Comme en Quatorze - Par Philippe Brau et Georges Van Linthout - Des ronds dans l’O

12 août 2014 0
  • La Première Guerre mondiale, de 1914 à 1918, a commencé il y a tout juste cent ans. Pour nous rappeler cet événement, nombre d'ouvrages paraissent actuellement. La bande dessinée {Comme en Quatorze}, de Georges Van Linthout et Philippe Brau, fait partie de ceux-ci.

Si, en bande dessinée, lorsque l’on évoque la Grand Guerre, nous pensons forcément à Tardi et ses Poilus embourbés dans la sinistre Guerre des tranchées en France, il n’est pas inintéressant également de raconter ce qui s’est déroulé avant.

En effet, la Première Guerre mondiale a débuté par l’attaque allemande sur la Belgique. L’Allemagne avait choisi, en ce début de mois d’août, de contourner l’armée française en passant par le Luxembourg et la Belgique. Les armées belges, françaises et anglaises réagissent ; c’est ce qu’on appela la Guerre de mouvement.

La Belgique envahie, l’armée belge défaite, des citoyens résistent encore comme ils peuvent. Avec notamment quelques actes de bravoure tels que le passage par voie fluviale vers la Hollande, à la barbe et au nez des Allemands, de deux remorqueurs remplis de clandestins : l’Anna et l’Atlas V !

Comme en Quatorze - Par Philippe Brau et Georges Van Linthout - Des ronds dans l'O
© Des ronds dans l’O

C’est sur ce fond historique précis et détaillé que Philippe Brau et Georges Van Linthout posent une intrigue familiale perçue à travers le regard de deux femmes, celui d’une mère et de sa fille, à la recherche de leur fils et frère cadet, lui-même parti venger la mort de ses deux frères aînés.

Tous pensent le Commandant Warister De Longlois, héritier d’une famille de patrons des charbonnages, responsable de la mort des deux frères. Il les aurait envoyés à la mort en représailles de luttes et revendications sociales, notamment celle en faveur du suffrage universel, auxquelles ont activement participé les deux frères et leurs parents...

En quatre-vingt-deux planches, les auteurs nous dressent le tableau d’un pan de l’Histoire, celui de la guerre et du contexte social belge à l’époque, relativement méconnu. Dans ce pays aussi mineurs et ouvriers ont dû lutter pour obtenir des droits.

Quant à la guerre proprement dite, le titre en évoque le début, avec son lot de désillusions face à la réalité des combats et de la défaite. On assiste ainsi à la perte des idéaux, à l’effritement des croyances de l’époque, de la soif d’en découdre et de l’héroïsme...

La narration est bien ficelée et prenante. Quant au graphisme de Georges Van Linthout, dans son style semi réaliste (de Lou Smog en 1985 dans le journal de Tintin à Celui qui n’existait plus paru chez Vents d’Ouest en 2014), ici en lavis de gris, il est efficace (très pro) et agréable.

Un bel album cartonné, dos rond, de belle facture, qui nous rappelle notre Histoire et les droits sociaux durement acquis.

(par François Boudet)

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