le fer de la lance qui perça le flan du Christ en croix) n’est qu’un prétexte pour placer des dialogues acides qui valent le jus.
« 
La couleur est accessoire. J’ai pensé chacune des pages comme si elles étaient publiées en noir et blanc. Cela se sent. Peut-être aurais-je envie dans l’un des prochains albums de travailler différemment. » confiait Xavier Lemmens à Nicolas Anspach en juillet dernier. Son trait donne du caractère à l’histoire. Les profils psychologiques des principaux personnages transpirent dans leur faciès et leur démarche.

À la lecture de cet album, il se dégage un certain enthousiasme. Dommage cependant que, par moment, la narration manque de fluidité et de rythme. La planche 19, par exemple, plombe un peu le récit. Les auteurs ayant signé pour trois albums, on peut s’attendre à ce que les techniques s’affûtent et nous délivrent une suite religieusement délicieuse.

(par Laurent Boileau)

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