Comme les autres – T. 1 et T. 2 – Par Nojin Yuki – Kana

  • Après avoir subi une opération du cœur, la jeune Tsubaki, pleine de vie, veut vivre un amour ordinaire. Manque de chance, elle tombe sous le charme d’Ibuki, un lycéen malentendant qui a du mal à accepter l'intérêt qu'elle a pour lui.

La mangaka Nojin Yuki spécialisée dans le shojo revient avec un titre intitulé Comme les autres.
Dans ce manga, Tsubaki est une jeune lycéenne qui croise par hasard le chemin d’Ibuki dont elle tombe amoureuse. Par chance, le garçon qui lui plait est dans son lycée, il fait partie du club de photographie. Elle ne tarde pas à le retrouver et fait tout pour se rapprocher de lui. Cependant, Tsubaki qui souhaite vivre un amour « ordinaire » n’a pas prévu une chose : Ibuki est malentendant. Cette nouvelle ne la décourage pas et son naturel joyeux la pousse à faire des efforts pour échanger avec lui. Il faut savoir que sa personnalité énergique et positive cache un vécu compliqué : elle a passé beaucoup de temps à l’hôpital et a subi une opération du cœur. Elle intègre alors le club de photos et commence à apprendre la langue des signes, mais Ibuki, plutôt distant, a du mal à accepter qu’elle s’intéresse à lui pour ce qu’il est.

Comme les autres – T. 1 et T. 2 – Par Nojin Yuki – Kana
Comme les autres planche 1
© Nojin Yuki/Kana

Un manga assez classique dans le style shojo par son dessin doux et son intrigue romantique, mais qui se démarque grâce à un personnage malentendant et par le passé de l’héroïne. Les œuvres qui abordent ce genre de thématique sont de plus en plus populaires comme l’ont montré A silent Voice de Yoshitoki Ōima ou encore A sign of affection de Suu Morishita. Ici, les deux premiers tomes laissent apercevoir les difficultés d’Ibuki à cause de son handicap. Par exemple, les personnes qui lui parlent le juge malpoli car il les ignore, sans savoir que le garçon ne les entend simplement pas. Ibuki se retrouve donc souvent exclu. La communication et la compréhension de l’autre sont les difficultés rencontrées par les deux protagonistes de l’histoire. Il y a une bienveillance à travers Tsubaki qui voit Ibuki au-delà de sa différence.

Comme les autres planche 2
© Nojin Yuki/Kana

L’idée que la protagoniste connait la valeur de la vie à cause de son opération du cœur et qu’elle se donne à fond grâce à son vécu donne une profondeur à sa psychologie et son comportement. Cette joie de vivre met en avant une personne qui a été isolée par la maladie et qui est reconnaissante de pouvoir vivre. Ceci explique l’envie pour l’héroïne de suivre son cœur et d’avoir une vie normale. Cependant, à travers ses interactions avec les autres personnages, elle mentionne parfois son opération de façon trop légère ou trop lourde. Elle utilise notamment ce vécu pour pousser Shibasaki, l’ami d’enfance du héros, à jouer aux cartes avec elle, ce qui rend son passé moins impactant.

Comme pour de nombreux shojos, l’héroïne pense être amoureuse d’une personne qu’elle ne connait pas et dont elle a déjà une image fabriquée en tête. Tsubaki a une vision de l’amour fausse et est obnubilée par celui-ci au point où le reste ne compte plus. Lors de sa première rencontre avec Ibuki, elle se dit qu’il est beau et gentil, ce qui n’est pas sans rappeler le cliché du prince charmant. De plus, elle se montre insistante avec Ibuki et force les choses pour passer du temps avec lui. Les autres ont beau lui parler, Tsubaki reste convaincu que c’est de l’amour alors qu’elle ne sait rien de lui.

L’héroïne parle également d’Ibuki comme si elle le connaissait bien en face de personnes qui, elles, le connaissent vraiment, ce qui peut être agaçant. Il est agréable de voir les autres personnages remettre en question Tsubaki et la pousser à réfléchir. Son ressenti et ses actions peuvent être justifiés par le fait qu’elle ne veut pas perdre de temps à cause de son expérience à l’hôpital, mais la manière dont l’histoire le met en avant est trop appuyée et très maladroite. De plus, les échanges entre les personnages questionnent la capacité de Tsubaki à sauver Ibuki. Construire une relation sur l’envie de sauver l’autre revient à jouer le rôle d’un médecin et non d’un partenaire amoureux ce qui rend la relation malsaine.

Comme les autres planche 3
© Nojin Yuki/Kana

Avoir un personnage malentendant assez distant et une héroïne joyeuse qui a survécu à une opération difficile donne envie de voir le développement de l’intrigue. Cependant, le rapprochement des deux personnages ne se fait pas de façon naturelle et même de façon abusive à cause du comportement de l’héroïne. L’auteur utilise le fait d’être malentendant pour démarquer son histoire d’une romance classique mais elle le fait de maladroitement en restant en surface. Les problèmes de communications que rencontrent les deux protagonistes tout comme la place du handicap d’Ibuki, méritent d’être approfondi dans les prochains tomes afin que l’intrigue puisse mieux souligner son originalité.

(par Malgorzata Natanek)

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