Contes et légendes du Québec - Collectif - Glénat Québec

23 février 2009 0
  • Le folklore occupe toujours une place importante dans l’imaginaire d’une communauté. Pour les Québécois, ceci est particulièrement vrai ; les histoires de coureurs des bois ou de bûcherons pactisant avec le Diable demeurent au cœur de l’imaginaire collectif, immortalisées par les nombreux contes, légendes et chansons à ce sujet.

Aussi, les éditions Glénat Québec ne pouvaient pas mieux trouver en proposant la thématique « Contes et légendes du Québec » lors de leur premier grand concours canadien de bande dessinée en 2008. Comme produit final, l’éditeur nous propose un album éponyme qui regroupe les six meilleurs projets.

Avec Contes et légendes du Québec, ce sont neuf auteurs qui ont pu révéler leur talent au grand public. Les histoires qu’ils nous présentent sont de genres variés : Jean-Sébastien Bérubé, avec Le Trésor du Cap-à-l’Orginal, propose un récit d’aventures dans lequel de sanguinaires pirates arpentent les eaux du fleuve Saint-Laurent. Gabriel Champagne, avec L’Arbre à paparmanes livre un conte merveilleux où une famille acadienne fait la découverte d’un arbre mystérieux dans lequel poussent des « paparmanes » [1]. Avec Gédéon et la Bête du lac, Patrick Boutin-Gagné et François Lapierre racontent l’histoire d’un pêcheur sur glace qui se laisse envoûter par une sulfureuse créature amphibie.

Les autres récits sont plus près des légendes traditionnelles et comportent un bon nombre d’éléments connus : des bûcherons et des loups-garous (Ouvrir au diable, Olivier Carpentier et Gautier Langevin), des draveurs [2] et des fantômes (La Jam, Serge Brouillet) ou encore des voyageurs tourmentés par un pendu dont le squelette a été mis en cage (L’Hôtel-à-Valiquette par Daniel Lafrance et Normand Grégoire).

L’originalité des histoires proposées, la création de suspense à l’aide d’élément surnaturels, l’utilisation de différents graphismes dynamiques et prometteurs, tous ces éléments font en sorte que ces Contes et légendes du Québec sauront fasciner les lecteurs. Cet album a trouvé le juste milieu entre imagination et attentes folkloriques, entre modernité et tradition. Le seul hic : ces histoires courtes ne font pas plus de six planches chacune (les règlements du concours et le format de l’ouvrage obligent) et certaines d’entre elles auraient très bien pu être davantage développées.

Sinon, avis aux intéressés : après cette première réussite, Glénat Québec tentera à nouveau l’expérience d’un concours de bande dessinée. C’est donc avec hâte que nous attendons la sortie, à l’automne 2009, du prochain album collectif, qui devrait s’intituler Histoire d’hiver.

(par Marianne St-Jacques)

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[1Bonbons à la menthe, déformation du mot anglais « peppermint ».

[2Les draveurs ou « raftsmans » sont des travailleurs chargés du transport de billots de bois qui, au printemps, quittent les camps de bûcherons en direction des papetières. Les billots sont chargés sur les rivières et sont transportés en aval par le courant. Les draveurs parcourent les rivières en radeau pour s’assurer que les billots ne causent pas de barrages.

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