"Comme un chef" d’Aurélia Aurita & Benoît Peeters : la biographie culinaire d’un grand scénariste de BD

22 février 2018 8 commentaires
  • Surprise pleine de finesse et de sensibilité, cette autobiographie de Benoît Peeters dévoile son amour de la gastronomie. Mais aussi un destin aux rebonds surprenants.
"Comme un chef" d'Aurélia Aurita & Benoît Peeters : la biographie culinaire d'un grand scénariste de BD
Benoit Peeters
Ph : D. Pasamonik(L’Agence BD)

On ne saura pas vraiment si Benoît Peeters n’est pas devenu universitaire à cause de Tintin ou des frères Troisgros. Mais cette vie comme déviée par des passions définitives l’aura écarté d’un destin plus commun.

Enfance en Belgique, hypokhâgne à Louis le Grand, puis la plongée dans les découvertes culinaires, jusqu’à tenter de devenir chef à domicile. D’un petit boulot à l’autre, Peeters entrera dans le monde de la BD, et s’affirmera comme le scénariste des Cités obscures, entre autres, et confirmera son expertise de l’oeuvre d’Hergé. Il publiera aussi des romans, et des monographies du grand philosophe Jacques Derrida. Sans jamais renier sa passion pour la cuisine.

© Casterman 2018
Benoît Peeters sera présent sur la scène BD/Comics/Manga de Livre-Paris

Habillé par le dessin plein de tendresse d’Aurélia Aurita, Comme un chef dresse le portrait d’un résigné épanoui. Les aventures gastronomiques qui jalonnent le récit viennent rythmer la vie de l’auteur comme des reportages, mais aussi des touches d’intimité racontées avec une pudeur délicate.

Pour beaucoup, les talents culinaires de Peeters seront une découverte saisissante, d’autant qu’aucune de ses BD, semble-t-il, ne met cet art en avant. La mode des chefs-stars peut expliquer ce coming out tardif, mais laisse également espérer des récits plus proches de cette passion jamais délaissée, communiquée ici avec une chaleur roborative, toujours pleine d’humilité.

(par David TAUGIS)

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8 Messages :
  • C’est inhabituel, non ? Une autobiographie en BD, dessinée par autrui. Le personnage dessiné n’est donc pas l’avatar de l’auteur, c’est l’auteur de l’autobiographie vu par la dessinatrice. Une autobiographie dans le scénario, une biographie dans le dessin.
    Cela se lit sans doute comme une autobiographie classique en BD, mais à la réflexion on ne doit jamais bien savoir si on lit/regarde ce que l’auteur pense de lui même ou bien ce qu’un(e) autre pense de lui.
    Un objet étrange, je trouve.

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    • Répondu par Francis le 22 février 2018 à  17:27 :

      Ça n’est pas très surprenant de la part de Benoît Peeters, qui apprécie beaucoup ce genre de mise en abîme.

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    • Répondu par RD le 22 février 2018 à  17:29 :

      Il y a des antécédents ; les récits autobiographiques d’Harvey Pekar dessinés par de multiples auteurs américains, dont Robert Crumb, par exemple. Je pense aussi au Meilleur de moi, de Dumez et Colonel Moutarde (je ne sais plus trop qui racontait sa vie et qui la dessinait).

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    • Répondu le 22 février 2018 à  21:12 :

      Et les coquelicots d’Irak dessiné par Trondheim.

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    • Répondu le 22 février 2018 à  21:14 :

      Et paquet de merde par Pierre Paquet dessiné par Jesus Alonzo.

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    • Répondu par Deplomb le 23 février 2018 à  10:32 :

      Vos réponses montrent que ce n’est pas si inhabituel, finalement.
      Pour Coquelicots d’Irak, le contenu, le fond du propos, est l’autobiographie de Brigitte Findakly, cependant à la lecture il me semble qu’on sent que la narration, "l’adaptation scénaristique", le découpage, le rythme, sont de Lewis Trondheim. Je me trompe peut-être, mais Trondheim n’était pas simple dessinateur.

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      • Répondu par RD le 25 février 2018 à  09:21 :

        On pourrait dire la même chose du livre de Peeters et Aurita. La narration, le découpage, le rythme... ressemblent plus à Fraise et chocolat qu’à un album des Citées obscures...

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  • Et les aventures de Tintin, dessinées par Hergé ?
    "Tintin, c’est moi !" disait-il, à l’instar de Flaubert et sa madame Bovary.
    C’est pas de la mise en abîme, ça ?

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