Corto Maltese en Sibérie - Edition couleurs - Hugo Pratt - Casterman

7 septembre 2001 1 commentaire
  •  Le travail des Editions Casterman dans ses rééditions en couleurs des albums de Corto Maltese mérite d'être applaudi. Des livres à la finition impeccable, comme on n'a plus que trop rarement l'occasion d'en découvrir, que l'on prend plaisir à caresser et que l'on ouvre avec respect. "Corto Maltese en Sibérie" ne fait pas exception. C'est un véritable écrin, d'une qualité exceptionnelle, pour un album dense, riche et passionnant qui méritait un tel effort.

1919 : Corto Maltese est à Hong-Kong. La situation y est difficile ; la ville est pleine d’aventuriers, de contrebandiers. Les sociétés secrètes sont aussi très présentes dans l’île. L’une d’elles, Les Lanternes Rouges, est une société de femmes. Ces dernières envoient un message à Corto et lui proposent une affaire:les aider à s’emparer du train d’or de l’amiral Kolchac, qui transporte le trésor impériel depuis la mort du Tsar et de sa famille.

En acceptant de devenir leur associé, Corto sait que, dès lors, "tout ce qui se trouve à l’est de Moscou" sera contre lui.

Première étape à rebondissements jusqu’à Shagaï où Corto, affublé de raspoutine qu’il avait retrouvé à Hong-Kong - un Raspoutine délirant, paranoïaque, ivrogne, criminel et presque génial - doit prendre de nouvelles instructions pour arriver jusqu’en Mandchourie. En route, il rencontrera le train de la belle duchesse Séminova, qui va à la rencontre de l’Ataman Séménov, lui-même allié du gouvernement Kolchak, protégé par les Japonais qui, eux, contrôlent la Sibérie. Un Séménov que cela n’empêche pas de vouloir attaquer le train d’or.

Ce n’est pas tout ! Vont entrer en scène, aussi, le baron von Ungerm-Sternberg, alias Ungem Khan, un guerrier fou de l’Armée blanche qui se prend pour la réincarnation de Gengis Khan, et le général Tcahng, un des redoutables seigneurs de la guerre qui morcelaient la Chine à l’époque. Excusez du peu !

(par Patrick Albray)

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Casterman sait comment faire pour produire de beaux livres ! Quelle merveille que cette édition de luxe en couleurs de l’un des meilleurs Corto Maltese. On peut douter de l’intérêt de mettre en couleurs une oeuvre faite pour le noir et blanc, mais quel magnifique hommage à cet immense auteur qu’était Hugo Pratt. Quel bonheur de feuilleter un livre à la reliure cousue, au papier épais ! La fabuleuse introduction de vingt pages complétée de dessins inédits de l’auteur est passionnante à découvrir. Bravo à l’éditeur !

 
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1 Message :
  • Que de lauriers pour "Casterman Edition" (à ne pas confondre avec feux les éditions Casterman) !!!
    Personnellement je ne goûte guère les nouvelles couvertures aux couleurs criardes qui remplacent les aquarelles que créait Hugo Pratt spécialement pour les couvertures de ses albums. Je ne sais ce qui se fait en Italie, mais pour moi cela relève d’un manque de respect pour l’auteur.
    J’ai vu récemment dans l’album "L’Ombre", édité chez "Casterman Edition" que Hugo Pratt (sa signature)était devenue une "Trade Marque" (excuser mon anglais). Cela me semble bien symbolique de la façon dont on traite l’oeuvre d’un personnage (je pèse mes mots) qui privilégiait toujours les rapports humains avec ses partenaires dans tous les domaines, même celui du bisness !

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