Conan T. 4 La Fille du géant du gel - Par Robin Recht - Glénat

25 décembre 2018 4 commentaires
  • Conan vient de retrouver ses lettres de noblesse en bande dessinée. Merci à Jean-David Morvan, Patrice Louinet, Glénat et… à Robin Recht qui nous livrent ici un récit atypique, hors des sentiers habituellement battus par le Cimmérien.

Michael Moorcock l’annonçait en préambule du tome, mais nous n’étions pas préparés. Peut-être aurions-nous dû nous fier à la magnifique couverture. Peut-être aurions dû aussi nous fier à notre instinct : La Fille du géant du gel, une des nouvelles les plus intrigantes de Conan aux mains de Robin Recht (déjà au travail sur Elric chez Glénat), c’était l’assurance d’une œuvre de qualité. Mais nous n’étions pas prêts.

Après trois tomes que nous avions salués, Glénat a laissé les mains libres à Robin Recht pour adapter La fille du géant du gel, nouvelle atypique de Conan mais qui reprend aussi nombre de thèmes qui gravitent autour de la mythologie du personnage : du sang, des batailles, une fille dénudée, du sexe, de la barbarie...

Située dans les confins nordiques de Nordheim, l’histoire nous présente un Conan mercenaire, unique survivant d’une bataille, prêt à tout pour mettre la main sur une femme à la beauté surnaturelle qui fait naître le désir en chaque guerrier.

Conan T. 4 La Fille du géant du gel - Par Robin Recht - Glénat
Conan par Robin Recht © Glénat

Robin Recht réussit un tour de force qui ferait pâlir Schwarzy lui-même : Conan est massif, imposant, ivre de désir, mais il est aussi le guerrier sauvage, souple comme une panthère, que l’on s’image lorsqu’on lit les textes de Howard. La fureur du romancier transparaît à chaque page. Si l’on devait indiquer une porte d’entrée au monde de Conan, l’adaptation de Recht serait certainement une des premières lectures à proposer.

Sans dénaturer l’imaginaire créé autour du personnage, et même si l’histoire pourrait facilement être résumée dans sa version la plus simple et la plus brutale, poésie et sensibilité émanent autant du texte que de ces magnifiques planches.

Et dire que le magnifique duo Jason Aaron et Mahmud Asrar prend les commandes d’une nouvelle série Conan chez Marvel de l’autre côté de l’Atlantique à partir du mois prochain… Qu’on se le dise les amoureux du personnage et du 9e art, vivent avec cette série une époque bénie, merci pour eux.

(par Clément DUVAL)

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4 Messages :
  • C’est beau au premier abord mais ça sent la grosse fainéantise. Après avoir lu votre article sur Mitton où il expliquait justement qu’on ne pouvait pas tricher quand on dessiner une bataille, qu’il fallait dessiner tous les guerriers, même le dernier lancier tout au fond... on réalise soudain que cet album de Conan est une arnaque ! Et je pèse mes mots. Sous prétexte d’inventer un style de dessin nouveau et dynamique, on se rend compte que toutes les planches ont été dessinées à l’économie. C’est tellement plus facile de dessiner des ombres noires qu’un vrai guerrier et tout son attirail. Cette double planche avec juste un paysage est beau au premier abord mais pour qui sait dessiner, on réalise que ce genre de dessin ne prend que 5 minutes à faire. C’est franchement ridicule, on ne peut pas se moquer des lecteurs ainsi vu le prix de l’album !!!

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    • Répondu par kyle william le 26 décembre 2018 à  20:05 :

      Le temps passé sur une image n’a jamais été un critère de qualité artistique. Et aucune image, même la plus épurée ne prend 5 minutes… Lire à ce sujet le magnifique catalogue de l’expo Cosey d’Angoulême l’an passé "Cosey, une quête de l’épure".
      Sur cet album de Conan, au vu des planches qu’on peut voir sur google images, on a l’impression qu’il y a déjà au contraire une profusion tout à fait superflue de détails… d’autant que la nouvelle originale dont cet album est tirée ne comprend que… deux personnages. Plus largement, redessiner du Conan des années après John Buscema, Gil Kane, Jorge Zaffino et quelques autres, il y a de quoi être sceptique… mais après tout, après Cocteau, Disney a bien refait (en beaucoup moins bien) la Belle et la Bête…

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      • Répondu par Eric B. le 27 décembre 2018 à  21:59 :

        En effet, l’aspect esthétique de leur nouveau Conan est aussi un des gros points négatifs. Cette série n’ira pas loin, ils ont d’ores et déjà raté la cible. Cosey est un grand auteur mais son dessin dépouillé ne fait pas vibrer tant de monde que ça. On n’entend jamais personne citer "Jonathan" comme une oeuvre majeure du 9ème art. Dernier point : il faut acheter l’album, sortir les 17 euros demandés pour pouvoir se poser ensuite la question de savoir si on en a eu pour son argent. Se contenter de prévisualiser gratuitement des planches sur Internet, forcément on est moins exigeant, moins difficile. Quand on paye, quand on achète ce que les auteurs veulent nous vendre, ça donne un peu plus le droit de la ramener. C’est d’ailleurs pour ça que les journalistes sont si complaisants dans leurs critiques : les éditeurs leurs envoient les albums, tout est gratuit, offert. Sont pas fous !!!

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        • Répondu par kyle william le 28 décembre 2018 à  20:40 :

          Je ne sais pas bien ce que c’est que le "9e art", ni pourquoi il est si nécessaire de les numéroter… ce que je crois, c’est que ce ne sont pas les chiffres de vente qui déterminent si une oeuvre est "majeure" ou pas, que Cosey n’aurait pas enfin été récompensé à Angoulême si beaucoup de gens ne pensaient pas que son oeuvre est "majeure", et que ne n’est pas la quantité de détails ni le temps passé par un dessinateur sur une image qui détermine si le lecteur en aura "pour son argent" ou pas… pour le reste je suis bien d’accord avec vous, les livres sont bien trop chers, et les auteurs pas assez payés…

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