Corps à Corps - Mardon - Coll. Aire Libre - Dupuis

7 avril 2004 0
  • Jean-Pierre Martin est l'homme invisible. Non, pas le super héros sans peur et sans reproches, celui qu'on ne voit pas : il n'est ni beau, ni laid, ni grand, ni petit, il est « comme tout le monde ». Il est secrétaire médical et rêve d'aventure sans avoir le courage de s'y lancer.
    Agnès est une petite bourgeoise ne pleine révolte. Son copain Lucien l'entraîne toujours dans des coups foireux à dealer tout et n'importe quoi.
    Sa mère est folle de son corps, mais mal dans sa peau à tel point qu'elle veut pour la énième fois passer chez le chirurgien esthétique. Et puis il y a Cyril, l'ami de toujours, la petite vieille de l'appartement du bas et tous les autres...

Tous ces gens courent après une chose : ce qu’ils n’ont pas. L’herbe n’est-elle toujours pas plus verte à côté ? Et tout ce petit monde utilise la même méthode : le paraître, un lifting par ci, des tatouages par là ou trois paquets de chips, c’est selon. Pourquoi tant d’effort ? Pour qu’enfin, quelqu’un les voie, pour que sortir de cette foule hagarde qui avance sans réfléchir, pour être reconnu... Il est là le problème, dans la famille, le travail, les relations, on existe si on est reconnu , pour soi, et c’est bien la chose la plus difficile. Alors on fait tout pour « le grand méchant Look » ...

C’est ce combat permanent entre l’être et le paraître que nous livre Grégory Mardon, l’auteur de ce « Corps à corps ». Un combat que nous menons tous au quotidien : tantôt dramatique, tantôt insolite, tantôt banal, les images de ces personnages "comme tous le monde", nous renvoient inévitablement à nous même.
C’est souvent mordant, parfois déprimant, souvent touchant, toujours vrai... et c’est cela qui fait la force de cette bédé.

Côté dessin, on aime ou on n’aime pas, il cadre parfaitement avec « l’école parisienne » et son type de dessin réaliste un peu noir. Même si n’accrochez pas au premier coup d’œil, laissez-vous séduire pas le charme de ces personnages qui nous ressemblent tant...

(par Laurent Finet)

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