Coronavirus : les auteurs interpellent le ministre

19 mars 2020 2 commentaires
  • Tandis que la France s'adapte bon gré mal gré au confinement imposé dans le cadre de la pandémie du Covid-19, les problèmes économiques guettent, avec des conséquences désastreuses pour nombre de secteurs d'activité. Parmi ceux qui se sentent les plus menacés : les auteurs. Ils ont donc interpellé le ministre de la culture Frank Riester quant aux mesures de soutien prévues.
Coronavirus : les auteurs interpellent le ministre
Frank Riester en février 2018.
© Jaime Bonkowski De Passos.

C’est la Ligue des Auteurs Professionnels qui a relayé l’appel. En plus d’énoncer les différentes mesures mises en place ou maintenues par plusieurs organismes en faveur des auteurs (dont le maintien des subventions du CNL et de la SOFIA aux festivals et événements annulés), le communiqué met en avant la lettre ouverte du 18 mars à l’intention des pouvoirs publics rédigée en partenariat avec la Charte des Auteurs et Illustrateurs jeunesse, l’ADABD et les États Généraux de la Bande Dessinée.

On y retrouve plusieurs pistes de réflexion et de propositions d’aides aux auteurs parmi lesquelles la suspension des prélèvements d’impôts, une indemnité mensuelle d’urgence, ou encore le maintien des rémunérations des auteurs et autrices dans le cadre d’événements annulés. Une série de huit propositions que vous pouvez retrouver sur leur site.

Vers une réouverture des librairies ?

La réponse du ministère ne s’est pas faite attendre : le jour-même, le communiqué de presse Crise sanitaire : premières mesures du ministère de la Culture en soutien au secteur culturel était dévoilé, présentant une série de réponses pour tous les secteurs culturels. Ce texte fait écho à l’attention particulière et récente apportée par l’exécutif à la culture en période de confinement : le ministre de l’économie Bruno Le Maire déclarait ce matin sur France Inter "J’estime que les librairies sont un commerce de première nécessité" et promettait d’étudier une possible réouverture de ces commerces.

Dessin de Grégoire Solotareff illustrant l’épisode du Coronavirus.
© Grégoire Solotareff / Instagram / Capture d’écran.

On apprend ainsi qu’une enveloppe de cinq millions d’euros a été débloquée par le CNL pour soutenir les acteurs du livres (auteurs, éditeurs, libraires). Le ministère affirme également porter une "attention particulière à la rémunération des auteurs qui devaient participer" à des festivals annulés. Pour le secteur du livre, peu de chiffres précis (en dehors du budget global du CNL), ni de mesures concrètes, mais des promesses et des "attentions portées" : il y a peu de chance que les auteurs s’en satisfassent.

Habitués des conflits avec les pouvoirs publics, les auteurs - particulièrement de bande dessinée - montent au créneau depuis plusieurs années pour dénoncer la précarité inacceptable dans laquelle beaucoup vivent. Et en dépit des commissions, expertises et autres Rapport Racine, ils n’ont au final toujours pas obtenu gain de cause. Il ne reste plus à espérer que le soutien aux auteurs pendant cette pandémie ne sera pas leur nouveau serpent de mer. « Quoi qu’il en coûte ! » avait martelé le Président...

Sur Twitter, Riad Sattouf et son personnage Esther font preuve de bonne volonté face au confinement : un exemple à suivre.
© Riad Sattouf / Capture d’écran.

(par Jaime Bonkowski de Passos)

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2 Messages :
  • Monsieur Frank Riester est avant tout concentré sur ses intérêts personnels puisqu’il à été élu maire de la ville de Coulomiers. On se demande où il avait la tête pendant le festival d’Angoulême.
    Il me semble que ce qui est le plus important à l’heure où j’écris ses mots est le manque de masques de protection pour les soignants et quelles sont le mesures pour stopper la pandémie.
    Le reste c’est l’écume des choses

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    • Répondu le 20 mars à  11:11 :

      "Lécume des choses".

      Je vous conseil al lecture du journal de guerre (1939-1945) d’Evelyn Waugh traduit en français aux éditions des Belles Lettres récemment. Vers la fin, il parle de la préparation de l’après-guerre alors que les alliés sont en train de progresser.
      Il y a cette pandémie mais ce n’est pas la fin du monde. Il faut mettre toute son énergie à lutter contre. Accepter les consignes. Mais il faut déjà et en même temps, préparer l’après.

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