Comme des lapins - Par Ralf König - Glénat

29 janvier 2005 0 commentaire
  • Le tout dernier album en date du créateur allemand vient de lui valoir un Prix du Scénario au festival d'Angoulême 2005. Retour sur une comédie de moeurs très contemporaine.

Depuis plusieurs années, les albums de Ralf König mettant en scène Conrad et Paul et leurs amis, ses personnages récurrents, alternent avec d’autres histoires comme son excellent Iago (une vision très personnelle de Shakespeare) ou Lysistrata (ou comment les Athéniens ont vraiment fait face à la révolte de leurs femmes - pièce d’Aristophane et non de Shakespeare, contrairement à ce qu’affirme le site de Glénat).
Avec Comme des lapins, König continue son exploration des rapports humains, ou plus exactement des rapports sexuels humains. Horst, un contrebassiste hétéro, voit sa copine le larguer après la découverte d’une cassette porno dans la poubelle. Dans le même immeuble vient s’installer Sigi, qui lui a quitté son copain. Sigi et Horst étaient ensemble à l’école, et ils vont rapidement sympathiser. Avec son sens aigu du dialogue et des situations incongrues qui ont une tendance certaine à se transformer en réjouissantes séances de baise, König décrit avec humour les difficultés de concilier les idéaux de la société axée sur le couple, et les envies et pulsions de tout un chacun, homo ou hétéro.
Horst fantasme sur des actrices de pornos à la poitrine plus que généreuse, et Sigi sur les baraqués poilus. Si les chances du premier de réaliser ses fantasmes semblent assez mince, il va vite découvrir que les cantatrices aussi aiment se changer les idées entre deux récitals. Et heureusement pour Sigi, les déménageurs ne dédaignent pas rendre service à leurs clients...

Il est indéniable que nombre d’histoires de König tournent autour du sexe et de ses complications. Il est également certain que ce joyeux abandon n’exclut pas les réflexions fines et tout sauf sexistes sur la façon dont la société essaie de modeler les uns et les autres. König réussit donc à merveille à naviguer entre comédie de moeurs et vision sans concession de notre société. Le plus étonnant est évidemment qu’avec des BD le plus souvent très, très pédés, l’auteur ait réussi à conquérir un large public bien au-delà de ce que l’on aurait pu espérer. Comme ses livres, son succès prouve, si besoin est, que la cohabitation homo/hétéro peut être fructueuse, hilarante, et diablement bandante.

(par François Peneaud)

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Un excellent site réalisé par un amateur français.

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